EXACTIONS A OUTRANCE DES GROUPES ARMES SUR LES POPULATIONS

Mercredi 21 Décembre 2016 : 10H27

Deplaces 2

EXACTIONS A OUTRANCE DES GROUPES ARMES SUR LES POPULATIONS DE BAKALA, CONDITIONS DE VIE DEPLORABLES DES 15000 DEPLACES DE NGAKOBO : A QUAND LA FIN DE LEUR CALVAIRE ?

 

Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle des combattants des groupes armés basés dans la préfecture de la Ouaka. Tous les jours, les habitants de ladite préfecture sont sacrifiés sur l’autel du diable. Les quatre (4) branches dissidentes de la Séléka, à savoir le FPRC, l’UPC, le RPRC et le MPC leur rendent la vie difficile.

Les affrontements entre l’UPC d’Ali Daras et le FPRC de Nourredine Adam sont loin de voir le bout du tunnel. Et ceux qui paient le plus lourd tribut, sont les populations civiles qui sont abandonnées dans la gueule de ces seigneurs de guerre. En effet, des hommes lourdement armés, venus de la ville de Kaga-Bandoro, sèment la terreur et la désolation dans la ville de Bakala. Au lieu de s’en prendre à ceux qui ont pris les armes, pour les combattre, ils se sont retournés finalement contre les pauvres citoyens civils. Des exactions de tout genre sont perpétrées sur ces derniers, sans répit. Dépassés par les actes barbares auxquels ils y font face, les habitants de Bakala, ne savant plus à quel saint se vouer, ont pris le chemin de la ville de Bambari. D’après un habitant, « plus de 4000 déplacés sont arrivés dans la ville. D’autres continuent d’y affluer, hommes, femmes et enfants. Dans les jours qui viennent, la ville de Bakala sera vidée de ses habitants ». Cet habitant a saisi cette occasion pour demander au gouvernement et à la Minusca de voler à leur secours, sans oublier les humanitaires qui ont presque tout quitté la ville de Bambari à cause des probables affrontements entre l’UPC et le FPRC.

A Ngakobo, ville sucrière de la RCA, toujours dans la préfecture de la Ouaka, ce sont les quinze mille (15000) déplacés qui se sont entassés dans les sites, qui déplorent leurs conditions de vie. Ils ne peuvent sortir de la ville. Les éleveurs peuhls d’Ali Daras se sont massés tout au long de la route, dans un rayon de 20 kilomètres. Les villages qui longent ce tronçon se sont vidés de leurs habitants. Leurs champs ont été dévastés par les bœufs de ces sanguinaires qui y ont élu domicile depuis plusieurs mois. Il leur est difficile de trouver de quoi à mettre sous les dents. Sortir pour aller à la pêche,  à la chasse ou ailleurs, c’est risquer sa vie, c’est attirer la foudre de ces peuhls armés jusqu’aux dents qui n’hésitent un seul instant à faire usage de leurs armes. Les humanitaires qui leur viennent en aide sont pratiquement invisibles dans la ville de Ngakobo. Trouver un emploi rémunérateur pour subvenir à ses besoins et ceux de la famille, est un véritable serpent de mer, difficile à avaler. La SUCAF qui est l’unique usine installée dans cette ville ne peut à elle seule embaucher toutes ces personnes qui ont tout perdu. A entendre certains habitants de Ngakobo, les déplacés vivent comme des animaux.

Leur situation humanitaire se dégrade du jour au lendemain. Si celle-ci perdure au rythme que nous voyons aujourd’hui, il ne restera que la peau sur les os.

Et la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge de la manière suivante : « A quand la fin de leur calvaire » ? Car tout semble qu’ils ont été oubliés, abandonnés, laissés pour compte. Dans certaines préfectures du pays, il y a une accalmie précaire. Les gens vaquent à leurs occupations habituelles. Mais dans la préfecture de la Ouaka, c’est le chaos, les cris de détresse, les lamentations, les gémissements, les grincements des dents. Ne sont-ils pas des êtres humains, encore moins des Centrafricains créés à l’image de Dieu ? La RCA ne leur appartient-il pas ? Où doivent-ils mettre la tête ? Sont-ils condamnés éternellement à errer d’un lieu à un autre, à la recherche d’un abri sûr ? Qu’on nous le dise. Le nom de la préfecture de la Ouaka fait couler beaucoup d’encres et de salives, depuis que les combattants de la Séléka s’y sont basés. Chaque jour qui passe, on entend que tel nombre de personnes ont été tuées ou blessées dans les villes de Bakala, Ippy, Kouango, Ngakobo, et nous en passons. Sont-elles des mouches qu’on peut écraser à satiété, ou des bœufs qu’on traîne à l’abattoir ?

Trop, c’est trop ! Les exactions des groupes armés sur les populations civiles dans la Ouaka ont franchi le seuil de l’intolérable. Elles ne méritent pas de tels traitements inhumains, bestiaux, indignes. Les branches dissidentes de la Séléka, telles que le FPRC, le MPC, l’UPC, le RPRC doivent cesser leurs actes barbares. Les Casques Bleus de la Minusca qui sont déployés dans cette préfecture ont l’obligation de mettre leur mandat robuste en application. Car l’heure de caresser ces combattants non conventionnels dans le sens du poils est révolue. L’urgence de l’heure, c’est de passer à la vitesse supérieure. Ces hommes sans foi, ni conscience, ni âme, qui hantent les habitants de la Ouaka, doivent être traités comme tels, c’est-à-dire comme des criminels. La crise a trop duré et le dialogue prôné par Touadéra semble passé dans les oreilles d’un sourd. Il faut agir vite pour sauver la vie de nos compatriotes qui se trouvent dans la préfecture de la Ouaka. A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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