ENCORE DES MORTS SUR L’AXE ALINDAO-BANGASSOU :

Vendredi 20/10/2017 :09H41

ENCORE DES MORTS SUR L’AXE ALINDAO-BANGASSOU :

PEUPLE CENTRAFRICAIN, MOBILISONS-NOUS POUR LA PAIX

A quand la fin des affrontements très meurtriers intergroupes armés ? Quand les tueries, les incendies de maisons, les tortures, les traitements dégradants et inhumains, les disparitions forcées, les meurtres, les massacres, les viols et abus sexuels prendront-ils fin ? A quel moment les Centrafricains respireront-ils un nouvel air, iront-ils d’un lieu à un autre sans s’inquiéter ou vaqueront-ils librement à leurs occupations habituelles ? Autant de questions qui nous laissent perplexes.

Pendant que les autres peuples sous d’autres cieux avancent, créent des entreprises, font des innovations technologiques, les Centrafricains, quant à eux, se contentent de créer des partis politiques, des rébellions. Les groupes armés de leur côté se permettent le luxe de tuer, massacrer, incendier, détruire tout sur leur passage. A quoi servent tous ces actes barbares, indignes, inhumains, bestiaux, odieux ? Depuis le mercredi 18 octobre 2017, des informations qui nous parviennent du Sud-est de la RCA sont tristes. D’après le porte-parole de la Minusca, des Autodéfenses (Anti-Balaka), venus de la ville de Bangassou ont attaqué le village Pombolo situé entre la ville de Gambo et celle de Kémbé. Le bilan des affrontements entre les Autodéfenses et les combattants de l’UPC serait très lourd. Des civils innocents auraient perdu la vie dans ces attaques, ce qui a obligé la Minusca de dépêcher un hélicoptère et d’envoyer des Casques Bleus depuis la ville de Bangassou pour protéger les civils. Il est difficile pour le moment d’avoir un bilan exact de ces affrontements. Combien de civils et/ou de combattants y ont trouvé la mort ? Y a-t-il eu des maisons incendiées ? Et combien de blessés ?

C’est dans cette situation sécuritaire très tendue dans le Sud-est de la RCA que nous exhortons le peuple centrafricain à se mobiliser pour la paix, le dialogue et non la guerre, les attaques, les affrontements intergroupes armés pour résoudre cette crise qui a trop duré. Hommes politiques, combattants non conventionnels (Séléka et Anti-Balaka), personnalités du pays, société civile, bref, la liste n’est pas exhaustive, nous devons tous nous orienter vers la paix, l’avenir de nos enfants, de notre cher et beau pays, la RCA. Le sang a trop coulé et continue de couler. Ceux qui meurent sous les balles, les bottes des groupes armés sont les filles et fils de ce pays. Ce sont eux qui devraient bâtir cette nation. Malheureusement, ils sont abattus  comme des bœufs à l’abattoir ou écrasés comme des mouches, pour des raisons que nous ne savons pas. Et pourtant, cette crise, au départ, était politique. Est-ce par quel bâton magique qu’elle s’est métamorphosée aujourd’hui en un nettoyage ethnique ?

Les communautés musulmane et chrétienne, ainsi que d’autres ont toujours vécu en harmonie, en symbiose. Pourquoi en l’espace de quatre (04) ans, se regardent-elles en chiens de faïence ? Si les communautés ont été manipulées par des assoiffés de pouvoir ou certaines puissances de ce monde, il est temps qu’on tourne le dos à ces manœuvres machiavéliques qui ne font qu’enfoncer la RCA dans l’abîme. Et il convient de rappeler aux groupes armés qui s’affrontent d’une manière diluvienne, intermittente que la guerre ou l’usage de la force n’a jamais résolu un conflit armé ou un différend. C’est par le dialogue que nous parviendrons à mettre un terme à cette crise désastreuse qui déchire la RCA. Et c’est dans ce contexte que le professeur Faustin Archange Touadéra prône toujours le dialogue. Ce n’est pas une faiblesse. Il ne veut pas que le sang des Centrafricains continue de couler à flot. Dommage, les groupes armés ne l’entendent pas de cette oreille. Chaque jour qui passe, on entend par-ci, par-là des tueries, des incendies de maisons à grande échelle. Qui sortira vainqueur ou vaincu dans ce micmac ? Personne à ce que nous croyons.

Il serait judicieux et capital que les Autodéfenses et les combattants de l’UPC qui s’affrontent dans le Sud-est et le Centre (Ippy) de la RCA trouvent un terrain d’entente, se mettent ensemble autour d’une table pour trouver des voies et moyens afin de sortir les régions N°05 et 06 de cette boucherie humaine dont elles sont embourbées depuis la mi-2016. Les populations sont fatiguées, épuisées d’enterrer leurs proches, de vivre dans la brousse comme des animaux, des reptiles. La brousse n’est pas faite pour l’homme mais plutôt pour des bêtes sauvages. Et d’après la Bible, Dieu a établi l’homme au-dessus de la nature ; mais nous avons l’impression aujourd’hui que c’est la nature qui commande le Centrafricain. C’en est assez et c’est déjà trop.

Levons-nous comme un seul homme pour dire, « Plus jamais ça » car une crise n’a tant duré en RCA. Nous demandons aux groupes armés d’avoir pitié de leurs concitoyens qui gémissent, se lamentent à longueur de journée. Ils n’aspirent qu’à la paix, rien que la paix. Alors, pourquoi s’en prendre à ses compatriotes, qui n’ont rien fait et qui continuent d’être massacrés ? Quel péché mortel ont-ils commis pour mériter un tel sort, un tel châtiment corporel ? Nous sommes tous les enfants de ce pays. Pourquoi nous nous entredéchirons, nous nous entretuons pour rien ? Personne ne détient le titre foncier de la RCA. Il appartient à tous les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. La RCA est une et indivisible, d’après notre Constitution. C’est aussi un pays laïc. Musulmans, chrétiens, animistes, athées doivent vivre ensemble.

A cet effet, nous devons nous mobiliser pour la paix, rien que la paix. L’arme n’est pas un outil de paix, mais elle détruit. Seul le dialogue intergroupe armé ou inter-centrafricain peut ramener la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire et non les attaques ciblées, les affrontements, les représailles. Tel est le cri de cœur des Centrafricains.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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