DE QUEL DIALOGUE POLITIQUE FRANÇOIS BOZIZE-YANGOUVONDA ....

Vendredi 09 Décembre 2016 : 09H15

DE QUEL DIALOGUE POLITIQUE FRANÇOIS BOZIZE-YANGOUVONDA RECLAME-T-IL AUX NOUVELLES AUTORITES ?

Boz

François Bozizé-Yangouvonda, ancien président de la République Centrafricaine, déchu par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko, le 24 mars 2013, depuis son exil doré à Kampala, en Ouganda, dans un mémorandum où il a apposé son auguste signature, au nom du KNK, réclame la tenue d’un « Dialogue Politique Inclusif » comme une issue de sortie de crise en Centrafrique et le retour de la paix. Et la rédaction de « Centrafric-Matin » s’interroge ainsi : de quel Dialogue Politique Inclusif (DPI) François Bozizé réclame-t-il des nouvelles autorités du pays et qu’il considère comme la condition sine qua non pour le retour définitif de la paix en Centrafrique ? François Bozizé peut-il se permettre le luxe de faire une telle proposition ?

Vraiment, c’est lorsqu’un ancien président centrafricain n’est plus à la commande de l’Etat qu’il reconnait sa faute ou regrette amèrement les actes qu’il avait  posés. Si nos mémoires sont bonnes, sous le régime de François Bozizé, un Dialogue Politique Inclusif s’est déroulé à Bangui en 2008. Feu Président Ange-Félix Patassé qui avait été renversé par Bozizé en 2003, avait toutes les peines du  monde pour venir à Bangui prendre part à ce dialogue. Tout simplement parce que Bozizé ne voulait pas le sentir. C’était grâce à  d’intenses médiations menées auprès de Bozizé que ce dernier a fini par accepter la venue du feu président Patassé qui était en exil à Lomé, au Togo. Le DPI  a eu lieu. Les participants à cette assise nationale ont fait des recommandations, écrites noir sur blanc. Bozizé a eu le document dans lequel les recommandations figuraient en  bonne place. Et celles-ci devaient être exécutées à la lettre par le régime Bozizé. A-t-il vraiment appliqué les recommandations du DPI de 2008 ? Car le déclenchement de la crise centrafricaine par la nébuleuse coalition Séléka le 10 décembre 2012 à Ndélé et la prise du pouvoir le 24 mars 2013, est la conséquence directe du non application des recommandations du DPI. Bozizé, ses parents, ses amis et les partisans du KNK qui étaient proches de lui, ne peuvent nous démentir à ce sujet. Nous osons croire aujourd’hui que ces recommandations restent et demeurent dans les placards au Palais de la Renaissance, à moins que dans la furie des combattants de la Séléka, ils les ont détruites.

Aujourd’hui encore, ce même Bozizé qui a foulé aux pieds les résolutions du DPI, revient au galop pour demander la tenue d’un nouveau DPI. N’a-t-il pas honte de faire une telle réclamation, alors que de 2008 à 2013, il avait toute la possibilité de mettre à exécution toutes ces recommandations ? Qu’est ce qui l’avait empêché de les mettre à exécution ? Aucunement rien. C’était tout juste sa mauvaise volonté et il a tiré les conséquences. Tout se passe comme si les gens, quand ils sont au pouvoir, ils ne voient plus, n’entendent plus les cris de détresse de la population. Mais lorsqu’ils sont détrônés, c’est en ce moment  précis qu’ils reconnaissent leurs fautes, alors qu’il est déjà trop tard. Ceux qui disent au président, « Tout va bien » disparaissent comme une traînée de poudre pendant que ce dernier est chassé du fauteuil présidentiel. Et ces mêmes personnes se rangent encore derrière le nouveau président. Si François Bozizé  avait écouté les uns et les  autres et s’il avait mis en pratique les recommandations du DPI, devrions-nous être dans l’état où nous sommes ? Doit-il être en exil chez Yoweri Museveni en Ouganda ? Si Bozizé veut rentrer en Centrafrique, qu’il ne cherche pas des boucs émissaires.

Trop de DPI, tuent les DPI. La RCA est par terre, il faut la relever. Mais si  nous prenons tous nos temps à organiser que des DPI qui accouchent souvent d’une souris, quel sera l’avenir de la jeunesse centrafricaine ? Car n’oubliez pas que ce genre de rencontre demande beaucoup d’argent. Les 1.130 milliards de francs CFA, promis à Bruxelles par les bailleurs de fonds, doivent servir à reconstruire le pays et non à  être bouffés par des dinosaures, des vieux crocos qui ont des dents rouges et qui veulent toujours s’enrichir sur le dos des jeunes. Ce temps est révolu.

Du 04 au 11 mai 2015, sous le régime transitionnel de Catherine Samba-Panza, le Forum National de Bangui (FNB) s’est tenu. Il a drainé beaucoup de Centrafricains, venus des quatre (4) coins du pays et de l’extérieur. Les participants à ce FNB ont débattu de tous les maux qui gangrènent notre pays. Toutes les recommandations du DPI de 2008 figuraient en bonne place dans celles de FNB. Alors, pourquoi Bozizé réclame encore un nouveau DPI qui sera une perte de temps ? Ne faille-t-il pas mettre en œuvre celles du FNB pour que les Centrafricains aient le cœur net ? Ce n’est pas le DPI qui intéresse les Centrafricains de nos jours. Ils réclament pour leur part, l’application stricte de ces différentes recommandations issues des DPI, du FNB et que savons-nous encore ? Le magistrat Joseph Bindoumi est bien placé pour nous dire exactement là où nous en sommes avec l’application des résolutions du FNB , puisqu’il est le président du Comité de Suivi du Forum National de Bangui (CSFNB).

Ne nous voilons pas la face. François  Bozizé ne doit pas tergiverser aujourd’hui. Ce que nous lui demandons de faire, c’est de dire aux groupes armés de cesser les exactions, les affrontements quasi-quotidiens qui ne permettent pas aux nouvelles autorités  de mettre en œuvre leur politique de développement du pays. Car, depuis Kampala, François Bozizé avait été accusé de manipuler les groupes armés pour que cette crise ne s’arrête pas. Aujourd’hui, les Anti-Balaka se sont alignés sur le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Seule la branche Anti-Balaka de Mokom, proche de Bozizé, s’agite aujourd’hui. Ils ne représentent rien, ne pèsent même pas un gramme dans la balance. Donc, les amis de Bozizé l’ont relâché parce qu’ils  comptaient sur eux pour revenir à Bangui. Ne sachant quoi faire, il réclame la tenue du DPI pour lui permettre de fouler le sol centrafricain, car s’il a lieu, il doit absolument être un participant. Bozizé doit demander pardon aux Centrafricains au lieu de les rouler dans la boue pour un soi-disant Dialogue Politique Inclusif.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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