L’EMBARGO EN RCA : UN MOYEN POUR L’ONU DE REARMER

Mercredi 23 mai 2018 : 10H03

 L’EMBARGO EN RCA : UN MOYEN POUR L’ONU DE REARMER LES GROUPES ARMES AU DETRIMENT DES FACA ?

Rebelle 2Onanga anyanga 1L’embargo sur les armes et munitions à destination de la RCA, principalement sur les Forces Armées Centrafricaines (FACA), continue de faire des vagues ou de faire couler de l’encre et de la salive. Dans la journée du lundi 21 mai 2018, le leader du parti politique MDREC (Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique), Joseph Béndounga a organisé une marche pacifique pour exiger de l’ONU la levée de l’embargo. Malheureusement, il a été interpellé par la gendarmerie et déposé au Mont Carmel dans la circonscription de Bimbo 1. Néanmoins, selon ce dernier, il compte organiser une nouvelle marche le lundi prochain.

Du côté de la population centrafricaine du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, c’est le même son de cloche. Les Centrafricains exigent aussi de l’ONU la levée totale de cet embargo qui empêche les éléments des FACA d’être dotés d’équipements militaires adéquats pour être ensuite redéployés à l’intérieur du pays. N’oublions pas que c’est depuis le 24 mars 2013, date de la prise de pouvoir par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia que les militaires centrafricains ne sont pas opérationnels du tout. Malgré la formation de deux (2) bataillons par l’EUTM, beaucoup d’éléments des FACA moisissent dans les quartiers. Ils déambulent ou vadrouillent dans les rues de Bangui à longueur de journée sans rien faire. Alors qu’ils sont valides pour défendre l’intégrité du territoire national et protéger leurs concitoyens. Le rythme de leur formation par l’EUTM est vraiment lent. Et à l’allure où vont  actuellement les choses, la formation de nos soldats prendra fin dans dix (10) ans. Pendant ce temps, beaucoup iront en retraite. C’est bien dommage !

C’est autant dire que l’embargo sur les FACA ne favorise guère la République Centrafricaine et son peuple. Au contraire, il ne fait qu’enfoncer la RCA dans l’abîme. C’est la raison pour laquelle les Centrafricains disent clairement aujourd’hui que l’embargo sur les armes, munitions et effets militaires à destination de la RCA, est un moyen pour l’ONU de réarmer les groupes armés au détriment des éléments des FACA. Car, comment comprendre que les rebelles qui pullulent en Centrafrique sont lourdement armés, alors que les forces légales qui doivent protéger les populations civiles sont démunies de tout comme un rat d’église ? N’est-ce pas sous la barbe des Casques bleus de la Minusca que ces combattants rebelles se réarment ? Ne savez-vous pas que ce sont certains contingents de la Minusca qui fournissent des armes et munitions à ces groupes armés, notamment les branches dissidentes de la Séléka ? Pour preuve, l’adjudant-chef Hugues Rolland Mandoukou du contingent gabonais de la Minusca a été pris la main dans le sac avec une quantité industrielle de munitions qu’il partait vendre au Km 5. Dans certaines villes de nos provinces où sont basés les Casques bleus mauritaniens, ce genre de manœuvres machiavéliques est récurrent. Il y a aussi d’autres contingents qui participent activement à la dotation en armes et munitions de ces rebelles. Ils sont connus de tous, raison pour laquelle les Anti-Balaka (Autodéfenses) s’en prennent régulièrement à eux.

Pour tout dire, l’embargo qui est suspendu sur la tête de nos soldats comme l’épée de Damoclès est un fonds de commerce pour les quinze (15) membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU qui le proroge indéfiniment. Car les tueries en masse, les massacres des populations civiles par ces groupes armés leur font plaisir. Quand les maisons sont incendiées, les édifices publics et privés sont pillés, saccagés, détruits, ils se réjouissent. Les Centrafricains sont considérés aujourd’hui par l’ONU, pour ne pas dire par la Minusca comme des animaux à abattre, à égorger. Parler de la levée de l’embargo, c’est insulter les Nations Unies. Lorsque la Minusca réarme les multiples branches dissidentes de la coalition Séléka, le Conseil de Sécurité est fier.

Qu’a fait le peuple centrafricain pour mériter un tel sort ? quel péché mortel a-t-il commis ? La Minusca était-elle déployée en RCA pour réarmer les groupes armés ou protéger les populations civiles ? Pourquoi tant de massacres, de tueries alors que nos Forces de Défense et de Sécurité sont présentes ? La crise centrafricaine est-elle un canevas pour les Casques bleus de s’enrichir sur le dos du peuple en vendant armes et munitions aux groupes armés ? Autant de questions qui nous laissent perplexes.

Avec cet embargo qui est perçu aujourd’hui comme un moyen pour certains contingents de la Minusca de réarmer les groupes armés, la RCA risque de sombrer dans une autre crise qui sera très dévastatrice. D’où nécessité pour les autorités centrafricaines de prendre leurs responsabilités en dotant les FACA déjà formées par l’EUTM et entraînées au maniement des armes russes. Dans le cas contraire, les groupes armés seront surarmés. Car à y voir de plus près, l’embargo sur les armes, munitions et autres effets militaires à destination de la RCA ne concerne que les FACA et non les combattants non conventionnels. Si cet embargo n’est pas levé, le peuple centrafricain n’aura que les yeux pour pleurer avec la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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