EMMANUEL MACRON, « LA FRANCE A BESOIN

Mardi 03 Sept. 2017 : 09H11

EMMANUEL MACRON, « LA FRANCE A BESOIN D’UN ETAT FORT » : LE GOUVERNEMENT SARANDJI EST AVERTI ET DOIT PASSER A LA VITESSE SUPERIEURE, SINON ...

MacronLe président français, Emmanuel Macron s’est entretenu la semaine passée avec son homologue centrafricain, professeur Faustin Archange Touadéra. Il a profité de l’occasion pour lancer un message fort aux autorités centrafricaines. Selon lui, « la France a besoin d’un Etat fort ». Autant dire que la responsabilité première de rétablir la paix, la sécurité, le vivre ensemble et la réconciliation nationale sur l’ensemble du territoire de la République Centrafricaine incombe aux autorités du pays et non à la France ni aux Etats étrangers qui viennent aider les centrafricains à sortir du bourbier.

« La crise est centrafricaine », disent certains acteurs de la vie politique centrafricaine. Faut-il dans ce cas d’espèce aller chercher la solution ailleurs ? Non. L’origine de la pire crise enclenchée en décembre 2012 par l’ex-coalition Séléka et qui continue de faire de nombreuses victimes ne date pas d’aujourd’hui. Cela remonte aux différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête de l’Etat centrafricain avec la gestion scabreuse, scandaleuse, bref, la mauvaise gouvernance.

Il est certes vrai que certains pays étrangers, notamment la France a contribué à la déstabilisation de la République Centrafricaine à travers des mutineries et coups d’Etats dont le dernier est celui de la coalition Séléka de Michel Djotodia. C’est ce que le monde entier reconnaît aujourd’hui. La dernière déclaration fracassante est celle du député français André Chassaigne, mettant formellement en cause la France d’être à l’origine des multiples coups d’Etats et rébellions survenus en RCA. Il ne faut pas perdre de vue que la France n’agit pas souvent seule pour mettre en exécution ses projets de déstabilisation des différents régimes qui se succèdent à la magistrature suprême de l’Etat centrafricain.

Les leaders politiques, les opérateurs économiques et hommes d’affaires centrafricains ont  contribué eux aussi à la déstabilisation de leur propre pays. Pour un rien, il faut toujours faire un recours aux armes, en sollicitant le concours des Etats voisins pour s’accaparer du  pouvoir par la force. Et nos voisins en ont profité pour connaître notre faiblesse et nous imposer leur propre volonté. A titre d’illustration, c’est François Bozizé qui a fait venir pour la première fois les mercenaires Tchadiens et Soudanais en République Centrafricaine pendant sa rébellion qui l’a conduit à la prise du pouvoir par la force le 15 mars 2003. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes mercenaires déportés par Bozizé qui font la pluie et le beau temps en tuant, incendiant, pillant et exploitant frauduleusement les ressources naturelles du pays. Pourquoi accusons-nous la communauté internationale, alors que les pires bourreaux du peuple et ennemis de la République sont encore vivants ?

Le monde entier bouge aujourd’hui aux bruits des mouvements terroristes, des crises militaro politiques, des tremblements de terre. La France a subi à maintes reprises des carnages suite aux actions terroristes. Le Mali, le Burkina-Faso, le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Cameroun, le Sud-Soudan, les deux Congo et la liste est non exhaustive, traversent des crises avec des conséquences extrêmement graves sur la vie des populations. Chaque président européen, américain, asiatique, africain…, se bat pour faire face aux difficultés que traverse son pays. Le président Américain, Donald Trump, s’acharne contre le phénomène de la migration sur son territoire ; en France, Emmanuel Macron lutte contre le phénomène du terrorisme. C’est dans ce sens qu’il a affirmé au chef de l’Etat centrafricain que la France a besoin d’un Etat fort.

La crise centrafricaine perdure et semble être oubliée parce que les autorités du pays dorment les yeux ouverts. Depuis bientôt deux (02) ans, après les brillantes élections de 2015-2016, la RCA ne fait que tourner en rond à cause du manque de volonté politique des hautes autorités de l’Etat. Le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji ne maîtrise rien en matière de politique pour gérer cette profonde crise qui continue d’ébranler de jour en jour les fondements de la République. A peine mis en place, il ya de cela quelques semaines, le gouvernement Sarandji 2 vogue au gré du vent. Un gouvernement moribond et qui n’a ni vision ni esprit d’invention et de créativité, n’en est pas un.

Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RCA, Parfait Onaga-Anyanga a déclaré l’autre jour que l’embargo n’empêche pas la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines. Une manière de dire que la tâche incombe aux autorités centrafricaines de chercher par tous les voies et moyens à réhabiliter l’armée nationale. Qu’a fait concrètement Sarandji en matière de la sécurisation du peuple et de la patrie contre les exactions des groupes armés depuis qu’il est nommé premier ministre ? Pourtant, c’est le premier ministre qui doit mettre en exécution la feuille de route du président de la République.

Touadéra au siège des Nations Unies à New-York a survolé les questions fondamentales, celles du désarmement des groupes armés et de la levée immédiate et sans condition de l’embargo devant permettre la réhabilitation de toutes les forces de défense et de sécurité intérieure.  Pourquoi a-t-il sollicité l’augmentation de l’effectif des casques bleus de la Minusca ? 12.500 casques bleus déployés dans le pays, c’est largement suffisant pour protéger la population et sécuriser l’ensemble du territoire. Mais c’est la volonté politique qui manque. Et nous comprenons pourquoi les groupes armés montent en puissance et continuent de se ravitailler en armes et munitions sous la barbe de la Minusca. De Bangassou à Zemio, en passant par Mobaye, Alindao, Bocaranga, Ngaoundaï et Koui, la population civile en sait quelque chose de la manipulation des casques bleus. Et faut-il dans ce cas de piètre figure continuer de solliciter l’augmentation de l’effectif des forces internationales ?

Heureusement que le président Gabonais, Ali Bongo a tranché net en faveur du peuple centrafricain en demandant la levée immédiate de l’embargo et la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines (FACA), seule condition pour mettre un terme à la souffrance de la population centrafricaine. Les autorités centrafricaines sont suffisamment averties et doivent se réveiller de leur sommeil pour changer de stratégie afin de rétablir la stabilité, la paix et la réconciliation nationale au sein des communautés.

 

Amedé NGUETE

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