« EN RCA, ON EST ASSIS COMME SUR DES...

Mardi 01.08.2017 : 10H48

« EN RCA, ON EST ASSIS COMME SUR DES BRAISES », A DECLARE LE CARDINAL NZAPALAINGA. LES FAITS QUI SE DEROULENT A BANGASSOU ET BATANGAFO

LUI DONNENT RAISON

Dieudonne nzapalaingaDevant les évêques de l’Afrique qui se sont réunis à Yaoundé le 10 Juillet dernier, le cardinal Dieudonné Nzapalainga a déclaré, « à Bangui, la situation est caractérisée par un calme précaire qui y règne. Les gens peuvent circuler. Mais on sent qu’il y a encore ce sentiment de la haine et de la vengeance (…). En RCA, on est assis comme sur des braises… ». Les faits qui viennent de se dérouler dans les villes de Bangassou et Batangafo avec la recrudescence des violences qui a occasionné de nombreuses pertes en vie humaines et des dégâts matériels considérables lui donnent finalement raison.

Les Nations-Unies et le gouvernement centrafricain ont l’obligation de changer de stratégie pour arrêter au moins le sang des innocents qui ne cesse de couler. On ne peut pas continuer de jouer avec le feu. L’heure est vraiment grave et nécessite des actions fortes vis-à-vis des groupes armés pour donner une chance à la paix en RCA. Le calme précaire que nous observons à Bangui et dans certaines régions du pays ne garantit nullement la paix et la sécurité. L’exemple palpable est la situation qui prévaut en ce moment dans l’arrière-pays avec deux (02) jours de  calme et une semaine (07 jours) de violences. Et ce sont les plus pauvres populations déjà victimes de nombreuses exactions qui paient le pot cassé sur les sites de fortune.

Parfait Onanga-Anyanga a lui-même déclaré l’autre jour que l’embargo n’empêche pas la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cela signifie clairement qu’il incombe aux autorités centrafricaines, notamment le ministre de la Défense Nationale de prendre ses responsabilités pour réarmer et redéployer l’armée nationale sur l’ensemble du territoire afin de barrer la route à ces fauteurs de trouble qui empestent l’espace vital de la population depuis plus de quatre (04) ans. Nos autorités doivent se réveiller de leur sommeil pour sauver le peuple et la nation en danger de mort. Les Nations-Unies étaient bien présentes au Rwanda quand bien même le génocide avait eu lieu. Que dire de nombreuses accusations des groupes armés à l’endroit  de certains responsables de la Minusca de soutenir les mercenaires étrangers et d’instrumentaliser la crise ?

Les marches pacifiques pleuvent à Bangui et à l’intérieur du pays, exigeant des autorités centrafricaines et des responsables onusiens la réhabilitation et le redéploiement des forces de sécurité intérieure, ainsi que le désarmement sans condition de tous les groupes armés qui s’entêtent et continuent de rendre la vie pénible à la population. Hélas, peine perdue. Libreville, Brazzaville, Nairobi, Forum National de Bangui, Ndjamena et récemment Saint’ Egidio. Accords sur accords pour la cessation des hostilités. Mais aucune piste de solution pour une sortie définitive de la crise ne se pointe à l’horizon. La crise centrafricaine va de mal en pis. Toute la Communauté internationale croise les bras et observe les crimes horribles que les groupes armés commettent sur la population civile qui a sacrifié sa vie sous la pluie des balles perdues pour doter le pays des institutions républicaines démocratiquement élues.

A cela s’ajoute la crise institutionnelle, source de rumeurs de « coups d’Etat » qui circule dans toute la capitale, semant la panique et la désolation au sein de la population. Des leaders politiques et personnalités politiques indépendantes sont accusés à tort ou raison de soutenir les mercenaires afin de déstabiliser le régime de Bangui. Il est certes vrai que « les ennemis de la RCA sont les centrafricains eux-mêmes ». Faute d’une  maturité politique, les Centrafricains qui se disent « leaders politiques ou personnalités politiques indépendantes » voguent au gré du vent. La vie politique en RCA se résume aux élections un point, un trait. Les mille et un (1001) partis politiques qui s’agitaient au moment des élections sont fondus comme du beurre au soleil. Ils attendent 2021 pour revenir solliciter le suffrage de cette population qu’ils abandonnent à la merci des seigneurs de guerre qui ravagent tout sur leur passage. Pourtant, «  c’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît les vrais amis ».

La société civile n’est que du pilotage à vue en RCA. Une société civile bien structurée et qui s’est installée dans tout le pays aurait dû se mobiliser comme un seul homme pour arrêter les massacres des populations civiles par les groupes armés. Malheureusement, ce n’est pas le cas. C’est ce que les porte-paroles de l’UPC et FPRC ont décrié au cours de l’émission « patara » sur les ondes de la Radio Ndéke-Luka. Selon eux, « nous n’avions jamais vu une société civile à l’intérieur du pays ». Et tout porte à croire que la société civile centrafricaine ressemble à un groupement qui ne vise que ses propres intérêts. Quatre millions (4.000.000) de centrafricains peuvent-ils succomber d’un seul coup devant les groupes armés ? L’immobilisme de la société civile centrafricaine à mener des campagnes de sensibilisations au sein de la population et des groupes armés pour démolir les murs de la division et de la haine est aussi l’une des causes de la persistance des violences dans le pays.

Ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui creusent la tombe de leur nation. La haine, la rancœur, le tribalisme, la division…, sont les maux qui ont ruiné le pays. Nous pensons que cela allait prendre fin avec la crise que nous venons de connaître. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Et les mêmes spectacles vont continuer de reproduire les mêmes effets. C’est bien dommage pour un peuple qui ne voit que le bout de son propre nez.

 Bénistant MBALLA

 

 

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