DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES : 21/10/2016

Vendredi 21 Octobre 2016 : 13h13

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

 

L’OCDH EXIGE UNE ENQUETE INTERNATIONALE SUR LES VIOLENCES DE KAGA-BANDORO

L’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH) demande l’ouverture d’une enquête internationale neutre afin de déterminer la responsabilité sur les graves violations des droits de l’homme commises à Kaga-Bandoro. L’annonce a été faite ce matin au cours d’une conférence de presse.

Les organisations de défense des Droits humains en Centrafrique ne sont pas restées impassibles devant les violences sur la population et ont décidé de demander l’ouverture d’une enquête internationale.

Suite aux derniers événements survenus dans la ville de Kaga-Bandoro, le mercredi 12 octobre 2016 ainsi que les villes de Bambari, Kouango, Ngakobo et Koui, où des graves atteintes aux Droits de l’Homme ont été perpétrées par les groupes armés sur la population civile, le bureau exécutif de l’OCDH est monté au créneau.

Maître Mathias Barthélemy Morouba, président du bureau exécutif de l’OCDH, s’est dit indigné « de la passivité des troupes de la Minusca dont le mandat est de sécuriser et de protéger les populations civiles, mais ne l’a pas exécuté dans le fait en raison de leur inaction et connivence avec les groupes armés ».

« L’OCDH, s’indigne de la passivité des troupes de la Minusca pour prévenir des violences et pour l’obligation qu’elles ont de protéger les populations civiles, demande instamment, l’ouverture d’une enquête internationale neutre afin de déterminer la responsabilité des unes et des autres », a déclaré Me. Morouba.

L’observatoire qui a condamné les violences qu’il a qualifié d’ « actes criminels, attentatoires aux Droits de l’Homme », se propose de se constituer en partie civile afin de défendre les victimes et les ayants droits devant les instances judiciaires compétentes en appelant les responsables judiciaires de poursuivre les auteurs de ces crimes.

« L’OCDH appelle le Gouvernement à prendre sa responsabilité dans la sécurisation des populations en recherchant et poursuivant les auteurs ou co-auteurs de ces actes ignobles devant la justice ».

Me Morouba a aussi saisi cette opportunité pour appeler la population centrafricaine « à être vigilante quant à l’enlisement de la violence auxquelles les ennemis de la paix veulent l’amener ».

La déclaration de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme intervient au même moment où une partie de la société civile a lancé une pétition pour le retrait des troupes de la Minusca.

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UNE PETITION DE LA SOCIETE CIVILE EN CIRCULATION POUR DEMANDER LE DEPART DE LA MINUSCA

Le Groupe de Travail de la Société Civile a lancé une pétition ce mercredi 19 octobre. Il demande le départ de la Minusca. Les raisons de cette requête sont la passivité et l’inefficacité de la Mission Onusienne en Centrafrique face aux violences et attaques des sites des déplacés.

Plusieurs personnes ont afflué ce matin au carrefour des Martyrs afin de connaitre le contenu de cette pétition. D’autres organes de la société civile étaient aussi présents pour soutenir l’initiative du GTSC, qui est « le retrait de la Minusca de Centrafrique ».

Kennédie Arkate Rédjiouaka, un membre de la société civile, fixe le délai de la réclamation. « Notre motivation pour cette pétition c’est de voir la Centrafrique retrouver sa sérénité. Plusieurs violations ont été perpétrées par des groupes armés en présence de la Minusca, sans aucune répression de ces derniers », a-t-il fait remarquer.

Selon lui, la Minusca a manqué à ses missions et est complice des mouvements armés, « nous avons constaté qu’une connivence s’effectue avec les ex-Séléka. Nous suggérons le retrait pur et simple de la Minusca de Centrafrique et la levée de l’embargo sur les armes en vue de réarmer nos forces nationales », a-t-il ajouté avant d’annoncer qu’« une ville morte sera observée après les six jours de pétition, c’est-à-dire lundi 24 octobre », dit-il.

Un jeune rencontré sur les lieux se dit fier de signer la pétition, parce qu’il a constaté que la crise perdure malgré la présence de la Minusca en Centrafrique, « il y a une complicité entre les forces onusiennes et les ex-Séléka. Je m’aligne pour le départ de la Minusca. Ils sont là pour des affaires plutôt que secourir les centrafricains en situation difficile et sans son armé. C’est vraiment une non-assistance à une personne en danger », relève-t-il.

Cette pétition coïncide avec la demande de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme d’ouvrir une enquête internationale sur le regain de violences.

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« C’EST UNE TRAGEDIE ENORME LA SITUATION A KAGA-BANDORO », SELON LE COORDONNATEUR HUMANITAIRE EN CENTRAFRIQUE

La situation de Kaga-Bandoro continue d’indigner l’opinion. Fabrizio Hochschild  Coordonnateur Humanitaire en Centrafrique a dans l’interview qu’il a accordée au RJDH, qualifié la situation humanitaire à Kaga-Bandoro d’énorme tragédie.

Dans cet entretien, Fabrizio Hochschild Coordonnateur Humanitaire en Centrafrique a souligné que la dernière montée des violences dans cette localité a rendue la situation beaucoup plus grave : « C’est beaucoup plus pire que préoccupante, c’est une énorme tragédie la situation à Kaga-Bandoro ». Il a déploré que « les opérations humanitaires aient été réduites avec les derniers évènements de Kaga-Bandoro au mois de septembre. Mais  cette situation s’est aggravée depuis le 12 octobre où la population déplacée à été attaquée ».

Sur le bilan du drame, « trente trois personnes (33) ont été massacrées, 95% du personnel humanitaire local a souffert d’un acte de pillages, agression et l’assassinat d’un collègue du CICR dans ces violences, ce qui laisse aucun espace humanitaire avec de grave conséquence pour les victimes d’avant et les nouvelles victimes. Entre 10.000 et 15.000 personnes se sont déplacées vers la Minusca à la recherche de la protection », a indiqué le Coordonnateur.

Selon Fabrizio Hochschild, «les ONG présentes à Kaga-Bandoro ne se sont complètement retirées, la plupart ont réduit le nombre de leur personnel. Ils vont revenir avec  le rétablissement de la sécurité ».

Poursuivant, il a annoncé  que des dispositifs d’urgence ont été prises, notamment « les distributions en vivres aux victimes et autres matériels ont démarré, y compris les victimes des inondations car en plus de ces conflits, 3.200 personnes avaient perdu leurs maisons suite aux pluies diluviennes ».

Sur la prise en charge médicale des déplacés, Fabrizio Hochschild a aussi annoncé que « les services de santé vont reprendre avec deux sites de santé pour la population, car l’hôpital a dû être fermé suite aux pillages et c’est triste ». Il a condamné le vandalisme du matériel sanitaire en déclarant que « cela montre que les groupes armées n’ont aucun respect pour l’humanité ».

Par ailleurs, l’assainissement de la ville et son approvisionnement en eau potable sont la troisième priorité de l’action humanitaire à Kaga-Bandoro « avec une aide en abris surtout le nouveau site de ces déplacés », a précisé Fabrizio Hochschild, Coordonnateur humanitaire.

Le Coordonnateur humanitaire a interpellé les acteurs du conflit au  respect du droit international humanitaire.

***** RJDH *****

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