EUTM : DES EXPERTS MILITAIRES FRANÇAIS..

Vendredi 08.06.2018 : 10H34

EUTM : DES EXPERTS MILITAIRES FRANÇAIS SOUS LA BANIERE DE L’UNION EUROPENNE, RIEN D’ETONNANT

La situation sécuritaire en Centrafrique s’inscrit dans l’extrême urgence. Il y a des pertes quotidiennes en vies humaines, des pillages qui visent les humanitaires. Selon Jean Yves Le Drian, ministre français des Affaires Etrangères et de l’Europe, « la situation en Centrafrique est inquiétante ». Il faut être un Français pour tenir de tels propos, dans la mesure où cette même France a abandonné le pays dans un océan de sang. La lenteur excessive dans la formation des FACA est omniprésente dans nos réflexions et nos préoccupations, car il y a une délégation de l’Union Européenne, à Bangui et en Centrafrique, qui pouvait solliciter de la commission de l’Union Européenne, une accélération de cette formation, en multipliant par deux ou par trois les centres d’instruction.

Nous avons été ahuris d’entendre de la bouche même du premier Conseiller à l’Ambassade de France à Bangui, que les experts militaires de l’EUTM sont des Français dans la peau de l’Union Européenne. Selon lui, l’Allemagne s’est farouchement opposée à cette éventualité en son temps et un autre pays de l’Europe. C’est la France qui a proposé la barque de l’EUTM pour qu’elle prenne forme et soit présente à Bangui. Or, le Centre d’instruction de Bouar a été réhabilité. Pourquoi la France défend les valeurs universelles de liberté et des droits humains ? Les Centrafricains sont des êtres humains au même titre que tous les pays de la planète. Touadéra a été démocratiquement élu et ce, selon les exigences de François Hollande, en pleine crise. Toutes les institutions de la République sont en place et opérationnelles. Touadéra a donc hérité d’une situation sécuritaire catastrophique. Au lieu de consolider ces acquis démocratiques arrachés grâce au courage du peuple centrafricain, la France a tourné le dos à la démocratie. Elle a abandonné les Centrafricains à leur triste sort.

La France entretient la crise, mais en même temps, Le Drian se dit inquiet de la situation en RCA. Inquiet de quoi ? Est-ce le Congo-Brazzaville qui doit décider du sort de la RCA ? Le président Denis Sassou Nguesso a préféré jouer la carte libyenne car c’est un pays riche. Le problème centrafricain est clair et limpide comme l’eau de roche, seule la France ferme les yeux et préfère une diplomatie spéculative. Sur environ 7.000 FACA, à l’allure où va leur réhabilitation, elle trainera sur 10 ans. A quand les nouveaux recrutements ? Comme disait Touadéra, « il y a de la place pour tout le monde ». Que la France cesse de jouer au pyromane en RCA. La Russie est au chevet des FACA avec la bénédiction du Conseil de Sécurité des Nations Unies dont la France. La RCA n’est pas la propriété de la France, c’est un Etat souverain et indépendant. La RCA veut voler de ses propres ailes. Après 60 ans de pillages, d’exploitation de l’homme par l’homme, l’heure est venue d’être soi-même. Les pays amis comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Canada, le Portugal, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Burundi, la Guinée-Equatoriale, le Royaume du Maroc, l’Egypte, le Soudan du Nord, voire l’Union Européenne, pour ne citer que ces quelques exemples, pourront accroître leur coopération avec la RCA pour l’aider à sortir de l’œil du cyclone. Aucun pays n’est exclu, selon Touadéra, donc la France a toujours sa farce à jouer. Les Centrafricains refusent de mourir comme des cafards dans la méditerranée. La RCA a toutes les potentialités pour son développement.

Il y a en Centrafrique plusieurs entreprises françaises, dont Total Centrafrique, Sucaf, Mocaf, Socatraf et Orange Centrafrique. Malgré la crise profonde que traverse le pays, aucune entreprise française n’a fermé ses portes. Elles fonctionnent merveilleusement, ce qui suppose qu’il y a de l’argent dans le pays et que la porte de la RCA est ouverte à toutes les entreprises de la planète pour venir faire des affaires rentables. La République centrafricaine est un petit pays, mais il y a quatre entreprises de téléphonie mobile qui coexistent, tiennent debout. Malgré les pertes enregistrées sur leurs installations, elles sont toutes dans la dynamique du progrès. Or la France mène une campagne négative et hautement nuisible aux intérêts de la RCA, afin que les investisseurs se détournent du pays. La France noircit la RCA sur l’échiquier international, alors que ses entreprises brassent des milliards qui ne sont jamais réinvestis dans le pays, mais rapatriés en totalité en France.

Orange Centrafrique est la téléphonie mobile la plus implantée à l’intérieur du pays, n’est-ce pas un paradoxe ? Socatraf est venue se greffer aux installations de l’Etat et les exploite sans scrupules, sans vergogne. Total Centrafrique s’installe dans les maisons coloniales de l’époque de Savorgnan de Brazza et s’enrichit copieusement sur le dos de la RCA, sans aucun investissement. N’eut été l’arrivée de Tradex, le litre d’essence serait déjà à 3.000 francs cfa. Grâce à Tradex, il n’y a plus de monopole insolent, plus de rupture de stock de carburant. Quand à la Mocaf, c’est le même schéma. La RCA aspire à la concurrence dans tous les secteurs d’activités. La RCA, au plan de développement, n’est comparable à aucun pays en Afrique. C’est le dernier pays de la planète, la lanterne rouge du monde en terme de développement.

Nous attendons la France de Macron qui semble se démarquer de la France coloniale, impérialiste, esclavagiste et la diplomatie de la traite des êtres humains centrafricains. Jean Yves Le Drian sort des entrailles de François Hollande, est-il sur la même longueur d’ondes que Macron ? Centrafric Matin en doute fort bien, car Macron ne peut mettre des habits neufs sur un corps sale, crasseux.

La nouvelle France, selon l’expression du premier Conseiller à l’Ambassade de France en RCA, est attendue au pied du mur en Centrafrique, car la nouvelle France implique la nouvelle politique, la nouvelle diplomatie fondée sur le respect réciproque et sur le principe « gagnant-gagnant ». Le quotidien Centrafric Matin dénonce une vilaine politique en vigueur depuis la colonisation jusqu’à nos jours. Il n’appelle pas à la haine contre les Français, mais leur demande d’être humains et équitables comme les autres puissances qui coopèrent avec la RCA, un point, un trait.

 

Julien BELA

 

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