DE LA SINCERITE DES GROUPES ARMES : ...

Mardi 04.07.22017 : 09H48

DE LA SINCERITE DES GROUPES ARMES : ENTRE LA PAROLE ET LES ACTES SUR LE TERRAIN, UN GOUFFRE

Coordination des groupes armesQuelques groupes armés, environ trois (3) ou quatre (4), font preuve de duplicité de double langage, d’hypocrisie, de fourberie, à l’endroit du peuple centrafricain. Et pourtant, tous les groupes armés semblent s’apitoyer sur le sort de la population civile, victime et otage en même temps depuis presque cinq (05) ans. Les Accords ne se comptent plus. Les cessez-le-feu se succèdent et se ressemblent, sans bouger d’un iota. Le dernier cas en date est l’Accord de Sant’ Egidio à Rome où les 13 groupes armés étaient présents et ont apposé leur signature au bas de ce document. Pendant que les 14 groupes armés animent conjointement une conférence de presse au restaurant Kanakou à Bangui pour affirmer leur engagement, un groupe armé de la Séléka attaque le site des déplacés à Kaga-Bandoro, proche du camp de la Minusca. Les Casques bleus ont pu les repousser. Dans l’intervalle, il y a des victimes, des morts et des blessés.

La question de la sincérité de certains groupes armés, a été soulevé lors de cette conférence de presse. Dans le sillage de l’Accord politique de Rome, il est question de la grâce présidentielle. Cette mesure ne peut s’appliquer qu’à ceux qui traduisent leur parole en acte concret sur le terrain, à l’exemple du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ), basé à Birao. Ce groupe armé s’est rangé très tôt pour la paix et ce, au lendemain des élections jusqu’à ce jour. Ce sont des patriotes convaincus qui mesurent le degré de souffrance de la population civile, sans arme, ni défense. Le fait de prendre pour cible un site des déplacés, montre à suffisance que ce sont les ennemis de la paix et du peuple centrafricain. Kaga-Bandoro est contrôlée par le FPRC et le MPC, alors que leurs représentants ont signé cet Accord politique de Rome. Un menteur n’est jamais cru même quand il dit la vérité et c’est ce que nous observons avec l’UPC, le FPRC, le MPC et une frange des Anti-Balaka proche de Bozizé.

Avant le désarmement, les groupes armés sont entrain de réfléchir sur la mutualisation de toutes les forces, pour mettre hors d’état de nuire, les petits groupes informels qui se sont constitués dans les villages. Les armes peuvent s’acheter comme des bouts de pain dans nos provinces. Des groupes de braqueurs se sont formés et opèrent dans l’ombre des groupes armés. Les vols de bétail leur permettent de mener leur business de sang. Qui est qui, qui fait quoi, il est difficile de le savoir, tant certains groupes armés continuent de semer la mort et la désolation. Ce qu’ils ignorent, c’est que la Cour Pénale Spéciale est déjà opérationnelle et qu’elle commence à examiner les différents rapports des Nations Unies, des ONG humanitaires nationales et internationales, ainsi que ceux des différents gouvernements de transition, Djotodia, Samba-Panza à ce jour. Le régime Djotodia et le CNT ont saisi la Cour Pénale Internationale (CPI). C’est autant dire que la volonté de rendre justice aux victimes, s’est exprimée depuis le lendemain de la chute de Bozizé. Le Forum National de Bangui n’a fait que formaliser cette attente, à travers la Consultation Populaire à la Base. Les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ont exprimé leur soif de justice. La Cour Pénale Spéciale est déjà au pied du mur. Les choses sérieuses ont déjà commencé. La force brutale et aveugle va bientôt changer de camp.

Certains responsables des groupes armés ont été ministres de la République. Leur salaire et tous les avantages liés à la fonction de ministre, proviennent de la sueur du peuple centrafricain. Et pourtant avec le titre de ministre, ils sont repartis au maquis, renouant avec leur vieil amour, pour tuer, détruire, incendier. Certains servent d’instruments de manipulation entre les mains des hommes politiques véreux. Les groupes armés se réservent le droit de les dévoiler au grand jour et cela ne saurait durer trop longtemps. Comme le disait un membre des groupes armés, nous ne serons pas seuls, nous serons avec les hommes politiques en prison, c’est pourquoi il faut faire l’extension de Ngarangba. L’heure de la justice a donc sonné en Centrafrique où chacun doit rendre compte de ses agissements, de ses crimes de viols, des incendies et des destructions des écoles, des hôpitaux et des bâtiments administratifs et autres. Les victimes attendent de pieds fermes.

Selon le ministre Tchadien de la Justice, il y a une coopération judiciaire entre le Tchad et la RCA. Il est donc superflu de s’enfuir au Tchad. Il en sera de même au Cameroun. Beaucoup de chauffeurs camerounais ont été froidement abattus sur le corridor Bangui-Douala, notamment au PK 12. Quant aux deux Congo, il n’y a aucune chance pour les criminels d’y trouver refuge. Ce n’est plus un secret, l’étau se resserre peu à peu autour des « hommes forts » de la rébellion. Quelle que soit la durée des crimes, des massacres, des carnages, des incendies des villages, la justice apparaîtra et c’est désormais chose faite. La Minusca a dès à présent une lourde mission pour traquer les bourreaux du peuple centrafricain, les seigneurs de guerre, les vampires, les zombies, les créatures de l’enfer. L’hyper-suprématie des armes cèdera sa place à la justice implacable. Le droit est aveugle et ne voit ni le rang social, le grade, ni la taille,  la gabarie. Comme le disait le président Obama, « il faut des institutions fortes et non des hommes forts ». La RCA s’est dotée d’une institution judiciaire forte, solide qui nous rappelle l’un des grands procès de l’histoire de la RCA : le Procès de l’ex-empereur Bokassa 1er. C’est la justice centrafricaine qui l’a jugé, à plus forte raison des malfrats, des tueurs.

 

Julien BELA

 


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