« L’EMBARGO N’EMPECHE PAS LA REHABILITATION DES FA..»,

Vendredi 30.06.2017 : 10H44

« L’EMBARGO N’EMPECHE PAS LA REHABILITATION DES FACA »,  A DECLARE PARFAIT ONANGA-ANYANGA. QUI VERROUILLE DONC L’OPERATIONNALISATION DE L’ARMEE NATIONALE ?

Onanga et facaLes forces internationales, notamment les Casques Bleus de la Minusca déployés en République Centrafricaine avec pour principale mission la protection des populations civiles, ne semblent pas être à la hauteur de leur tâche. Depuis que ces soldats onusiens sont opérationnels le 15 septembre 2014, la mission de la protection des populations civiles ne transparaît nulle part dans le vécu du peuple centrafricain. Il ne se passe pas un seul jour sans que des centaines de civiles subissent les exactions de tout genre commises par les groupes armés et certains bandits de grand chemin : pillages, viols, tueries, incendies de maisons, champs et greniers agricoles. Face à l’ineptie et l’incompétence notoire des Casques Bleus devant les actes barbares des groupes armés, la population réclame haut et fort la réhabilitation et le redéploiement de toutes les forces de sécurité intérieure (policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines) pour prendre le contrôle du territoire, sécuriser les institutions de la république et le peuple. Mais la principale raison souvent évoquée, quant  à la non opérationnalisation des Forces Armées Centrafricaines (FACA), demeure l’embargo, cette sanction prise par le conseil de sécurité des Nations-Unies, interdisant l’importation d’armes et autres effets de guerre à destination de la RCA, sur demande des autorités de la transition. A titre de rappel, en 2015 pendant la transition, un haut responsable des Nations-Unies a déclaré au cours d’une conférence de presse à l’hôtel Ledger Plaza, nous citons, « l’embargo du conseil de sécurité des Nations-Unies vise les groupes armés non conventionnels et non les forces de sécurité ». Mais depuis lors, c’est le statu quo. Les forces de sécurité intérieure continuent de moisir, pendant que les groupes armés s’adonnent à cœur joie dans les tueries, les massacres et ceci, en toute impunité. Malgré le retour du pays à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016, la situation sécuritaire du pays ne fait que s’aggraver. Les groupes armés montent en puissance et occupent progressivement la totalité des préfectures du pays. Ils détruisent et ravagent tout sur leur passage sous  le regard impuissant du gouvernement et de la Minusca. Des voix se lèvent partout, exigeant des autorités du pays et des responsables des Nations-Unies, la réhabilitation immédiate et le redéploiement sans condition des Forces Armées Centrafricaines.  Voilà que Parfait Onanga-Anyanga, le patron de la Minusca vient de déclarer en substance ce mercredi 28 Juin 2017, « l’embargo n’empêche pas la réhabilitation des FACA ». Une telle déclaration mérite une analyse profonde des problèmes que traverse l’armée centrafricaine. Parfait Onanga-Anyanga vient de décliner la responsabilité des Nations-Unies vis-à-vis de l’embargo qui empêche la réhabilitation et le redéploiement des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Par rapport à ce qui précède, qui avait donc verrouillé l’opérationnalisation de l’armée nationale ? Est-ce dire que les autorités centrafricaines, notamment les ministres des Affaires Etrangères et de la Défense Nationale n’ont jamais entamé de procédure pour réarmer les Forces Armées Centrafricaines ? Que dire de multiples visites du chef de l’Etat et du ministre de la Défense aux Etats-Unis, en France et autres pays pour discuter de la question de l’embargo ? Pourtant, l’ex président français, François Hollande, au cours de sa dernière rencontre avec le président Touadéra sur la question de la levée de l’embargo a signifié clairement, « il est encore prématuré de parler de la réhabilitation des FACA ». N’est-ce pas là la preuve que c’est la France avec la complicité du conseil de sécurité des Nations-Unies qui verrouillait le réarmement et le redéploiement de l’armée centrafricaine ? Tous les prétextes sont bons pour faire endormir la conscience du peuple centrafricain. Parfait Onanga-Anyanga a discuté plusieurs fois avec les autorités centrafricaines sur la question de l’embargo. Quelle est sa part de contribution en termes de démarche auprès du conseil de sécurité pour la levée de l’embargo ? Si les autorités centrafricaines contournent l’embargo pour réarmer les FACA, ces mêmes responsables des Nations-Unies vont dire qu’elles ont agi illégalement.  C’est pour autant dire que le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT3), formé par la mission européenne EUTM et abandonné à son triste sort, sera-t-il immédiatement opérationnel ? Car, on nous a fait comprendre que c’est la méthode pour réhabiliter l’armée nationale. La volonté politique du gouvernement pour le réarmement de toutes les forces de sécurité intérieure est là. Il suffit que les Nations-Unies mettent un coup d’accélérateur dans le processus de la levée de l’embargo pour que le pays se dote définitivement d’une armée républicaine, capable de défendre son territoire. Un Etat légitime qui ne dispose pas de son armée nationale pour sécuriser son territoire et son peuple n’en est pas un. La mission première d’un gouvernement est de protéger l’intégrité de son territoire et la population contre toute attaque venue de l’intérieur ou de l’extérieur. Et cette tâche incombe à l’armée nationale. Dans ce cas de piètre figure où l’armée centrafricaine est inexistante depuis la date du 24 mars 2013 à ce jour, qui peut défendre et protéger les institutions de la République et la population ? Les Nations-Unies sont là depuis fort longtemps, mais n’arrivent pas à empêcher les massacres des populations civiles par les groupes armés. La Minusca est pourrie du sommet à la base. C’est elle qui est à l’origine de la souffrance du peuple centrafricain. Après avoir longtemps fait du mal à la population, Parfait Onanga-Anyanga cherche à décliner sa responsabilité. Mais tôt ou tard, toutes les vérités seront révélées au grand jour. Le peuple centrafricain finira un jour par comprendre l’origine de sa souffrance.                

Bénistant MBALLA

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