DEBY NE PARTIRA-T-IL PAS COMME BOZIZE ET FEU P...?

Jeudi 08 Fév. 2018 : 09H07

LE TCHAD CONFRONTE AUX REMOUS SOCIAUX : IDRISS DEBY ITNO NE PARTIRA-T-IL PAS COMME FRANCOIS BOZIZE ET FEU ANGE FELIX PATASSE ?

Idris deby 4Boz 1Depuis quelques jours, le Tchad, super puissance d’Afrique centrale aux pieds d’argile, est confronté aux remous sociaux. Les grèves se multiplient à n’en point finir. Enclenchées par la centrale syndicale du pays dans les secteurs publics, elles viennent de gagner les privés.

Pour votre gouverne, après la chute vertigineuse du prix de baril du pétrole qui a affecté dangereusement l’économie tchadienne, le gouvernement avait décidé de revoir à la baisse les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat à compter du mois de janvier 2018. A la fin du mois de janvier, lorsque ces derniers ont perçu leurs dus, ils se sont rendu compte que les indemnités et autres primes qui figuraient sur leurs salaires ont été supprimés par le gouvernement tchadien. Le gouvernement envisagerait de réduire de moitié les émoluments des fonctionnaires et agents de l’Etat. Ayant mal digéré cette mesure d’austérité, ces derniers ont entamé une grève illimitée. Aujourd’hui, presque toutes les administrations publiques tchadiennes sont paralysées.

Ne pouvant rester en marge de ces contestations, les centrales syndicales des secteurs privés sont entrées aussi en grève de deux (2) jours à compter de ce mercredi 07 février 2018 pour soutenir leurs camarades du secteur public. C’est autant dire que les grognes sociales se sont généralisées. Et la rédaction de Centrafric Matin s’interroge : Idriss Deby Itno ne partira-t-il pas comme le déchu président général François Bozizé Yangouvonda et feu président Ange Félix Patassé ? 

Il est trop tôt de le dire. Mais les remous sociaux qui s’étendent petit à petit aux secteurs économiques du pays risquent de porter un coup dur au régime Deby. Car vous êtes sans ignorer que ce sont les grèves, les manifestations, les marches pacifiques qui ont permis à Bozizé de renverser feu Ange Félix Patassé par le soutien du pouvoir central de Ndjamena. C’était encore ce régime Deby qui a volé au secours de la coalition Séléka afin de mettre fin au règne de Bozizé, le 24 mars 2013. Car les combattants Séléka, majoritairement originaires de la région du Nord avaient accusé Bozizé d’être à l’origine de la marginalisation de leur région. Le pouvoir de Ndjamena avait profité de ces remous sociaux pour déstabiliser la RCA de feu Barthelemy Boganda.

Aujourd’hui, c’est le Tchad qui fait face aux grognes sociales. Ndjamena, la capitale tchadienne est paralysée. Les fonctionnaires et agents de l’Etat sont sur leurs dents. Si la société civile et les partis politiques rentreraient dans la danse, quel sort sera réservé au président Deby ? Les beaux jours, les périodes de vache grasse où coulent le lait et le miel se comptent le plus souvent sur les bouts des doigts. Ces jours ne sont pas pour une durée indéterminée et ne pourront s’étendre à l’éternité. En principe, pendant cette période, le gouvernement tchadien devrait faire des économies, en d’autres termes, épargner suffisamment de l’argent pour pallier aux éventuelles grognes sociales. Malheureusement, Deby s’est contenté d’acheter des tonnes et des tonnes d’armes de tout calibre, de munitions et autres engins militaires pour préserver son fauteuil présidentiel et être la super puissance militaire d’Afrique centrale. En outre, avec cette armada militaire, Idriss Deby Itno s’est contenté de déstabiliser la RCA et d’être sur tous les fronts dans les opérations militaires en Afrique. Ce même Tchad de Deby lutte contre Boko-Haram qui sévit au Nigéria, au Cameroun, au Niger. Le Tchad est présent au Mali pour lutter contre les terroristes au Sahel.

Idriss Deby a foulé aux pieds les volets social, économique, et nous en passons. Les conséquences sont ce qu’il vit aujourd’hui. Les grognes sociales sont très dangereuses pour un régime. L’ex-président tunisien, Ben Ali, a quitté son pouvoir en catastrophe à cause de celles-ci. Il en est de même pour l’ancien président burkinabé, Blaise Compaoré. Les cas sont nombreux et nous ne pouvons les énumérer tous au risque d’écrire un roman. C’est le début de la fin.

La République Centrafricaine est tombée aujourd’hui plus bas que terre à cause de Deby qui est toujours prêt à s’immiscer  dans les affaires intérieures de ce pays. Ange Félix Patassé, paix à son âme et François Bozizé Yangouvonda ont perdu leur fauteuil présidentiel à cause de lui. Il passera par ce même chemin car un adage dit, « tout se paie ici bas ». Les remous sociaux aidant, Deby a fait partir les deux (2) ex-présidents centrafricains cités ci-haut. Il en sera de même pour lui.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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