« JE N’AI TUE PERSONNE … », DIXIT FRANÇOIS BOZIZE

Lundi 03.04.2017. 09H08

« JE N’AI TUE PERSONNE … », DIXIT FRANÇOIS BOZIZE : FARCE DE MAUVAIS GOUT OU VERITE ?

Boz L’ex-président centrafricain, déchu par la coalition Séléka le 24 mars 2013, François Bozizé-Yangouvonda, a-t-il raison de dire, nous citons, «  je n’ai tué personne. Même les Colombiens se parlent, après cinquante (50) ans de guerre civile » ? Comment voyez-vous une telle déclaration ? N’est-elle pas dénuée de tout fondement ? Bozizé n’a-t-il tué personne ?

C’est vraiment ridicule d’entendre Bozizé dire qu’il n’a tué aucun centrafricain. Se moque-t-il du peuple centrafricain ? Depuis le 15 mars 2003 jusqu’à sa chute le 24 mars 2013, n’a-t-il pas versé du sang ? Et que dire des exactions, des tueries perpétrées par les libérateurs dans certaines villes du pays et même à Bangui, la capitale ? Qui doit prendre l’entière responsabilité ? Qui a été à l’origine du coup d’Etat qui a mis terme au régime du président démocratiquement élu, feu Ange Félix Patassé ? N’avait-on pas enregistré des pertes en vies humaines lors de ce putsch ? Qu’est-ce que Bozizé veut concrètement faire croire aux Centrafricains ? Même s’il n’a tué personne comme il le prétend, mais nous pensons que ses proches ont commis des crimes, ou peut-être lui indirectement. Les propos tenus par Bozizé dans « jeune Afrique » dépassent l’entendement humain. Il a intérêt à faire son examen de conscience avant de prononcer une telle affirmation qui fait rire, même énerver les Centrafricains. François Bozizé a intérêt à rectifier ses tirs.

S’il veut revenir en RCA se faire juger par la justice centrafricaine, qu’il fasse la demande. Ce n’est ni le président Faustin Archange Touadéra, ni le peuple centrafricain qui l’empêchent de revenir en Centrafrique. Il est sous le coup de sanction des Nations-Unies, l’interdisant de voyager. Les Centrafricains aimeraient bien le voir devant la barre, mais hélas ! S’il n’avait pas fait venir les mercenaires tchadiens pour renverser feu Patassé, nous pensons que le peuple centrafricain n’allait pas souffrir aujourd’hui. Ce sont ces mercenaires  tchadiens qui l’ont aidé à prendre le pouvoir, qui, par la suite l’ont renversé le 24 mars 2013. Et sait-il combien de personnes ont perdu leur vie dans les coups d’état du 15 mars 2003 et 24 mars 2013 ? Et les massacres des Centrafricains se poursuivent encore allégrement aujourd’hui. De Koui à Bambari en passant par Bocaranga, Paoua, Kaga-Bandoro, Bria, Bakala, Ippy, les acolytes de Bozizé, les mercenaires tchadiens continuent de tuer, d’incendier des villages entiers. De jour en jour, les Centrafricains comptent des morts à n’en point finir. A qui la faute ? Elle revient de droit à François Bozizé. C’est lui qui a fait venir des étrangers dans l’armée centrafricaine. C’est encore Bozizé qui a politisé, tribalisé l’armée nationale. C’est toujours lui qui n’a pas équipé les Forces Armées Centrafricaines pour barrer la route aux tueurs patentés, les combattants Séléka qui écument aujourd’hui à petit feu les Centrafricains. Si les éléments des FACA étaient équipés au même titre que ceux de son ethnie, nous ne serons pas là aujourd’hui. Malheureusement pour lui, les FACA qui sont les mieux choyées ont pris leurs jambes au cou. Bozizé qui avait des tonnes d’armes et de munitions a détalé lui aussi comme un lapin à l’avancée des rebelles Séléka, laissant le peuple centrafricain à la merci de ces loups, ces lions.

S’étant emparés des tonnes d’armes et de munitions à Bossangoa, Bossembélé et Bangui, les combattants Séléka se sont mis à massacrer les civils, incendier des maisons et villages entiers. Aujourd’hui, bon nombre de nos compatriotes vivent dans la brousse et s’entassent dans des sites de fortune. Malgré tout cela, Bozizé affirme aujourd’hui qu’il n’a tué personne. Dieu a raison de dire dans la Bible, « mon peuple périt, faute de connaissance ». N’ayant pas la connaissance requise, Bozizé se permet le luxe de dire haut et fort qu’il n’a tué personne. Nous osons croire qu’il a perdu son latin. Le sang des innocents qu’il a versé, l’a tourmenté, l’a rendu aveugle.

Nous aurions souhaité que son hôte, le président Yoweri Museveni de l’Ouganda l’admet dans un hôpital pour des examens appropriés. Ce faisant, il retrouvera son verbe et ne dira pas du n’importe quoi. Bozizé joue aujourd’hui à la singerie ou bien, c’est une farce de mauvais goût. Pendant que les gens sont tués, massacrés comme des bœufs à l’abattoir à cause de Bozizé, ce dernier ose dire qu’il n’a tué personne. En Centrafrique, le ridicule ne tue pas.

« Même les Colombiens se parlent après cinquante (50) ans de guerre civile », a poursuivi François Bozizé. Nous lui disons que les Centrafricains se parlent aussi entre eux quand bien même la crise se  poursuit, les tueries et les incendies de maisons sont monnaie courante. La preuve en est que le dialogue prôné le président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra porte du fruit. Presque tous les groupes armés ont adhéré au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, la crise provoquée par le régime Bozizé s’estompera. Les  combattants de l’UPC et de la coalition qui se regardent aujourd’hui en chiens de faïence, reviendront à de bons sentiments. Grâce au dialogue, aux pourparlers, les armes se tairont, les Centrafricains déplacés et refugiés retrouveront le chemin de leur domicile et de leur pays. Qui avait cru un jour que le Km5, considéré comme le « couloir de la mort », retrouvera la quiétude ? C’est désormais chose faite. Et ce, grâce à la détermination, au courage de certains fils du pays tels Abdou Fadhul, président d’auto-défense du Km5 et tant d’autres.

François Bozizé-Yangouvonda se trompe largement en pensant que les Centrafricains sont des naïfs. C’est faux et archi-faux.

Bozizé persiste et signe sur l’organisation du Dialogue Politique Inclusif (DPI), seule voix du retour de la paix et de la sécurité en Centrafrique. Or, les Centrafricains pour leur part, estiment que beaucoup de fora ont été organisés mais sans succès. La page du DPI est tournée. Il suffit pour Bozizé de dire aux Anti-Balaka de Mokom d’arrêter les exactions. Voilà ce que nous appelons se parler. Si Bozizé affirme qu’il n’a tué personne, c’est se moquer du peuple centrafricain. C’est une véritable farce de mauvais goût. En réalité, Bozizé a tué beaucoup de centrafricains sans pour autant se rendre compte. C’est une honte pour Bozizé. Il aurait du demander pardon au peuple centrafricain que de chercher à se justifier.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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