L’ADMINISTRATION PUBLIQUE CENTRAFRICAINE POURRIE...

jeudi 27.04.2017 : 13H02

L’ADMINISTRATION PUBLIQUE CENTRAFRICAINE POURRIE DU SOMMET A LA BASE : FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA REDRESSERA-T-IL LA BARRE ?

Touad 4L’administration centrafricaine en tant que telle, est une personne morale. Ce sont des personnes physiques (fonctionnaires et agents de l’Etat), qui travaillent et animent la vie de l’administration publique pour le développement socioéconomique et culturel du pays. Ailleurs, les fonctionnaires et agents de l’Etat sont honnêtes, intègres, visionnaires, capables et travaillent dans le but de faire avancer leur pays. Force est malheureusement de constater qu’en RCA, ce sont les petits intérêts égoïstes des fonctionnaires et agents de l’Etat qui priment sur l’intérêt général de la nation, empêchant ainsi le pays de prendre l’élan de son développement.

Il y a de cela quelques semaines, la RCA est classée à la dernière position, en termes d’Indice de Développement Humain (IDH), dans un rapport rendu public par une ONG internationale. Cela ne peut étonner personne car ce sont les cadres centrafricains, de surcroit des intellectuels qui tuent et empêchent leur propre pays de se développer. L’administration centrafricaine est pourrie du sommet à la base. Les fonctionnaires et agents de l’Etat se versent de plus en plus dans des actes indignes, inhumains: corruption, vol, escroquerie, fraude, détournement des deniers publics, faux et usage de faux, et que savons-nous encore. Il ne se passe pas un seul jour sans que le centrafricain lambda tombe dans le piège du malin. Si ce n’est pas du côté des Directeurs Généraux (DG), secrétaires particuliers ou plantons, c’est plutôt du côté de certains éléments de la douane, de la police, de la gendarmerie nationale et des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Chacun en fait à sa tête, en foulant aux pieds les textes de loi qui régissent le fonctionnement de l’administration.

Pourquoi condamner seulement l’ex-coalition Séléka et Anti-Balaka d’être à l’origine de la destruction systématique des tissus socioéconomiques du pays, sans tenir compte de certains auteurs intellectuels de la crise ? Selon certaines informations recueillies, certains bâtiments et sociétés d’Etat ont été pillés par les ex-combattants, avec la complicité de certains hauts cadres de l’Etat. N’est-ce pas la preuve que ces gens-là sont les ennemis du développement de leur pays ? Bon nombre de fonctionnaires et agents de l’Etat se sont enrichis frauduleusement pendant la crise. Certains bâtiments de l’Etat n’ont pas été pillés par les groupes armés. Ce sont certains cadres qui travaillent dans ces bâtiments qui ont profité du désordre qui régnait pour emporter les ordinateurs, les climatiseurs et les matériels destinés au service public. La méchanceté, la rancœur, le tribalisme, le régionalisme… sont les cultures qui se développent au sein de l’administration, des sociétés parapubliques et privées. C’est le « moi » et ma « famille » avant toute chose. Et quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, les centrafricains, notamment les intellectuels demeurent et demeureront tels qu’ils sont. Devant de tels actes indignes et graves, Touadéra réussira-t-il à redresser la barre ?

Une prise de conscience générale pourrait changer la donne. Les Burkinabé, les Ivoiriens, les Rwandais pour ne citer que ceux-là, n’ont pas opéré de miracle pour développer leurs pays. Ils sont conscients que c’est leur pays, et qu’il faut travailler dur pour leur développement. La devise de la RCA, « Unité, Dignité, Travail », semble être perdue de vue. Aujourd’hui, les Centrafricains sont divisés. Chacun se réfère à son clan ou son ethnie. Quant à la dignité, n’en parlons pas. Les Centrafricains boivent la coupe de l’indignité, dans tous les domaines de la vie active. La corruption et le vol sont devenus monnaie courante dans les départements ministériels, les sociétés d’Etat et privées. Les petits calculs machiavéliques priment au dessus de l’intérêt de toute la nation. Le travail a cédé la place à la paresse et à la fainéantise. Certains Centrafricains préfèrent escroquer à longueur de journée, pour trouver leur pain quotidien. D’autres aiment de l’argent sale à travers les braquages et les vols dans les quartiers. La RCA reste et restera toujours un pays sous-développé, tant que les mentalités ne changent pas. Nous venons d’accoucher une démocratie incontestable et incontestée, reconnue par toute la communauté internationale comme crédible, libre et transparente. Nous osons croire que c’est le point de départ d’une nouvelle civilisation centrafricaine. Hélas, les vieilles habitudes n’ont pas encore changé. Ce qui entrave le développement socioéconomique et culturel de notre cher et beau pays, la RCA. Dommage !

Bénistant MBALLA

 

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