GOUVERNEMENT SARANDJI 2 : UN GRAND P.

Jeudi 14 Septembre 2017 : 08H29

GOUVERNEMENT SARANDJI 2 : UN GRAND PECHE, UN VRAI REVIREMENT SPECTACULAIRE QUI PLOMBE DAVANTAGE LA « RUPTURE » PRONEE  PAR TOUADERA

Touad et s« Ce sont les mêmes crânes qui reviennent », « n’y a-t-il pas des intellectuels en RCA ? », « nous nous attendions de voir un vrai gouvernement de la « rupture » prônée par le chef de l’Etat », « est-ce réellement un remaniement ministériel ? », « faire quoi avec trente quatre (34) ministres dans le contexte actuel du pays ? », « Touadéra a une fois de plus perdu confiance à la population »…, pouvait-on entendre au sein de la population centrafricaine. Et ce, après la diffusion du gouvernement Sarandji 2 sur les ondes de la radio nationale, ce mardi 12 Septembre 2017 aux environs de 19 heures.

De vingt trois (23) ministres, nous sommes arrivés à trente quatre (34). Nous nous attendions à un nettoyage à sec au sein du gouvernement Sarandji 1 pour mettre sur pied un vrai gouvernement de la « rupture » prônée par le Chef de l’Etat dès sa prise de fonction après le retour à l’ordre constitutionnel. Mais hélas, peine perdue. Le gouvernement Sarandji 2 est un vrai revirement spectaculaire qui plombe davantage la « rupture ». Touadéra a commis un grand pêché d’avoir accepté de signer ce décret pour confirmer et nommer des bras cassés, des profito- situationnistes, bref des hommes incompétents, incapables et qui manquent cruellement d’une vision pour bouger les lignes départementales et faire avancer le pays.

Un (01) an et sept (07) mois après la mise sur pied du gouvernement Sarandji1, qu’est ce qu’il a fait concrètement pour développer le pays ? Rien. C’est ce gouvernement qui a fait perdre la confiance que la population a accordée au chef de l’Etat après sa brillante élection au second  tour de la présidentielle de 2016. Sur les vingt trois (23) ministres qui composaient le gouvernement Sarandji1, deux (02) ou trois (03) seulement bossent pour faire bouger la ligne dans leur département. Les autres n’étaient que de purs décors humains, qui n’ont ni vision ni initiative. Certains ministres nommés depuis le 08 Avril 2016 n’ont jamais fait signe de vie. Alors que les défis à relever sont immenses et monumentaux et les attentes de la population sont nombreuses.

Depuis bientôt deux (02) ans que Touadéra est élu comme chef d’Etat, rien ne bouge. Les attentes de la population sont demeurées lettre morte à cause du gouvernement Sarandji1, incapable de mettre en exécution la feuille de route du gouvernement. C’est au premier ministre de veiller sur chaque département ministériel pour constater les failles et prendre certaines mesures afin de remettre les ministres sur le rail. En outre, chaque département ministériel dispose de sa propre feuille de route qui définit la politique du gouvernement et doit la mettre en exécution. Malheureusement, c’est sous les yeux du premier ministre Simplice Mathieu Sarandji que les départements ministériels voguent au gré du vent. Pourquoi continuer de les garder au sein du gouvernement ?

Le revirement est très spectaculaire quant à la formation du gouvernement Sarandji 2. A l’exception des Ministères  de la Défense Nationale, de la Sécurité Publique et de la Fonction Publique qui ont connu un changement, c’est le véritable statu quo au sein des autres départements ministériels. Certains ministres qui ne valaient absolument rien dans le gouvernement Sarandji1 ont simplement changé de portefeuille. Parfois, certains départements ministériels sont scindés en deux (02), histoire de maintenir  les anciens ministres du gouvernement Sarandji1 à leur poste. Même certaines personnalités nommées comme des ministres au sein du gouvernement qui vient de voir le jour ne sont pas à la hauteur d’une telle responsabilité. Pourquoi trente quatre (34) ministres, alors que le pays traverse une difficulté financière ?

Il est certes vrai qu’en RCA, les régimes passent, mais le système de la gouvernance demeure le même. Le parachutage à des postes de responsabilité à travers des nominations sur fond de clanisme, de régionalisme, du clientélisme, du copinage, pour ne citer que ces quelques exemples, sont les maux qui ont ruiné les différents régimes qui se sont succédés à la tête du pays et ont plongé le peuple centrafricain dans l’abîme. Hélas, les mentalités n’ont guère changé avec la pire crise enclenchée en décembre 2012 par l’ex coalition Séléka que nous continuons de vivre les conséquences.

Depuis plus de trente (30) ans,  ce sont les mêmes crânes qui se succèdent à la tête de l’Etat sans faire avancer le pays. Quel est l’indice de la RCA en termes de développement ? Zéro. L’ex-empereur Bokassa 1er , paix à son âme, reste le seul dirigeant centrafricain patriote qui avait une grande capacité d’initiative et de création. Dès que Bokassa partait à l’étranger et voyait quelque chose qui est bon, il cherchait coûte que coûte  revenir au pays et  mettre en exécution ce qu’il a découvert. Presque tous les bâtiments de l’Etat sont les œuvres de papa Bok. Ceux qui l’ont précédé n’ont fait que détruire ce qu’il a laissé comme souvenir au peuple centrafricain.

Touadéra et Srarandji doivent comprendre que la crise qui a frappé la RCA a éveillé la conscience du peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. La population rurale, les opérateurs économiques et hommes d’affaires, les petits débrouillards, bref, toute la population a désormais les yeux braqués sur les dirigeants du pays. Le vote-sanction lors des élections couplées de 2015-2016, balayant du revers de la main les aventuriers politiques, les assoiffés du pouvoir, les profito-situationnistes en est une parfaite illustration.  C’est cette population qui portera un jugement sur un gouvernement qui a bien travaillé et peut prétendre à un second mandat. Mais si déjà la population se plaint du jour au lendemain de l’incompétence du gouvernement en place, c’est un message fort qu’elle lance aux autorités du pays, notamment au chef de l’Etat et son premier ministre. Il n ya pas d’amis ni de parents en politique. Touadéra a lui-même prôné  la « RUPTURE ».Cela signifie qu’il faut rompre définitivement avec les vielles habitudes du passé. Mais cela doit commencer avec les hautes autorités du pays pour servir d’exemple aux citoyens lambda.

« L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Voilà ce que nous attendons du gouvernement Sarandji2 pour remettre le pays sur la voie du développement. Il faut un gouvernement des hommes et femmes intègres et capables qui peuvent chercher des financements et drainer des bailleurs de fonds pour venir investir dans le pays en dehors de la feuille de route du gouvernement. Touadéra est suffisamment averti. Il doit dès à présent changer de fusil d’épaule s’il veut redonner confiance à la population centrafricaine et briguer un second mandat d’ici 2021. A bon entendeur salut !

 

Amedé NGUETE

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