INQUIETUDE DE LA POPULATION DE BOZOUM FACE....

Mercredi 16 Novembre 2016 : 09h11

INQUIETUDE DE LA POPULATION DE BOZOUM FACE AU RETRAIT DU CONTINGENT CAMEROUNAIS DE LA MINUSCA

Le contingent camerounais de la Minusca se retire de la ville de Bozoum dans la préfecture de l’Ouham-Péndé. Le haut commandement militaire de la Minusca a-t-il exprimé pour sa part que la paix et la sécurité sont  revenues dans cette ville, raison pour laquelle, il a ordonné le retrait des Casques Bleus camerounais ? La Minusca va-t-elle déployer un autre contingent pour sécuriser cette ville et ses habitants ? Aucune information n’est filtrée à ce sujet. Les populations de Bozoum sont-elles abandonnées à leur triste sort ? C’est ce qu’elles pensent.

Car elles s’inquiètent de leur situation sécuritaire. Elles estiment pour leur part qu’elles sont abandonnées dans la gueule du lion. Et les populations de Bozoum et de ses environs ont raison de penser ainsi, du  fait que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ne sont pas encore déployées dans cette ville pour prendre le relais des Casques Bleus. Et le retrait des Casques Bleus camerounais ne peut être considéré par les habitants de ladite ville comme un abandon, un laissé pour compte. Ils pensent que c’est un boulevard grandement ouvert aux va-t-en-guerre pour revenir assiéger la ville et agir comme bon leur semble.

Mais il convient aussi de signaler que ce ne sont pas seulement les habitants de Bozoum qui expriment cette inquiétude face au retrait du contingent camerounais de la localité. Les humanitaires tant nationaux qu’internationaux leur ont emboité le pas. Donc, c’est pour autant dire que ce retrait sonne comme la fin du monde pour tous ceux qui vivent dans la ville de Bozoum. Une solution palliative doit être trouvée dans l’immédiat pour dissiper l’inquiétude des uns et des autres.

Contrairement à certains contingents de la Minusca qui ont failli quelque part à leur mission de protection des populations civiles, les Casques Bleus camerounais ont certainement fait un travail remarquable à Bozoum. Ils ont gagné la confiance de ces dernières, ont  agi conformément au mandat qui leur est confié. Car, s’ils s’étaient contentés seulement d’abus sexuels et de viols sur les femmes et les mineures centrafricaines, alors, les habitants de Bozoum ne pouvaient regretter et s’inquiéter de leur départ.

Un adage dit, « un bien fait n’est jamais oublié ». Cet adage se concrétise aujourd’hui à Bozoum. C’est pour autant dire que les Casques Bleus camerounais ont prouvé leur bravoure, leur détermination à ramener la paix dans ladite ville. Ils la quittent tête haute et non tête basse. Voilà le travail que nous réclamons à cor et à cri à certains contingents de la Minusca. Mais malheureusement, d’aucuns pensent que les journalistes centrafricains sont contre la Minusca. Or en réalité, il n’en est rien. Nous ne faisons que notre travail. Ces critiques vont le plus souvent dans le sens de leur mandat qui n’est pas respecté par les uns. Et elles devaient et doivent pousser les autres à bien faire leur travail tout en mettant en œuvre leur neutralité et impartialité au lieu d’être accusés à tort ou raison de connivence avec les groupes armés.

Nous pensons pour notre part que, tous les autres contingents qui se sont écartés de la voie qui leur est tracée, parce que ce sont des humains, pourront probablement suivre l’exemple du contingent camerounais qui était basé à Bozoum et se retire de cette ville en ce moment. Car la crise centrafricaine a trop duré et les Centrafricains ont trop souffert dans leur peau. Le moment est venu pour que le peuple centrafricain respire un nouvel air. Et ceci doit passer par de bonnes attitudes des Casques Bleus et leur détermination, volonté à ramener la paix en RCA. Si les habitants de Bozoum sont contre le départ du contingent camerounais, cela veut dire qu’ils s’entendaient bien avec celui-ci. Donc, il s’avère indispensable que les Centrafricains collaborent étroitement avec les Casques Bleus de la Minusca pour mettre un terme à cette crise qui déchire la RCA depuis presque quatre (4) ans.

Rien ne sert de s’attaquer à des forces étrangères qui sont venues nous aider à sortir du bourbier. Travaillons désormais main dans la main avec les contingents de la Minusca comme ce fut le cas pour les habitants de Bozoum qui n’ont ménagé aucun effort dans ce sens. Pour que la paix et la sécurité reviennent en RCA, nous avons besoin de l’apport de tous ceux qui œuvrent dans ce domaine. Nous exhortons les responsables de la Minusca à déployer un contingent qui fait bien son travail à Bozoum pour que la confiance qui prévalait et qui prévaut entre la Minusca et les habitants de Bozoum reste et demeure pour toujours.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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