DEBAT FRANC ET DIRECT ENTRE ADAMA D.

Mardi 10.10.2017 : 09H43

DEBAT FRANC ET DIRECT ENTRE ADAMA DIENG, CONSEILLER SPECIAL ET LES MEDIAS NATIONAUX SUR LA CRISE CENTRAFRICAINE

Le Conseiller Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en charge de la prévention du génocide, a eu un débat franc et direct avec les médias nationaux, ce lundi 09 octobre 2017 à 08 heures 30 minutes à la base logistique de la Minusca. Il faut rappeler que dans un passé récent, un haut responsable des Nations Unies a sorti le mot qui donne la sueur froide, « le pré-génocide » en Centrafrique. Cette alerte a motivé le déplacement de monsieur Adama Dieng, responsable de la prévention du génocide au sein des Nations Unies. Le président Touadéra, lors de la dernière session du Conseil de Sécurité, à New York, a estimé que le terme de pré-génocide était trop fort. Touadéra a parfaitement raison, car certaines perceptions de la crise centrafricaine sont outrées et n’existent que dans la tête des hauts responsables des Nations Unies.

Le Km 5 illustre parfaitement nos propos. Il n’y a pas en Centrafrique une crise religieuse, sauf que bien des gens au sein des Nations Unies sont des musulmans et ne font aucun effort d’analyse objective. Bozizé et les Anti-Balaka ne constituent pas le peuple centrafricain. Depuis que les musulmans du Km 5 ont compris qu’on ne répond pas au coup de pied de l’âne, le Km5 est calme, les affaires marchent, chrétiens et musulmans constituent la cible privilégiée de Bozizé et son clan. Que ce soit à Gambo, Mobaye, Alindao, Bangassou, Bria, Kaga-Bandoro, Kabo, Ngaoundaye, Markounda, Bocaranga, Koui, ce sont les Anti-Balaka de Bozizé qui provoquent les groupes armés de tendance musulmane. Dès qu’ils mettent le feu aux poudres, ils prennent leurs jambes au cou en direction de Bangui et exposent la population civile à la foudre des représailles des 3R, soit FPRC, MPC, soit UPC et autres. Ces différents groupes armés qui composent l’ex-Séléka n’ont pas encore compris qu’ils sont manipulés par les Anti-Balaka.

S’il y a une guerre confessionnelle, religieuse en Centrafrique, les Centrafricains n’iront jamais massivement acheter des marchandises au Km 5. C’est Bozizé et ses partisans qui activent la haine contre les musulmans et non la population comme on veut le faire croire. Si les Nations Unies sont sincères avec elles-mêmes et veulent réellement aider les Centrafricains à restaurer la paix, c’est Bozizé qu’il faut traduire en justice, car tout crime contre un groupe pour ce qu’il est, constitue un crime grave en droit international. Le schéma est classique depuis Bangui au Km 5, à Boda, à Damara, Alindao, Mobaye, Gambo, Bangassou, Bria, Kaga-Bandoro, Kabo, Batangafo, Markounda, Ngaoundaye, Koui et récemment Bocaranga. Ce sont les populations civiles innocentes qui paient les pots cassés après les provocations des Anti-Balaka proches de Bozizé. La Minusca est bien au courant de cette mésaventure de Bozizé et ses partisans. Malheureusement c’est la posture des musulmans qui les préoccupe et non la source du conflit.

A compter de ce jour, nous espérons que monsieur Adama Dieng a eu les informations claires et nettes pour percer le furoncle centrafricain. Il n’y a pas et il n’y aura pas de crise religieuse en RCA. Les Centrafricains sont les fils de « Zo Kwé Zo » (un être humain est un être humain), selon la philosophie du Père Fondateur de la RCA, Barthélemy Boganda, paix à son âme. Les musulmans comme cibles de Bozizé et les Anti-Balaka, c’est le nœud du problème et c’est là qu’il faut un traitement de choc pour arrêter la spirale de la violence. Une crise qui n’a pas d’objectif, ne mérite pas d’être pérennisée. Bozizé est chassé du pouvoir par la coalition Séléka. La Séléka a pris le pouvoir sous les acclamations nourries du peuple centrafricain. Malheureusement, les crimes crapuleux et gratuits ont poussé la CEEAC à éjecter Djotodia du pouvoir. Les ex-Séléka doivent s’en prendre à eux-mêmes. Aujourd’hui, ils se sont mis la corde au cou en persévérant dans la violence aveugle. Quel que soit le temps que cela prendra, la justice finira par les rattraper. Hissène Habré a été jugé après 21 ans. Pinoché a été jugé après plus de 20 ans. Les Nazis continuent d’être traqués. Les génocidaires rwandais ont été poursuivis. L’amnistie n’a aucun sens puisque la Cour Pénale Spéciale (CPS) est au-dessus des Tribunaux Nationaux.

La CPS aura sous ses pieds la justice transitionnelle pour les fretins criminels. Anti-Balaka et Séléka réunis font plus de dix mille (10.000), voire vingt mille (20.000) criminels et bandits de grand chemin. L’exemple des gatcha-tcha au Rwanda est largement édifiant pour les Centrafricains. Une information qui nous soulage, c’est d’entendre monsieur Adama Dieng dire qu’il faut renforcer les moyens de la justice (CPS) pour que le droit s’impose dans toute sa rigueur.

Quant à l’embargo, il est resté évasif, renvoyant les Centrafricains au Conseil de Sécurité seul habilité à lever cette mesure. Certains confrères ont mis à nu les tares, les insuffisances de la Minusca qui joue souvent aux pompiers après l’incendie. Nous attendons le round de la conférence de presse et très prochainement l’arrivée du n°1 des Nations Unies monsieur Antonio Guterres. Nouvelle personnalité, nouvelle vision, nouvelle stratégie au sein des Nations Unies, et à bientôt.

Julien BELA

 

 

 

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