GERVAIS LAKOSSO ET SON COUP D’ETAT DEGUISE EN PETITION : ...

Lundi 24 Octobre 2016

GERVAIS LAKOSSO ET SON COUP D’ETAT DEGUISE EN PETITION : QUEL EST LE SCHEMA DE SUBSTITUTION ?

Lakosso et bokassaGervais Lakosso et sa coordination ont pris goût au coup d’Etat. Le 26 septembre 2015, il était plein dans ce coup d’Etat manqué contre la présidente de la transition Catherine Samba-Panza. Outrée, elle a fait le grand déballage qui a cloué le bec à la société civile, recroquevillée dans sa petite botte. De telles actions politiques de déstabilisation ne s’apparentent nullement aux actions d’une vraie société civile. Ce n’est pas de cette manière qu’on cherche des postes ou de l’argent. La pétition en circulation n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat déguisé dont la coordination de Gervais Lakosso seule a le secret. Admettons que la Minusca parte, quel schéma de substitution propose Gervais Lakosso ? Sa coordination prendra-t-il les armes pour aller combattre sur le terrain ? A-t-il une armée quelque part dans le maquis ?

Nous venons d’entendre et de manière exceptionnelle, le Chef d’Etat-major Général des armées de la RCA. « Les FACA sont là » mais en phase de reconstruction et de réhabilitation. Il n’y a pas d’armes, pas de moyens roulants, pas de chars, de tanks, bref, tout ce qu’il faut pour une vraie armée républicaine, digne de ce nom et capable de défendre l’intégrité du territoire national. De plus, faut-il encore que l’embargo soit levé, ce qui n’est pas le cas. Le trafic d’armes dans le nord du pays est une autre manche. Même la Gendarmerie et la Police centrafricaines autorisées à contribuer au maintien de la sécurité et de l’ordre, n’ont pas les moyens que dispose la Police de la Minusca. Les petites armes d’assaut peuvent-elles inquiéter ces mercenaires, ces criminels, cette horde de tueurs ? Une bonne observation du paysage sécuritaire de la RCA, n’autoriserait pas une pétition. Les nouvelles autorités ne sont pas responsables de la déconfiture généralisée des Forces de Défense et de Sécurité du pays. La Minusca partie, la voie est grande ouverte pour les groupes armés de reprendre le pouvoir. Gervais Lakosso et sa coordination prépareraient-ils le terrain aux ex-Séléka ? Il y a véritablement anguille sous roche. 

Gervais Lakosso et sa coordination oublient-ils qu’ils ont traité les groupes armés de tout sur les ondes ? Qui sera le premier à prendre ses jambes au cou, si la Minusca venait à partir ? Sur quelle force s’appuie Lakosso pour initier une pétition ? Dans la même lancée, nous déplorons les interventions du ministre Serge Bokassa, qui ne sont pas de nature à aller vers l’apaisement. Parfait Onanga-Anyanga a déploré ses écarts de langage, un manque de culture d’homme d’Etat, qui donne un son discordant avec celui du Chef de l’Etat. Il faut avoir les moyens de sa politique pour élever le ton, dans le cas contraire, l’option est celle de la sagesse, de l’intelligence, du dialogue. Cinquante (50) ans de guerre en Colombie et quatre (4) ans de négociation, ce n’est toujours pas facile avec les groupes armés. Toute la Communauté internationale a du mal à apprécier les interventions du ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire. Les propos du ministre s’apparentent à de l’huile sur le feu, ce qui ne facilite pas les actions du Chef de l’Etat. Un ministre de la République, dans les circonstances actuelles, ne peut avoir un parti pris pour un camp, contre un autre.

Si Touadéra veut réussir le processus de paix, il doit se séparer de Jean Serge Bokassa. Comme un certain nombre de ministres, ils jouent leur propre carte, dans la perspective de 2020. Ils ne sont nullement solidaires au gouvernement, derrière le Chef de l’Etat. La solidarité fait la force d’un gouvernement afin de renverser les montagnes. La solidarité gouvernementale permet de renverser les raisonnements et d’aplanir les divergences. Or, nous notons que Jean-Serge Bokassa se situe dans le populisme et donc aux antipodes du chef de l’Etat. Dans une telle posture, il est difficile de convaincre les groupes armés, puisque dans le gouvernement, il y a des gens qui tiennent un autre langage. Un ministre de la République doit s’inscrire dans la stratégie de rassemblement prônée par le Chef de l’Etat, la non violence et le dialogue. C’est du gâchis que de vouloir répondre au coup de pied de l’âne par tous les moyens. L’Etat centrafricain n’y parviendra pas. Les Séléka étaient au pouvoir, personne n’a osé lever le petit doigt pour protester, à l’exception du professeur Gaston Mandata Nguérékata. Tous les autres étaient sous leur lit. Les Séléka et les Anti-Balaka ont fait pire. Il s’agit de sortir de la spirale de la violence. Et le Chef de l’Etat s’y attèle. Aidons-le à réussir à réunir tous les Centrafricains sous un même toit. Jean-Serge Bokassa donne du fil à retordre au processus de paix en Centrafrique.

Boganda n’a pas combattu les colons avec des armes, mais avec les idées, la parole, il les avait persuadés. Dès qu’un camp pressent un parti pris pour un autre, il se raidit et monte les enchères. Neutre, Touadéra doit le demeurer pour rassembler toutes filles et tous les fils de Centrafrique. Certaines stratégies disent qu’il faut jouer à l’âne pour avoir du foin. Il faut une forte dose d’humilité pour convaincre les groupes armés, sur fond d’impartialité totale. Les débats doivent être dépassionnés, sincères et directs. Selon Parfait Onanga-Anyanga, une force d’intervention rapide venant du Portugal pourra compléter le dispositif de la Minusca, ainsi que le renforcement de la Composante renseignement. Gervais Lakosso et sa coordination veulent scier la branche sur laquelle ils sont assis. Il y a des gens qui ne savent ce qu’ils veulent. Ils s’aventurent sur un terrain qu’ils ne maîtrisent pas. La présence des mercenaires est confirmée au sein de certains groupes armés. Un mercenaire, dans tous les pays du monde, est un homme sans foi, ni loi, prêt à tout pour ses propres intérêts égoïstes, même au prix d’un carnage, d’un génocide. La crise centrafricaine est si complexe qu’il ne faut pas jouer avec le destin d’une nation. 

                                                                                                   

Julien BELA  

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