FPRC ET UPC, L’ARBRE QUI CACHE LE PLAN..

Vendredi 04 août 2017 : 09H53

FPRC ET UPC, L’ARBRE QUI CACHE LE PLAN DE LA DESTABILISATION DE LA RCA PAR LE TCHAD, LE SOUDAN

D’où proviennent les armes, munitions et autres effets de guerre qui permettent aux groupes armés, notamment à ceux qui sont encore actifs sur le terrain de tuer, massacrer, piller, incendier, violer à l’intérieur du pays à n’en point finir ? C’est la question fondamentale que pose le Centrafricain lambda du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Depuis la date du 10 décembre 2012 à ce jour, comment expliquer le fait que les groupes armés ne cessent de monter en puissance, en occupant progressivement presque toutes les régions du pays ? Cette interrogation mérite une analyse profonde des sources qui ravitaillent les groupes armés, alimentent en même temps la crise centrafricaine et font perdurer la souffrance de la population sur les sites de fortune et celle qui se trouve en exil.

Le Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC), dirigé par Nourredine Adam et l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), sous contrôle de Ali Darassa, sont un arbre qui cache le plan de la déstabilisation de la République Centrafricaine par certaines puissances occidentales et Africaines. C’est le cas de la France, du Tchad, du Soudan et de la RD-Congo. Cela n’est un secret de polichinelle. Le président Tchadien, Idriss Deby Itno, au cours d’une interview accordée au Journal ‘’Jeune Afrique’’, a accusé la France de soutenir les groupes rebelles, notamment les milices Anti-Balaka au plus fort de la crise. Ce ne sont pas les habitants du 3éme arrondissement de Bangui qui nous démentiront. Ils ont accusé à tort ou  à raison l’opération Sangaris de financer et d’instrumentaliser les parties en conflit dans leur secteur. « Traître », c’est l’expression que Aroun Gaye a utilisé avant de déclarer Charles Malinas et ces metteurs en scène, persona non grata, au Km5 lors de lancement officiel des opérations de recensement électoral. Pourquoi Gaye a-t-il utilisé une telle expression vis-à-vis de l’ex ambassadeur Français à Bangui, Charles Malinas ? Il y a anguille sous roche.

Le cas du Tchad est encore pire. C’est le président Deby qui soutient toutes les rebellions en RCA. La main noire du Tchad est trop pesante dans les différentes crises militaro-politiques qui se succèdent en RCA. L’ex président centrafricain François Bozizé, durant sa rébellion en 2002, avait bénéficié du soutien de Deby qui l’a doté en  matériels de guerre pour renverser le régime démocratique de feu président Ange Félix Patassé le 15 mars 2003. L’ex-coalition Séléka est le fruit même de ce que François Bozizé a accouché sur le territoire Tchadien. A un moment donné, Deby a pris la ferme décision de fermer sa frontière avec la RCA. Malgré cela, Nourredine Adam et Abdoulaye Hissen ne cessent de faire des va-et-vient au Tchad. Deby était bien au courant, mais n’a jamais haussé le ton pour demander qu’ils soient arrêtés. Il y a de cela quelques mois, l’honorable député de la ville de Kabo avait déclaré, « la ville de Kabo est un couloir de trafic d’armes qui permet aux factions rebelles de la Séléka de tuer, piller et incendier… ». Or, Kabo est une ville proche de la frontière avec le Tchad. C’est par là que le FPRC, le MPC et d’autres groupes armés se ravitaillent en armes, munitions et autres effets de guerre depuis le Tchad.

 Sidiki et ses éléments très actifs dans les régions de l’Ouham et l’Ouham-Pende, peuvent également se ravitailler sur le territoire Tchadien. Les zones qu’ils occupent sont très stratégiques car, faisant frontières avec le Tchad et le Cameroun. Des munitions qui seraient en provenance de la ville de Douala, ont été découvertes l’autre jour sur le corridor Bangui-Garoua-Boulaï. L’information a été diffusée sur les ondes de certaines stations nationales. Autant dire que les Etats voisins de la RCA sont fortement impliqués dans les actes barbares qui se développent actuellement dans le pays.

Le Sud-Soudan fait face en ce moment à une crise militaro-politique. Le pouvoir de l’Etat échappe au contrôle de ses autorités, comme c’en est le cas en RCA. Profitant de cette situation, l’armée soudanaise entre sur le territoire centrafricain et agit comme bon lui semble. Selon certaines informations en notre possession, le Soudan serait la source de ravitaillement de l’UPC de Darassa en armes et munitions. Cela n’étonne personne car la région de la Haute-Kotto dans laquelle l’UPC s’est installée est frontalière avec le Soudan.

Les experts de l’ONU viennent de rendre public un rapport sur les trafics d’armes que font les groupes armés en RCA. Selon le rapport, « les trafics d’armes et le recrutement des combattants locaux et étrangers continuent de se faire enregistrer entre les frontières de la RCA avec le Tchad, le Soudan et la RD-Congo… ». Il est bien normal que la crise centrafricaine perdure à longueur de journée car, les ennemis du peuple centrafricain sont si nombreux comme du sable au bord de l’Oubangui pendant la saison sèche. Et tout porte à croire que le calvaire de la population centrafricaine, notamment les déplacés et les exilés est encore loin de voir le bout du tunnel.

A l’allure où vont actuellement les choses, les affrontements risquent d’embrasser tout le pays si les Etats voisins de la RCA continueront de soutenir les groupes armés et d’instrumentaliser la crise. Nous prenons à témoin la communauté internationale de tout ce qui se passe en ce moment dans le pays. Comment les autorités centrafricaines peuvent intervenir pour arrêter les massacres de la population sans l’armée nationale ?          

            

Bénistant MBALLA

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