EMBARGO SUR EMBARGO, NON OPERATIONNALISATION DES FDS...

Mercredi 08.02.2017 : 10H51

EMBARGO SUR EMBARGO, NON OPERATIONNALISATION DES FDS, EMPECHENT LE REDEPLOIEMENT DE L’AUTORITE DE L’ETAT ET FAVORISENT L’INSECURITE

Faca 3

La RCA fait face aujourd’hui à de nombreux défis, entre autres économique, sécuritaire, social. Mais le défi qui préoccupe le peuple centrafricain et qu’il faut absolument relever, est le défi sécuritaire. Force est malheureusement de constater que les jours passent et se ressemblent depuis la transition jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel. Les exactions des groupes armés sur les populations civiles ne baissent pas d’intensité. Bien au contraire, elles s’accentuent et risquent d’atteindre son apogée dans les jours à venir si rien n’est fait. Des tueries, des incendies de maisons, des pillages, des destructions massives …, se poursuivent allègrement.

Et pour cause, la prorogation sur prorogation de l’embargo, la non opérationnalisation des Force de Défense et de Sécurité (FDS) qui bloquent systématiquement le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. L’embargo sur les armes à destination de la RCA, imposé par le Comité de Sanction des Nations Unies en 2014 et qui ne cesse d’être prorogé par le Conseil de Sécurité de l’ONU, dont la dernière en date remonte au 27 janvier 2017, est un frein au développement du pays et un instrument pour les groupes armés de mâter les populations civiles. Observez ce qui se passe aujourd’hui dans les préfectures de l’Ouham-Péndé et de la Ouaka. Nous pouvons valablement affirmer sans nous tromper que, dès l’écoute de la prorogation de l’embargo, les groupes armés réfractaires au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) sont sortis de leur tanière. D’un côte Sidiki et ses hommes tuent, violent, pillent, saccagent et incendient les maisons et les sites des déplacés. De l’autre, Nourredine Adam, Mahamat Alkhatim et leurs combattants affrontent Ali Daras et ses peuhls. Et ceux qui paient le plus lourd tribut de ces affrontements intercommunautaires, sont les habitants des localités, telles que Bakala, Ippy, Bria, Bambari, et nous en passons. Ces personnes qui meurent sous les balles ou qui croupissent sous les bottes de ces seigneurs de guerre, ne sont-elles pas des humains comme d’autres. Pourquoi les condamner à souffrir à cause de la prorogation de l’embargo ? [Les quinze (15) membres du Conseil de Sécurité qui ont adopté la résolution 2339 ont-ils mesuré sa portée ? Vu le regain de violence qui surgit de partout, la prorogation de l’embargo est un feu vert accordé aux groupes armés, car celle-ci ne les concerne nullement. Ils peuvent acheter leurs armes comme bon leur semble, puisque l’embargo est imposé à l’Etat centrafricain et à ses FDS.] Les armes sont achetées en RDC et aux Soudans. 

En outre, l’embargo a entraîné dans son sillage la non opérationnalisation des Forces Armées Centrafricaines (FACA) depuis presque quatre (4) ans. Même les gendarmes et les policiers qui sont déployés dans certaines villes de nos provinces ne sont pas vraiment opérationnels. Les travaux qui leur reviennent de droit, sont exécutés par les combattants non conventionnels car parmi eux, on y trouve des gendarmes, des policiers, des militaires, des douaniers, des agents des eaux et forêts… Ces gens-là opèrent au su et au vu de la Minusca. Ils ne sont nullement inquiétés.

Dans ce cas de piètre figure, comment l’Exécutif peut redéployer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, du moment où l’embargo sur les armes à destination de la RCA court toujours ? Malgré tout cela, des pressions sont exercées sur le gouvernement afin de déployer les forces de sécurité intérieures dans l’arrière-pays. Vont-elles exercer leur fonction de protection des populations civiles avec  des bâtons ou des chicottes ? C’est vraiment ridicule. Nos partenaires doivent comprendre une fois pour toute que c’est  à cause de l’embargo et de la non opérationnalisation des FDS que l’autorité de l’Etat ne peut être déployée dans les villes de nos provinces, encore entre les griffes des rebelles.

Partout où nous passons, certains fonctionnaires disent haut et fort qu’ils ne peuvent regagner leur poste tant que les FDS ne sont pas encore redéployées dans l’arrière-pays. Ils ont raison parce que ce sont ces forces qui doivent les protéger dans l’exercice de leur fonction. En l’absence de ces dernières que peuvent-ils faire quand ils sont attaqués par ces malfrats ? La réponse à cette question revient à qui de droit.

Si nous assistons indéfiniment aux exactions des groupes armés, à l’insécurité grandissante dans l’arrière-pays, cette situation est la résultante de la prorogation sur prorogation de l’embargo, de la non opérationnalisation des FDS. Si, dès le retour à l’ordre constitutionnel, l’embargo était levé et les FDS opérationnelles pensez-vous que les Centrafricains allaient continuer à mourir comme des mouches ou à être abattus comme des bœufs à l’abattoir ? Non. Donc ce sont  ces deux points évoqués qui  ne permettent pas le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Par contre, c’est une opportunité, une occasion en or offerte aux groupes armés pour marcher sur les orteils des Centrafricains. Incroyable, mais plutôt vrai.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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Date de dernière mise à jour : Mer 08 fév 2017