KOUI, VILLE FANTOME, DESERTEE PAR SES HABITANTS A..

Mardi 21.03.2017 : 10H17

Seleka 6

KOUI, VILLE FANTOME, DESERTEE PAR SES HABITANTS A CAUSE DES EXACTIONS DES HOMMES DE SIDIKI

 

 La ville de Koui, située à l’Ouest du pays, à la frontière centrafricano-camerounaise, n’est que l’ombre d’elle-même. Ce n’est plus une ville en tant que telle. C’est plutôt un désert ou un cimetière qui ne dit pas son nom.

Depuis que le tristement sanguinaire camerounais Sidiki et ses hommes se sont installés dans cette localité, les habitants soufflent le chaud et le froid. Leur vie va de mal en pire. Récemment l’honorable député de cette circonscription avait décrié les agissements des rebelles des 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) qui ont élu domicile dans cette ville. La semaine dernière, ces hors-la-loi ont attaqué deux villages non loin de la ville de Bocaranga, tuant cinq (5) personnes dont un chef de village et son fils, incendiant des maisons et détruisant tout sur leur passage avant de regagner Koui. Un habitant, sous couvert d’anonymat, était monté au créneau pour demander à la Minusca et au gouvernement de chasser Sidiki comme ils l’ont fait à Ali Daras. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, la demande ou la plainte des habitants de Koui et ses environs est restée sans suite.

Profitant de ce silence, Sidiki et ses éléments règnent en maître absolu des lieux. Ce Camerounais Sidiki, parachuté en RCA, on ne sait par qui, est devenu très célèbre, très sanguinaire. Ses hommes n’hésitent un seul instant à tirer sur tout ce qui bouge. Pris de peur, les occupants traditionnels, c’est-à-dire les Centrafricains de cette ville se sont refugiés dans la brousse. Certains ont trouvé refuge dans les villes de Bocaranga et Bouar pour échapper à la furie meurtrière de ces malfrats, ces criminels patentés. D’autres ont préféré traverser la frontière centrafricaine pour se refugier au Cameroun voisin. Leur condition de vie est très, très alarmante. Trouver de quoi mettre sous les dents, est un serpent de mer difficile à avaler.

Tellement que les atrocités de ces bandits de grand chemin ont débordé le vase, les habitants ont déserté Koui. C’est une ville fantôme. Seuls les groupes armés sont visibles, y compris quelques femmes. Quant aux hommes, n’en parlons pas. Ils se sont terrés dans la brousse. Sortir pour faire un pas, c’est attirer la foudre des hommes de Sidiki. Les hommes sont considérés par ce seigneur de guerre comme persona non grata à Koui. Tout porte à croire que Sidiki est parachuté dans cette partie de la RCA pour chasser les hommes et faire venir des Camerounais. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui, car ces derniers ont investi la ville de Koui et ses environs. Tuer, incendier des maisons, terroriser les femmes, c’est leur nourriture préférée. Annexer cette partie du pays, c’est leur vœu. A la faveur de ces rebelles des 3R, des habitations ont été construites par des Camerounais sans foi, ni loi à Koui et ses environs. Dans les jours à venir, les rares femmes qui se trouvent encore dans la ville de Koui vont certainement être mariées par les hommes de Sidiki et deviendront par la suite des Camerounaises. C’est vraiment grave.

De surcroit, Sidiki et ses hommes ne sont pas restés là. Constatant que les hommes ont fui cette ville, ils ont trouvé une autre voie pour les exterminer : c’est la réconciliation. Durant ces derniers temps, Sidiki a demandé à la population de sortir de leur refuge et de regagner leur domicile respectif. D’après ce sanguinaire, c’est la réconciliation qui doit primer. Quelques courageux ont pris le risque de revenir à la maison. Malheureusement pour certains, ils ont été capturés. Nous ne savons ce qui leur est arrivé. Sont-ils abattus ou faits prisonniers ? Difficile de le dire. Peut-on demander la réconciliation et en même temps tuer ou prendre en otage ceux qui veulent la paix ? Est-ce faisable sous d’autres cieux ? Sidiki n’a-t-il pas franchi le seuil de l’intolérable ? Faut-il encore caresser dans le sens du poils Sidiki et ses hommes ?

C’est trop, et c’est absolument trop ! Un étranger ne peut inlassablement continuer à prendre en otage toute la population de Koui et ses environs. Si la RCA appartient à des étrangers, qu’on nous le dise. Quatre (4) ans de souffrance, de misère, d’errements d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr, c’en est trop. Le peuple centrafricain en a marre des actes barbares que posent les rebelles, surtout Sidiki, Mahamat Alkhatim, Nourredine Adam et, le « mal nécessaire », Ali Daras. D’où nécessité de traquer, d’arrêter et de traduire en justice ces hors-la-loi qui écument à petit feu les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

Les habitants de Koui en particulier, et ceux des préfectures de la Ouaka, de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto, de la Nana-Gribizi, de la Bamingui-Bangoran, toujours sous les bottes de ces va-t-en-guerre en général, veulent la paix, rien que la paix. C’est le développement de la RCA qui les intéresse. Les seigneurs de guerre ont assez exploité les richesses du pays. Il est temps qu’ils partent là où ils étaient. Mais qu’ils sachent d’avance qu’un bien mal acquis ne profite jamais et que le sang des individus versé ne restera pas impuni. Tôt ou tard, Sidiki, le Camerounais sera arrêté. C’est ce jour-là que ces criminels comprendront que la RCA n’est pas le terroir des rebelles étrangers.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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