L’AMNISTIE OU LA JUSTICE, LE PLUS IMPORTANT EST LA P..

Mercredi 26 Avril 2017 : 10H18

L’AMNISTIE OU LA JUSTICE, LE PLUS IMPORTANT EST LA PAIX DONT LES 5.000.000 DE CENTRAFRICAINS ONT BESOIN

Deplaces camp mpoko 22d13 1Les avis divergent ces derniers temps concernant les crimes commis par l’ex-coalition Séléka et les Anti-Balaka. Pour certains, les auteurs des violations des droits de l’homme doivent être traduits en justice. D’autres souhaiteraient par contre qu’une loi soit votée pour amnistier les auteurs des crimes commis en RCA. Et la rédaction de Centrafric Matin s’interroge en ces termes : amnistie ou justice, celle-ci pourrait-elle mettre définitivement un terme à la crise centrafricaine ? C’est la seule problématique qui se pose avec tant d’acuité.

Les deux (02) commanditaires de la crise centrafricaine, Bozizé et Djotodia avec leurs acolytes, ont certes fait tant de mal à leurs compatriotes. Les actes qu’ils ont commis depuis 2012 à ce jour, méritent bel et bien d’être punis par la justice. Mais avec quels moyens la justice peut les rattraper tous, dans un pays où la chaîne pénale est complètement à terre et surtout dans l’arrière-pays ? Où peut-on les incarcérer ? Et en l’absence des forces de sécurité intérieure, qui peut réellement assurer leur surveillance ? Certains leaders des ex-Séléka et Anti-Balaka ont été arrêtés et incarcérés à la prison centrale de Ngaragba et à la Section des Recherches et d’Investigation (SRI), au temps de la transition. Où sont-ils pour le moment ? N’est-ce pas là la preuve de ce que nous disons ? Le mieux est que ces quatorze (14) groupes armés ont déjà adhéré au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) pour faire la paix. C’est l’occasion que chaque centrafricain doit saisir pour faire la paix, en bannissant l’esprit de vengeance, de la haine, de la division.

On ne peut parler de la justice sans pour autant aborder la question de l’indemnisation des victimes. Or, les victimes de la crise centrafricaine sont si nombreuses comme le sable au bord de l’Oubangui pendant la saison sèche. Peut-on les indemniser toutes ? Et que dire aussi des victimes de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony qui souffrent atrocement dans leur chair depuis neuf (09) ans aujourd’hui ? Si la justice n’arriverait pas à satisfaire toutes les victimes, que pourrait-il se passer par la suite ? Le gouvernement avec le concours de la communauté internationale se bat pour que les déplacés internes et les exilés regagnent leur territoire et leurs domiciles respectifs. Aujourd’hui, certains déplacés commencent à regagner leurs domiciles. Il en est de même de certaines personnes réfugiées qui sont de retour dans leur pays. Nous osons croire que petit à petit, la paix, la sécurité, la cohésion sociale, le vivre ensemble vont revenir définitivement dans le pays, permettant la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire. Ce sont des points essentiels que l’organisation des ONGs de défense des droits de l’homme, la société civile et la plate forme des confessions religieuses doivent aussi prendre en compte. 

Mais au cas où la loi d’amnistie dont souhaitent certaines personnes serait votée, cela ne constituerait-il pas la source d’impunité ? Car, ne perdons pas de vue que c’est l’impunité qui nous a menés aujourd’hui dans la plus profonde crise qui a ravagé tout le pays. Quelles dispositions faudrait-il prendre pour éviter une nouvelle rébellion dans le pays, s’il faut amnistier les responsables des violations des droits de l’homme ? Une interrogation qui mérite la réflexion de tout un chacun. C’est la première fois que nous avons connu une pire crise. C’est une expérience que chacun a vécu dans sa propre chair. La crise enclenchée en décembre 2012 par l’ex-Séléka, suivie de celle des Anti-Balaka le 05 décembre 2013, n’ont épargné personne. C’est pourquoi, nous devrons oublier le passé et reconstruire notre cher et beau pays tombé plus bas que terre.

Amnistie ou justice, le plus important est la paix dont les cinq (05) millions de centrafricains ont besoin.  Sans la sécurité et la paix, personne ne peut parler du développement. Ce ne sont ni les déplacés internes de Bambari, Kaga-Bandoro, Bria, Koui, Bocaranga, Ngaoundaï, ni les réfugiés centrafricains au Tchad au Cameroun et au Congo qui nous démentiront. Ils attendent le retour à la stabilité pour revenir et vaquer en toute quiétude à leurs occupations quotidiennes. « Après la pluie, vient le beau temps », dit-on. Cela signifie qu’après la guerre, le temps est à la reconstruction et au développement. Unissons-nous, main dans la main, pour bâtir une nouvelle Centrafrique où il fait bon vivre.

 

Bénistant MBALLA

 

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