FAUSTIN-ARCHANGE TOUADERA ET PARFAIT ONANGA-ANYANGA SUR...

Mardi 18 Octobre 2016 : 09h14

FAUSTIN-ARCHANGE TOUADERA ET PARFAIT ONANGA-ANYANGA SUR LES CENDRES DE KAGA-BANDORO, CE LUNDI 17 OCTOBRE

Touadera et anyanga

 Le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra et le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga ont effectué une visite officielle de quelques heures à Kaga-Bandoro, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi, ce jour 17 octobre 2016. Pour votre gouverne, la ville de Kaga-Bandoro a été le théâtre d’une boucherie humaine et d’incendie de maisons et villages, planifiés et exécutés par les hommes de Mahamat Alkhatim, les 15, 16, et 17 septembre, puis le 12 octobre dernier. Plus d’une centaine d’individus ont péri dans ces actes bestiaux, indignes et inhumains. Ne pouvant supporter de tels actes, et puisque leurs locaux ont été pillés et vandalisés, les humanitaires ont dû plier bagages et se sont retirés dans la capitale Bangui.

C’est certainement dans ce contexte sécuritaire très tendu que ces deux (2) personnalités ont décidé de se déplacer dans cette ville sinistrée pour constater les dégâts et peut-être y apporter des solutions idoines, adéquates, durables. Mais que diront ces deux (2) personnalités aux habitants de la ville de Kaga-Bandoro, du village Ndomété et de leurs environs ? C’est la question qui est sur le bout des lèvres des Centrafricains.

Car ne perdons pas de vue que les Casque Bleus du contingent pakistanais qui sont basés dans cette partie du pays, ont été sévèrement critiqués, non seulement par les ressortissants de la ville de Kaga-Bandoro mais aussi par le peuple centrafricain. Et ce, à cause de leur connivence, passivité, immobilisme, attentisme face aux exactions, à la foudre des hommes de Mahamat Alkhatim sur les populations civiles. Ils  ont exigé leur départ de cette localité. Parfait Onanga-Anyanga va-t-il obtempérer aux  exigences de la population ? Il le faut. C’est le souhait de tous les habitants de Kaga-Bandoro et ses environs. Car, on ne peut prétendre protéger les populations civiles, et ensuite les laisser, les abandonner dans la gueule du lion. C’est intolérable et inadmissible. Si Parfait Onanga-Anyanga n’agit pas ainsi, il doit démissionner de son poste et laisser la place à un autre. Car, depuis qu’il est arrivé en Centrafrique, les tueries et les massacres orchestrés par les combattants Séléka ont débordé le vase. Et les Casques Bleus ne font absolument rien pour arrêter cette hémorragie. Le moment est venu. Et cette occasion doit lui permettre de mettre de l’ordre dans le rang des Casques Bleus à Bandoro et ailleurs. Cette politique de deux (2) poids, deux (2) mesures, pratiquée par les Casques Bleus de la Minusca, doit disparaître à jamais.

Le président Touadéra, de son côté, a l’obligation d’hausser le ton devant ces criminels patentés qui agissent comme bon leur semble. Car, pendant que les autres attendent le Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), nous ne voyons pas pourquoi les hommes de MPC, du tristement célèbre Alkhatim, continuent d’exceller dans les massacres, les boucheries humaines. Tout le monde sait aujourd’hui que le président Touadéra prône le dialogue. C’est une bonne chose et une issue favorable à la sortie de la crise. Mais ce dialogue, cette main tendue du chef de l’Etat aux groupes armés, ne doivent pas être considérés par ces derniers comme une faiblesse. Condamner des exactions des groupes armés et adresser des condoléances aux familles endeuillées, c’est bien. Mais tenir des propos durs à l’encontre de ces hors-la-loi, serait la meilleure.

Les populations de Kaga-Bandoro en particulier, et ceux de la Nana-Gribizi en général, ont trop souffert sous les griffes de ces Nazis qui sont les combattants du FPRC et du MPC. Il est temps que le chef de l’Etat mette fin à ces violences inouïes dont ils  sont victimes. Si Mahamat Alkhatim pense que les habitants de cette ville sont ses bœufs qu’il peut traîner à l’abattoir, le président de la République doit lui dire le contraire. Ce n’est pas par la force, car nous savons d’avance qu’il est partisan de la non violence, et  de surcroît un rassembleur. Il n’a pas aussi son armée. Mais le peuple centrafricain attend d’un pied ferme, un discours robuste de la part du chef de l’Etat afin qu’il soit rassuré. C’est dans cet ordre d’idée que le Secrétaire général de la Commission Episcopale Justice et Paix, l’abbé Frédéric Nakombo a signifié lors d’une déclaration, nous citons, « pour l’heure, la population centrafricaine, d’une manière générale, attend beaucoup des autorités du pays à prendre des mesures nécessaires afin de prévenir et d’arrêter les violences susceptibles d’être infligées aux populations civiles ».

Si le président Touadéra doit avoir un tête-à-tête avec les leaders de la Séléka qui sont basés à Kaga-Bandoro, il doit leur dire la vérité, rien que la vérité. Car le peuple centrafricain ne retient plus son souffle aujourd’hui à cause de ce qui se passe dans les provinces. S’il appelle toujours les autorités à voler à leur secours, c’est qu’il est dépassé. Et les autorités doivent leur prouver qu’elles sont à leurs côtés. Elles doivent les rassurer. C’est tout ce qu’il leur demande.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire