ENIEME TENSION ENTRE LES HOMMES ....

Mer. 06.09.2017 : 08H56

ENIEME TENSION ENTRE LES HOMMES D’ABDOULAYE HISSENE ET AZOR KHALID A BRIA, REGNE DE BAHR DU MPC A NGAOUNDAI : DECOR MACABRE DE LA RCA

Quel genre de rebelles avons-nous vraiment en RCA ? Que cherchent-ils ? Ne veulent-ils pas que la paix et la sécurité reviennent au pays de feu Barthelemy Boganda ? Pendant que les uns et les autres cherchent des voies et moyens pour sortir de cette crise larvée, le FPRC de Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène, celui de Azor Khalid, ainsi que le MPC de Mahamat Alkhatim, sans oublier l’UPC de Ali Daras, sèment la terreur et la désolation au sein de la population civile.

A Bria, le FPRC de Abdoulaye Hissène et le FPRC de Azor Khalid ne sont plus sur la même longueur d’onde. Ces hommes en armes se regardent toujours en chiens de faïence. Dans la journée du lundi 04 septembre 2017, une énième tension très vive a éclaté entre les deux (2) groupes armés dissidents de l’ex-coalition Séléka. A en croire les habitants de cette localité, c’est le vol d’une moto qui est à l’origine de ce regain de violences. Des affrontements ont opposé les hommes de Azor Khalid à ceux d’Abdoulaye Hissène pendant au moins une trentaine de minutes aux environs de 10 heures. Les hommes d’Abdoulaye Hissène ont quitté la ville de Ouadda et viennent en renfort à ceux basés dans la ville de Bria. C’est peut-être parmi ces rebelles que le vol de moto a eu lieu ? Difficile de le confirmer. Est-ce les hommes de Azor qui ont volé la moto de ceux d’Abdoulaye Hissène et vice-versa ? Aucune information n’est filtrée à ce sujet.

Au jour d’aujourd’hui, la tension entre ces groupes rebelles ne faiblit pas. Les deux (2) camps renforcement leur position et peuvent en découdre à tout moment. Les habitants de Bria, pris de peur, se sont terrés dans les sites. La ville est paralysée. L’on ne voit que ces hommes en armes circuler dans la ville. Leurs esprits sont surchauffés et la population civile craint pour sa sécurité.

Dans la ville de Ngaoundaï, c’est le soi-disant général Bahr du MPC qui règne en maître absolu des lieux. Les civils sont terrorisés. Ne pouvant rester dans la ville, d’autres ont trouvé refuge dans la brousse et leurs conditions de vie se détériorent davantage. Au lieu d’en rester là, Bahr s’est rendu à Ndim et a pris en otage deux hommes, un prêtre et le maire de la localité. Le prêtre a été passé à tabac et l’un de ses membres a été fracturé. Cette information est rendue publique par le député de la région Bernard Dilla. En réponse à cette accusation, le soi-disant général Bahr l’a balayée du revers de la main et a indiqué qu’il est dans la région pour la cohésion sociale.

Peut-on promouvoir la cohésion sociale et en même temps terroriser la population civile, prendre les uns et les autres en otage tout en les tabassant ? Est-ce de cette manière que la cohésion sociale se mettra-t-elle en place ? Il convient de souligner à Bahr que ce n’est pas par les coups de bâton, de matraque que la cohésion sociale reviendra en RCA. Elle ne peut s’installer que par le dialogue. Et ce n’est pas pour la première fois que ce Bahr commet des exactions sur les populations civiles dans les préfectures de l’Ouham et de l’Ouham-Péndé où sont basés ces éléments. Chaque fois, il dit toujours qu’il est dans la région pour la cohésion sociale. Mais de quelle cohésion sociale s’agit-il dès lors que les gens sont maltraités, torturés, même les serviteurs de Dieu ?

Vraiment les actes barbares des groupes armés ont débordé le vase. De Ngaoudaï à Zémio en passant par Koui, Niem-Yélowa, Kaga-Bandoro, Bria, Alindao, Mobaye, Bangassou, pour ne citer que ces quelques villes, rien ne va plus. La population souffre atrocement entre les griffes de ces seigneurs de guerre. Dans la ville de Bria, n’en parlons pas. Tout porte à croire que cette ville est devenue après Bambari l’épicentre de la crise centrafricaine. Il ne se passe pas une semaine sans que des détonations d’armes de  tout calibre ne soient entendues. Et c’est toujours la population civile qui est sacrifiée sur l’autel de ces va-t-en-guerre. Si vraiment on fait le décompte des personnes tuées dans la localité de Bria, le nombre avoisinerait les cinq mille (5.000). Et que dire de celles qui sont abattues dans les autres villes de l’arrière-pays ? C’est trop, et c’est déjà trop. Cinquante (50) morts ici, cent (100) là-bas, à ce rythme, la population centrafricaine sera complètement décimée et ce sont les mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens, maliens, nigérians qui s’installeront en République Centrafricaine.

Les affrontements quasi-quotidiens entre les groupes armés et la soi-disant cohésion sociale de Bahr à coups de bâton et matraque ne sont autres que la conquête du territoire national par ces damnés de la terre, pour ne pas dire la partition du pays. A entendre  les Centrafricains, ils sont très inquiets de ce qui se passe dans l’arrière-pays. C’est pourquoi, la Minusca, le gouvernement et la Communauté internationale doivent conjuguer leurs efforts pour mettre un terme à ces affrontements diluviens, très meurtriers dont les civils sont pris pour cible le plus souvent. Une attention particulière doit être mise sur la ville de Bria pour qu’elle ne soit pas aussi une « ville martyre ». Il doit en être aussi, pour les autres villes qui sont menacées aujourd’hui.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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