DES TIRS DILUVIENS AU KM5 :LES ELEMENTS DE FEU 50-50

Djibril youssouf coordonnateur de l association des commercants du km5

DES TIRS DILUVIENS AU KM5 : LES ELEMENTS DE FEU 50-50 S’AFFRONTENT ; YOUSSOUF DJIBRIL MONTE AU CRENEAU ET MET EN GARDE LES FAUTEURS DE TROUBLE

Depuis le déclenchement de la crise centrafricaine, la prise du pouvoir par l’ex-coalition Séléka et la démission de Djotodia, jusqu’au jour d’aujourd’hui, le Km5, dernier bastion des musulmans de la capitale Bangui, est confronté à de multiples problèmes. Les combattants des groupes rebelles qui ont leurs ramifications dans ledit secteur se croient tout permis et au-dessus de la loi. Chaque fois qu’il y a un incident au Km5, ils sèment la terreur et la désolation au sein des populations civiles et ceux qui s’y rendent pour s’approvisionner en produits manufacturiers. Pire encore, les commerçants musulmans croupissent sous leurs bottes. Ils sont rançonnés, rackettés à longueur de journée par ces malfrats, ces malfaiteurs, ces bandits de grand chemin. Des innocents sont enlevés, torturés et abattus froidement. D’autres sont arrêtés, pris en otage. La libération de certains est conditionnée au versement de rançons qui peuvent atteindre une somme pharaonique.

Ce qui retient notre attention aujourd’hui est les détonations d’armes de tout calibre qui se font entendre presque quotidiennement au Km5. A l’approche des fêtes de fin d’année, les tirs d’armes en l’air sont diluviens, intermittents. « Pour une cérémonie de baptême de mariage, de circoncision…, des tirs sont entendus. C’est inadmissible », a martelé le conseiller économique et social dudit secteur, Youssouf Djibril. Il n’est pas resté là. Il est monté au créneau et a mis en garde les fauteurs de trouble en ces termes, « le Km 5 n’est pas une République dans une République. Ceux qui font des tirs de sommation pour célébrer leur mariage, baptême, circoncision doivent y mettre fin. S’ils persistent et signent dans ces actes bestiaux, ils seront arrêtés et traduits en justice afin de répondre de leurs actes. Il y a des gens, des personnes de 3ème âge qui sont atteints des maladies cardiaques, des tensions pulmonaires. Le fait de tirer en l’air peut entraîner leur décès. Que cessent ces tirs pour que les habitants du Km5 et ses environs vivent en paix, en quiétude ».

Pendant que Youssouf Djibril met en garde ces ennemis de la paix, les éléments de feu 50-50 s’affrontent au Km 5. Ils ont barricadé l’avenue Koudoukou au niveau de la Mosquée Centrale. Selon un habitant du Km 5, « le véhicule du regretté 50-50 a été incendié par l’autre camp. Des taxis-motos des particuliers ont été emportés par ces malfrats. Les combats sont d’une rare cruauté. Je ne dispose pas de bilan. Il y a eu peut être des morts et des blessés dans les deux camps ».

Youssouf Djibril, ce digne et vaillant fils du pays n’est pas passé par quatre chemins pour mettre en garde ces fauteurs de trouble qui pullulent au Km5. C’est un exemple à suivre par d’autres filles et fils du pays qui habitent le secteur. Ils doivent lui emboîter les pas pour pacifier le Km5 considéré comme le poumon économique de la ville de Bangui. Les non musulmans veulent bien se rendre au PK5 pour faire leurs différents achats. Mais beaucoup ont peur d’y aller à cause de ces « drogués » qui détiennent des armes de guerre ou des armes blanches par devers eux et qui n’hésitent un seul instant à en faire usage. Le cas récent est celui qui s’est produit après l’attentat à la grenade dans la cave « Carrefour de la paix ». De nombreux compatriotes ont perdu leur vie dont un élève au lycée Saint Charles à Bangui. Une femme en grossesse a été éventrée aussi par ces criminels.

Si une fête de baptême, de mariage, de circoncision est célébrée avec des détonations d’armes de tout calibre, qu’en sera-t-il pour des compatriotes qui ont commis un forfait au Km5 ? Nous pensons pour notre part qu’ils seront exécutés, abattus sans aucune forme de procès. Et c’est ce qui est arrivé à maintes reprises au Km5. Le président des Autodéfenses du Km5, Ali Fadhul, les maires du 3ème et 5ème arrondissements de la ville de Bangui, les notables, les autorités locales doivent parler le même langage, se joindre à Youssouf Djibril pour mettre fin à ces tintamarres d’armes de guerre. Nous savons d’avance qu’ils  ont réalisée de bonnes œuvres mais beaucoup restent à faire. Et c’est l’occasion à jamais de mettre hors d’état de nuire ces malfrats, ces hors-la-loi qui prennent leurs armes pour le bout de leur nombril.

La RCA en général, et le Km5 en particulier n’est pas une jungle. Le Km5 fait partie intégrante de Bangui la capitale. De ce fait, tous ceux qui résident à Bangui doivent observer à la lettre les lois et règlements qui régissent la vie en société. Car nulle part il est écrit, « le mariage, le baptême, la circoncision doivent être célébrés avec des tirs nourris d’armes ».

Après la mise en garde de Youssouf Djibril, la balle est désormais dans le camp de ces  « drogués du Km5 » qui foulent aux pieds les lois et qui rendent la vie difficile à leurs compatriotes. A cause d’eux, nos compatriotes musulmans ne peuvent sortir du Km5 pour se rendre auprès de leurs concitoyens non musulmans qui ont besoin d’eux. Comme l’a souligné Youssouf Djibril, «  le Km5 n’est pas une République dans une République », il appartient à ces hors-la-loi de revenir à la raison. Car en aucun cas, les Centrafricains n’ont célébré un tel évènement avec des tirs d’armes.

Pour que la mise en garde du Conseiller économique et social soit traduite dans les faits, le gouvernement doit appuyer nos compatriotes de Km5 épris de paix et de sécurité. Ce faisant, nous croyons que le Km5 ne sera plus appelé « couloir de la mort », « Golgotha » ou « lieu du crâne ». C’est déjà trop. Ces drogués du Km5 ont franchi le rubicond. Il est temps que cessent ces détonations d’armes, ces actes barbares et inhumains.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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