EN PROTEGEANT LES MINORITES, LA MINUSCA A ENGENDRE LES...

Mardi 22 mai 2018: 10H36

EN PROTEGEANT LES MINORITES, LA MINUSCA A ENGENDRE LES MONSTRES EN RCA

Km5 3La mission onusienne en République centrafricaine, la Minusca, était déployée pour protéger les populations civiles sans distinction de race, d’ethnie, de religion, de communauté ou d’appartenance politique. C’était le principal mandat que le Conseil de Sécurité de l’ONU lui a assigné. Elle devrait être aussi neutre, impartiale et indépendante. Une fois sur le terrain, les Casques Bleus de la Minusca avaient fait un travail remarquable apprécié par tous. Au fil des temps, les Centrafricains ne se reconnaissaient plus dans les actions menées sur le terrain par ces soldats de maintien de la paix. De Bambari à Bria en passant par Kaga-Bandoro, pour ne citer que ces quelques villes, des voix se sont levées pour dénoncer la connivence de certains contingents de la Minusca avec les groupes armés, principalement les branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka.

A Bangassou, Mobaye, Bria, Kaga-Bandoro, la liste est non exhaustive, les populations de ces villes précitées ont dénoncé le soutien occulte de certains Casques Bleus aux combattants Séléka. Ces soldats onusiens avaient été accusés de fournir des armes et munitions à ces derniers. Mais le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, balayait du revers de la main cette accusation portée sur la Minusca. Malheureusement pour lui, un Casque Bleu gabonais avait été pris la main dans le sac avec des munitions qu’il partait vendre à Minery Matar, alias « Force », maitre incontesté et incontestable du Km 5 à l’heure actuelle. Cette main invisible de la Minusca se poursuit allègrement.

Dépassés par les événements et se sentant abandonnés par les Casques Bleus de la Minusca, les jeunes des villes et villages se sont constitués en Autodéfenses (Anti-Balaka) pour se défendre contre les monstres que la Minusca à engendrer. Car, n’oublions pas qu’en protégeant les minorités, elles se croyaient et se croient au dessus de la loi de la République. Les attaques contre les lieux saints, les tueries en masse, les incendies de maisons et villages entiers, les destructions systématiques des édifices publics et privés, y compris les locaux des ONG nationales et internationales, sont devenus leur jeu préféré, puisqu’ils savent qu’ils sont protégés et ceux qui les protègent ne leur feront absolument rien. Ces monstres, découlant de la protection des minorités, se sont répandus sur le territoire centrafricain comme une traînée de poudre. Ils occupent actuellement plus de la moitié du territoire.

Les majorités qui sont abandonnées à leur triste sort par la Minusca sont écrasées comme des mouches par les minorités. De nos jours, ces minorités sont hyper armées. Ce qui fâche, quand ces minorités sont attaquées, les Casques Bleus interviennent dans les secondes qui suivent. L’information est relayée sur toutes les ondes internationales. Lorsqu’il s’agit des majorités, c’est la passivité, l’immobilisme, l’attentisme de la Minusca. C’est le cas de la récente attaque de la paroisse Notre Dame de Fatima par les hommes de Minery Matar. La Minusca n’est pas intervenue. C’était dans l’après-midi que les hélicoptères onusiens ont survolé la zone, alors que l’acte est déjà consommé. On n’en parle pas suffisamment dans les médias internationaux. C’est un statu quo ou un silence de cimetière.

Au jour d’aujourd’hui, les Centrafricains se posent la question suivante : la Minusca est-elle déployée en RCA pour ne protéger que les minorités et en même temps engendrer des monstres pour dévorer les majorités ? Cette question aurait dû être posée au représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique et patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga. Il est le mieux placé pour donner une réponse claire, nette et précise à cette préoccupation des majorités. Mais sans passer par quatre chemins, ce sont certains contingents de la Minusca proches de ces minorités qui ont donné naissance aux bourreaux du peuple centrafricain. Ils les dotent d’armes et munitions pour s’en prendre aux civils. Ce n’est pas un mythe mais plutôt une réalité : la Minusca a accouché les monstres en RCA.

Que faire dans ce cas de piètre figure ? Les Centrafricains doivent être vigilants sur tous les plans. Ceux qui sont manipulés à longueur de journée doivent revenir à la raison et abandonner leurs pratiques nuisibles, odieuses. Les traîtres doivent comprendre dès aujourd’hui que le pays nous appartient et qu’il est en danger. Appelez X ou Y pour lui dire, « le terrain est libre, vous pouvez venir massacrer ces bœufs », cette époque est révolue. Nous devons nous mobiliser comme un seul homme autour des autorités du pays pour barrer la route à ces fauteurs de trouble, ces hors la loi car la Minusca ne pourra ramener la paix en RCA, puisqu’elle a déjà donné naissance à nos bourreaux au sein des minorités qu’elle protège jour et nuit. Une mission onusienne de maintien de la paix peut-elle se comporter ainsi ? Méditons-en ensemble.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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