DES HOMMES LOURDEMENT ARMES SE DIRIGENT VERS ...

Jeudi 15.03.2018 : 09H32

DES HOMMES LOURDEMENT ARMES SE DIRIGENT VERS BANGASSOU ET DES AFFRONTEMENTS SONT SIGNALES A PAVICA

 

Des soldats tchadiens de la misca traversent bangui devant des soldats francais 4La région N°6 qui regroupe les préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou est au bord de l’explosion, de l’embrasement. Les groupes armés qui sévissent dans cette partie du pays sont sur leurs dents. Depuis le début du mois de mars 2018, les affrontements sont signalés dans certaines villes, notamment à Rafaï et récemment à Pavica entre les groupes d’Autodéfenses (Anti-Balaka) et les combattants Séléka.

S’agissant de la ville de Rafaï, un calme précaire y règne. Selon les informations émanant de cette localité, les combattants Séléka, venus de la ville de Mboki, avaient envahi la ville. De violents affrontements les ont opposés aux Autodéfenses de la localité. Ne pouvant tenir sous le feu des Autodéfenses, ils se sont retirés de la ville. Ils auraient enregistré une perte en vies humaines considérables car l’on évoque un bilan de quarante (40) morts  dans leur rang et plus d’une dizaine de civils tués, sans oublier les blessés. Aucune source indépendante n’a encore confirmé ce bilan. La ville est aujourd’hui sous le contrôle des Autodéfenses. Les activités ont repris timidement puisque bon nombre d’habitants ont trouvé refuge dans la brousse et d’autres se trouvent présentement en République Démocratique du Congo (RDC).

Ayant mal digéré la débâcle des combattants de l’UPC de Ali Darass face à la puissance de feu des Autodéfenses, une colonne d’hommes armés a quitté Bria le week-end dernier pour Nzacko et Bakouma afin de venir en renfort à ces derniers. D’après les informations en notre possession, l’objectif visé par ces combattants Séléka qui seraient les hommes du FPRC de Nourredine Adam et ceux du MPC de Mahamat Alkhatim, est d’attaquer la ville de Bangassou. La même source sécuritaire affirme que les hommes armés, proches de la Séléka, jugent que les éléments d’Autodéfenses ou Anti-Balaka de Bangassou ne seraient pas prêts pour la réconciliation qui devrait aboutir à la libre circulation de la communauté musulmane. La raison évoquée par les combattants Séléka ne tient pas la route. En réalité, ce renfort vise à soutenir les hommes de l’UPC de Ali Darass qui se trouveraient dans une position inconfortable dans certaines villes des préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou qu’ils ont occupées depuis fort longtemps.

Au su de ce renfort, des rumeurs circulent dans la ville de Bangassou faisant état d’une attaque armée imminente. La population est paniquée et craint un regain de violence dans la région. Une bonne partie de celle-ci a traversé le Mbomou pour se refugier en RDC. Certains habitants se sont terrés dans la brousse. La ville est paralysée et les Casques Bleus de la Minusca y patrouillent nuit et jour.

Au village Pavica, des affrontements opposent les Anti-Balaka aux combattants de l’UPC au début de cette semaine et s’amplifient. Ils risquent d’atteindre la localité de Kongbo dans les jours à venir et peuvent se propager dans les villes de Mobaye, Alindao et Kémbé. D’après certaines sources concordantes émanant de la ville, « tout est parti de la mort d’un Anti-Balaka qui a été abattu par un élément de l’UPC. L’Anti-Balaka qui a été tué est originaire du village Mboma. Il s’est rendu à Alindao avec ses compagnons d’armes. Après qu’il ait tué, l’un d’eux a rebroussé chemin et a alerté les autres. C’est ainsi qu’ils se sont rendus au lieu du drame et les affrontements ont commencé. Le bilan n’est pas encore disponible.

Ce regain de violence a obligé le préfet de la Basse-Kotto à annuler son déplacement à Mingala et à Kémbé pour installer les sous-préfets de ces villes. A Mobaye, la population vit dans la psychose généralisée. Certains retournés commencent déjà à regagner la RDC de peur que ces affrontements n’atteignent la ville. Même les habitants qui, se sont terrés dans la brousse et qui ont regagné leurs villages respectifs après l’accord de paix signé à la fin décembre 2017, ont encore de nouveau gagné la brousse. Leurs conditions de vie se détériorent davantage ».

C’est dans ce contexte que nous avons dit que la région N°6 est au bord de l’embrasement ou d’explosion. Nous profitons de cette situation pour demander à tous les députés de cette partie du pays de se concerter afin de faire des propositions au gouvernement dans le but d’arrêter ce regain de violence qui risque de replonger les préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou, du Haut-Mbomou dans une crise qui ne dira pas son nom. La situation est grave et doit interpeller la conscience de tous les ressortissants de cette région. La Minusca de son côté doit agir vite pour mettre fin à ces affrontements intergroupes armés dont les populations civiles sont le plus souvent prises pour cible.

Et à l’allure où vont actuellement les choses, un observateur avéré  de la vie politique centrafricaine serait tenté de dire que l’accord de paix signé entre les Anti-Balaka et les combattants Séléka au mois de décembre dernier, a volé en éclat. Car les affrontements signalés çà et là ne sont pas de bon augure. C’est un signe qui marque le retour à la case départ, ce que nous ne souhaitons pas.

C’est bien dommage pour les populations de la région N°6 qui aspirent à la paix et à la sécurité afin de vaquer à leurs occupations quotidiennes !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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