L’EMBARGO DE L’ONU SUSPENDU SUR LA TETE DES FACA COMME L’EPEE..

Jeudi 02.03.2017 : 10H08

L’EMBARGO DE L’ONU SUSPENDU SUR LA TETE DES FACA COMME L’EPEE DE DAMOCLES ALORS QUE DES  TETES TOMBENT DANS LA OUAKA, LA BASSE-KOTTO...

Embargo 2La fin du calvaire des Centrafricains n’est pas pour demain. Le chemin est encore long à parcourir. Même s’il y a un calme précaire observé ça et là, certaines préfectures connaissent un regain de violences qui ne dit pas son nom. Le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest n’aura que des yeux pour pleurer à longueur de journée.

C’est le cas de la préfecture de la Ouaka où la coalition menée par le FPRC de Nourredine Adam sème la terreur et la désolation parmi les populations civiles sans défense, ou même sans réelle protection. Le départ de Ali Daras de Bambari, exigé par le FPRC, n’a nullement apporté du nouveau dans le vécu des populations de la Ouaka. A Bambari, si nous osons croire aux propos des uns et des autres, les populations vaquent librement à leurs occupations quotidiennes. La ville est calme et est contrôlée par les Casques Bleus de la Minusca, malgré la présence de certains combattants de l’UPC. Par contre, à la périphérie de la ville, des affrontements meurtriers opposent parfois les combattants de la coalition aux soldats onusiens déployés dans la localité. Ces hors-la-loi, en dépit de l’appel de la Minusca au dialogue, à la concertation, aux pourparlers, ils sont toujours déterminés à marcher sur Bambari, ce dont la Minusca s’y oppose énergiquement.

Dans les villes de Bakala et d’Ippy, les conditions de vie des populations se détériorent de plus en plus. La libre circulation des personnes et des biens est entravée par ces malfrats qui dictent leur loi à qui veut les entendre. Ces populations des villes citées ci-haut sont entre le marteau et l’enclume. Elles ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Tout porte à croire que les combattants de la coalition sont encore plus cruels, plus intransigeants que ceux de l’UPC. Est-ce de cette façon qu’ils prétendent défendre leurs compatriotes ? Ne sont-ils pas des loups pour ces derniers ? Un protecteur peut-il se comporter de la sorte ?

Aussi, à Mingala, à Alindao, bref dans la préfecture de la Basse-Kotto, des têtes continuent à tomber. Les combattants de l’UPC qui sont aujourd’hui maîtres de cette région, y règnent comme bon leur semble. L’axe Bambari – Mingala s’est transformé en un laps de temps en  un «couloir de la mort », comme ce fut le cas pour le Km 5 au moment où les drogués étaient encore en pleine activité meurtrière. Les tueries, les massacres, perpétrés par les hommes de Ali Daras, se sont transposés dans la préfecture de la Basse-Kotto où les populations sont abandonnées à leur triste sort et même sacrifiées sur l’autel du diable.

Dans les autres préfectures du pays, telles la Nana-Gribizi, l’Ouham-Péndé, la Haute-Kotto, pour ne citer que celles-ci, les habitants vivent la peur au ventre. Mahamat Alkhatim, dans la Nana-Gribizi, Sidiki, dans l’Ouham-Péndé et Nourredine Adam dans la Haute-Kotto, le pays du feu président Barthélemy Boganda est partagé entre les seigneurs de guerre. Les populations sont écumées. Chaque jour, on enregistre des pertes en vies humaines considérables. Les blessés, les veufs et veuves, les orphelins, ne se comptent plus. Les déplacées s’entassent dans des sites de fortune comme des sardines dans les boîtes de conserve. A quand la fin des souffrances des Centrafricains ?

Ces évènements malheureux continuent toujours de voir le jour, de survenir à cause du fameux embargo sur les armes à destination de la RCA. Cet embargo suspendu sur la tête de nos Forces Armées Centrafricaines (FACA) comme l’épée de Damoclès, empêche la réhabilitation et l’opérationnalisation de ces hommes en treillis. Profitant de leur absence, ces va-t-en-guerre, ces bandits de grand chemin tuent, violent, volent, braquent, incendient des maisons et villages entiers. Alors que, lors du Forum National de Bangui (FNB), les participants ont réclamé à cor et à cri l’opérationnalisation et le redéploiement des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sur toute l’étendue du territoire national. Le vœu, les attentes du peuple centrafricain sont tombés dans les oubliettes. Les quinze (15) membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU qui ont voté la résolution 2301, ont foulé aux pieds la recommandation du FNB, préférant laisser les Centrafricains être massacrés comme des bœufs à l’abattoir ou écrasés comme des mouches par les combattants des groupes armés. Le comité de sanction de l’ONU a aggravé la souffrance, la misère ordurière du peuple centrafricain en prorogeant pour la énième fois l’embargo sur les armes à destination de la RCA.

Au regard des exactions de tout genre perpétrées par les groupes armés sur les populations civiles dans les préfectures de la RCA, telles la Ouaka, la Basse-Kotto, la Nana-Gribizi, l’Ouham-Péndé, la Haute-Kotto..., le Comité de Sanction des Nations Unies qui est à l’origine de cet embargo, doit revoir sa copie. Car à l’allure où vont les choses, d’ici à février 2018, fin de l’embargo, l’ONU ne retrouvera que des squelettes humains en RCA. Il faut rendre opérationnelles les FACA pour mieux protéger le peuple centrafricain. La protection des civils par les Casques Bleus n’est pas suffisante. Si nous restons à ce stade, la paix et la sécurité sont loin de voir le bout du tunnel en RCA.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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Date de dernière mise à jour : Jeu 02 mars 2017