DES DIZAINES DE MORTS ET DE BLESSES DANS LES...

Jeudi 22.06.2017 : 10H514

DES DIZAINES DE MORTS ET DE BLESSES DANS LES

AFFRONTEMENTS A BRIA, DES TIRS SPORADIQUES A ALINDAO, BANGASSOU, MOBAYE : LE CESSEZ-LE-FEU N’A-T-IL PAS VOLE EN ECLAT ?

Seleka et anti balakaL’Est et le Sud-est de la RCA sont dans l’ébullition totale. La population desdites régions est dans la tourmente. Depuis le mois de mai dernier, un regain des violences sans précédent est observé sur toute l’étendue du territoire national, en particulier dans les préfectures de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou. Des affrontements très meurtriers quasi-quotidiens opposent les combattants de certaines branches dissidentes de la Séléka, en l’occurrence le FPRC de Nourredine Adam et l’UPC de Ali Daras aux éléments d’autodéfense assimilés aux Anti-Balaka.

Dans la seule journée du mardi 20 juin 2017, des affrontements ont été signalés à Bria, entre le FPRC et les Anti-Balaka, ainsi que l’UPC aux milices d’autodéfense à Langandji, à quelques 25 kilomètres de la ville de Mobaye. S’agissant de la ville de Bria, des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues très tôt à partir de 05 heures 45 minutes du matin. Selon les informations qui nous sont parvenues, ce sont les Anti-Balaka de la localité qui ont attaqué les combattants du FPRC basés à Bria. Les combats ont duré plus de 03 heures. Au final, les hommes du FPRC ont pris le dessus. Ils ont repoussé les Anti-Balaka en dehors de la ville et ont commencé leur sale besogne : des maisons et des maisons ont été incendiées; les locaux des ONG ont été pillés et saccagés, sans oublier les boutiques et autres. L’intensité des combats et la cruauté des éléments du FPRC ont poussé les déplacés de l’église catholique, de l’hôpital préfectoral de Bria et de l’église protestante membre de la CEBI à regagner le site du PK 3. Heureusement pour eux, les Casques Bleus de la Minusca ont quadrillé les sites et y veillent au grain.

D’après la Radio France Internationale (RFI), on dénombre quarante (40) morts et des dizaines de blessés. Dans le site du PK 3, des balles perdues ont atteint certains compatriotes. Le bilan en perte en  vies humaines peut s’alourdir au fil des jours à cause des blessés graves. La peur et l’angoisse gagnent les habitants de Bria et ils ne savent plus quoi faire. D’autres ont dû fuir dans la brousse pour se mettre à l’abri du danger et leurs conditions de vie qui étaient précaires auparavant, se dégraderont de jour en jour si les affrontements entre les groupes armés ne cessent pas. A la dernière minute, le risque d’un énième affrontement est palpable.

Dans la commune de Mbélima, précisément à Langandi, située dans la localité de Mobaye, cette fois-ci, ce sont les combattants de l’UPC et les éléments d’autodéfense qui se sont affrontés violemment. Des maisons ont été brûlées par les hommes de l’UPC qui sont devenus les maîtres incontestables et incontestés de la préfecture de la Basse-Kotto. Comme dans les affrontements de ce genre, des pertes en vies humaines sont considérables, il y aurait certainement des morts et des blessés qu’il nous est très difficile de donner un bilan.

A Bangassou et à Alindao, des tirs sporadiques ont été aussi entendus dans la seule journée du mardi. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Difficile de le dire.

Face à ces évènements douloureux qui ont eu lieu dans quelques villes de la RCA, ne peut-on pas dire que le cessez-le-feu immédiat sur l’ensemble du territoire, obtenu à Rome, sous l’égide de la communauté Sant’Egidio n’a-t-il pas volé en éclat ? Il ne fait aucun doute. C’est une réalité car, moins de 24 heures après cette signature d’accord de cessez-le-feu, on s’est retrouvé  face à un rebondissement de regain de violences inouïes, bestiales, inhumaines, indignes. Certaines personnalités ont beau salué ledit accord. Mais à l’allure où vont les choses, il serait difficile de croire que cet accord soit appliqué à la lettre. La libre circulation des personnes et des biens, la levée des barrières illégales érigées çà et là par les groupes armés, ne sont qu’un opium pour endormir les Centrafricains. Car, combien d’accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités ont été signés et ne sont jamais respectés ? De Brazzaville à Ndjamena, en passant par Libreville et le Forum National de Bangui, des documents similaires ont été signés. Où en sommes-nous avec leur mise en application ? Chaque jour qui passe, ce sont des têtes qui tombent, des maisons et villages incendiés, des édifices publics et privés, ainsi que des locaux des ONG humanitaires pillés, détruits. Les cris de détresse, de lamentation montent de partout. Les Casques Bleus de la Minusca et le gouvernement sont appelés au secours, sans succès.

Mieux vaut utiliser la force pour dissuader les rebelles car les accords de cessez-le-feu, les dialogues, les villes sans armes et sans groupes armés, n’ont rien apporté de nouveau dans le vécu des Centrafricains. Au contraire, ces accords signés ça et là qui ont déjà formé une montagne comme le mont Kilimandjaro ou Himalaya, ne font qu’encourager les rebelles à commettre  plus d’exactions sur les populations civiles sans défense. Qui peut lever le petit doigt pour nous démentir ? « Aux grands maux, de grands remèdes ». Sinon, dans quelques mois, les populations de l’arrière-pays seront décimées par les groupes armés.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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