L’ARRESTATION DE 18 ELEMENTS DE BAHR PAR LA ...

Vendredi 26 Jan 2018 : 09H45

L’ARRESTATION DE 18 ELEMENTS DE BAHR PAR LA MINUSCA A PAOUA TOURNE AU DRAME : PEUT-ON REELLEMENT DEMANDER A LA FOIS UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE ?

Minusca 11Les Centrafricains sont experts en critiques sans fondement. Depuis que la session criminelle est ouverte à Bangui, nous avons tout entendu. Le cas du procès de Andjilo en est une parfaite illustration. Tantôt c’est la Minusca  qui est accusée de partialité envers les factions rebelles de la Séléka, tantôt c’est la justice qui ne  sait  pas faire son travail. Et il est certes bien vrai que « l’ignorance est pire que la mort ».

Combien de leaders de l’ex– coalition Séléka ont été arrêtés et remis à la justice pendant la transition avant de s’évader de la prison ? Que dire de certains leaders des Anti-Balaka, arrêtés et remis  à la justice et qui se sont également évadés ? Est-ce avec la complicité de la Minusca ou de la justice qu’ils se sont évadés des maisons carcérales ? Les Centrafricains ne cherchent nullement à analyser la crise en profondeur, mais se versent plutôt dans des critiques sans fondement qui font dormir même  un fœtus au sein de sa mère.

Les mêmes Centrafricains qui réclament la justice font en même temps la justice populaire. Les événements qui viennent de se dérouler dans la ville de Paoua suffisent à étayer nos propos. Suite aux violents affrontements qui ont eu lieu dans cette localité, occasionnant de nombreuses victimes et déplacement massif de la population, la Minusca a mis la main sur dix huit (18) éléments du-soi disant général Bahr pour les transférer aux autorités judiciaires à Bangui. Le fait de transporter ces rebelles dans le véhicule de la Minusca a été très mal perçu par une partie de la population qui s’en est pris aux Casques Bleus. Et la riposte a été automatique pour dissuader ces fauteurs de troubles. Selon les informations en notre possession, l’un des malfrats arrêtés par la Minusca a été récupéré par les manifestants puis lynché.

Heureusement, l’honorable Martin Ziguélé est intervenu sur les ondes de la Radio Ndéké Luka pour calmer les esprits et demander  à la population de laisser la Minusca et la justice faire leur travail. Si nous analysons le contexte de la situation sécuritaire dans cette région du pays où les rebelles sont lourdement armés et  pullulent un peu partout et savons que l’Etat n’a pas encore les moyens de sa politique  pour faire face à ces groupes armés, qui doit réellement procéder à l’arrestation des milices armées et leurs commanditaires ? N’est-ce pas la Minusca ? Et pourquoi la population se plaint-elle de ces hommes armés, si elle ne veut pas qu’ils soient arrêtés ? C’est tout de même curieux de voir quelqu’un demander à la fois une chose et son contraire.

 Au moment où les autorités centrafricaines et la Minusca cherchent à répondre aux attentes et vœux du peuple centrafricain à travers la justice tant souhaitée, voilà que ces mêmes centrafricains voguent au gré du vent et rament à contre courant de leur propre aspiration. La justice est certes lente, mais elle finit toujours par triompher. Depuis 1945 à ce jour,  les partisans de Hitler continuent d’être traqués par la justice. Il en est de même des auteurs et complices du génocide rwandais de 1994, ainsi que Jean Pierre Bemba Gombo, jugé et condamné devant la barre de la Cour Pénale Internationale à La Haye.

C’est pour autant dire que Séléka ou Anti-Balaka, personne n’échappera à la justice. La Cour Pénale Spéciale et la Cour Pénale Internationale vont s’occuper des plus graves violations des Droits de l’Homme et du droit international humanitaire (crimes de guerre et crimes contre l’humanité). D’où la synergie des juridictions CPS et CPI. Cependant, les juridictions nationales vont s’occuper de petits dossiers qui relèvent de leurs compétences. C’est pourquoi, certains présumés auteurs de violations des droits humains (Séléka ou Anti-Balaka) seront jugés par les Cours et Tribunaux nationaux.

L’impunité zéro est en marche. Ceux qui défendent mordicus un autre camp perdent inutilement leur temps. Séléka ou Anti-Balaka, qui est plus criminel que l’autre ? Défendre un  groupe armé qui a versé le sang des innocents par dizaine ou centaine, cela dépasse tout entendement humain. Mais une chose est sûre et certaine, ceux qui se cachent dans l’ombre et continuent d’instrumentaliser les groupes armés et font perdurer la souffrance de la population civile à l’intérieur du pays seront tôt ou tard découverts nus comme un ver de terre.

« Il n y a pas de secret dans ce monde ». Feu Joseph Zoundeko, paix à son âme,  a déjà donné le ton. Bien des personnalités centrafricaines vont passer devant la justice nationale ou internationale pour expliquer à la population pourquoi tant de massacres, de tueries, de viols, de pillages, d’incendies des immeubles publics et privés, des maisons et  biens des particuliers, depuis la date du 12 décembre 2012 à ce jour. Certains croient jouer au petit malin en attisant la flamme de la haine, de la jalousie, voire de la division au sein de la société.

 A ceux là, nous leur disons qu’à toute chose, il y a toujours un début et une fin. La CPS qui se met en place lentement, mais très sûrement finira par traquer un de ces quatre matins tous les criminels tueurs, égorgeurs, violeurs, pilleurs, chanvreurs, drogueurs, destructeurs qui hantent l’espace vital du peuple centrafricain depuis plus de cinq (5) ans.

 

Amedé NGUETE

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