« DITES A VOTRE DIRECTEUR, UN JOUR, IL MANGERA SON JOURNAL »

 « FORCE » PROFERE DES MENACES A CENTRAFRIC MATIN :

« DITES A VOTRE DIRECTEUR, UN JOUR, IL MANGERA SON JOURNAL »

 

Ce lundi 30 avril 2018 à 08 heures 47 minutes, Nimery Matar alias « Force », appelle la rédaction du quotidien Centrafric Matin et lui profère des menaces ouvertes. Seulement un journaliste n’est pas un ennemi, ni une cible, mais un partenaire de service public. Insulter le père et la mère du directeur de publication, n’est pas la solution, comme le fait « Force ». La loi a prévu des procédures en la matière. Il y a entre autres, le Droit de rectificatif, le droit de réponse ou la procédure judiciaire. Déverser des menaces de mort, répandre la terreur, cela ne ressemble pas à Centrafric Matin. « Force » n’est ni le premier, ni le dernier à proférer des menaces au journal Centrafric Matin.

Quand les commerçants du Km5 ont commencé à dénoncer les effets négatifs de « Force » et ses éléments au Km5, nous n’avons entendu aucune réaction de Nimery Matar, alias Force. « Qui ne dit rien, consent », dit un adage. Les journalistes n’ont fait que leur travail de donner l’information sur ce qui se passe au Km5. Quand un élément de « Force » a tiré sur une patrouille de la Minusca au Km5, la presse n’a fait que relayer l’information pour le grand public. La terreur, les menaces, les injures n’engagent que l’auteur. Centrafric Matin est un service public. Il traque les travers de la société centrafricaine, développe la culture citoyenne, car la paix est plus profitable à tous que la guerre.

Les méfaits de la guerre sont visibles à l’œil nu. Les projets de développement ne peuvent être déroulés. Les armes paralysent toutes les actions du développement. Le peuple centrafricain est pris en otage, séquestré, réduit à néant. La misère est galopante, la pauvreté est son paroxysme. C’est l’âge d’or de l’humanitaire. La croisade des humanitaires développe chez le citoyen centrafricain, la culture de la passivité, de la gratuité, de l’attentisme, un vrai goulot d’étranglement de tout effort de développement. Les populations attendent qu’on leur donne gratuitement, d’où un réflexe de paresse, de passivité, difficile à ébranler une fois la paix de retour.

Les activités agricoles, pastorales, artisanales, maraîchères, sont paralysées par l’insécurité. Selon Nimery Matar, alias « Force », le journaliste va brouter son journal. Malheureusement, « Force » ne mange pas les munitions, ni les armes. Il est obligé de terroriser les commerçants du Km5 pour avoir une boîte de sardine, de l’argent, s’enrichir, se nourrir. Si « Force » n’a pas pu manger les munitions et les armes, c’est autant dire qu’un journaliste ne peut manger son journal, même sous la menace des armes de « Force ». Une chose est sûre, même si l’appel de « Force » est menaçant, il reconnaît néanmoins que la presse existe, vivante et très dynamique. Elle doit faire son travail en traquant les ennemis de la paix et du peuple centrafricain comme « Force ». Le journaliste est un roseau qui se plie sous l’effet d’une violente tornade, mais ne se rompt pas, puis se redresse et reprend son droit à la vie. Le journaliste est un agent de paix, un agent de développement. Là où « Force » met le feu au pays, les journalistes apportent de l’eau pour éteindre l’incendie, tout en déterminant les causes. Ils ne sont ni pour, ni contre personne. Le droit du public à l’information complète, vérifiée et vérifiable, est sacré. Le journaliste assume ce droit en toute impartialité, en toute responsabilité et en toute objectivité, même au prix de sa vie. Nimery Matar, alias « Force », n’arrêtera pas la marche du soleil, la marche du monde et par voie de conséquence, la marche de la presse.

 

Julien BELA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×