DDRR : SIDIKI, DARASSA ET LES ANTI-BALAKA, ...

Jeudi 11.05.2017.

DDRR : SIDIKI, DARASSA ET LES ANTI-BALAKA, NE ROULENT-ILS PAS LE GOUVERNEMENT ET LA MINUSCA DANS LA FARINE ?

Lorsqu’on adhère à un processus de la paix, on doit immédiatement renoncer aux actes de violence. Les quatorze (14) groupes armés ont bel et bien adhéré au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Nous avons  espéré que dorénavant, la population qui souffre peut espérer à la sécurité et à la paix afin de vaquer librement à ses occupations quotidiennes. Mais l’attitude de certains groupes armées démontre à suffisance que la souffrance de la population est encore loin de voir le bout du tunnel.

Nous assistons ces derniers temps à la montée en puissance de la violence qui compromet dangereusement les efforts déployés par les autorités du pays et la communauté internationale, pour ramener la sécurité et la paix sur toute l’étendue du territoire national. Sidiki et ses éléments du mouvement 3 R, bien qu’ ayant adhéré au processus DDRR, sont en perpétuelle conquête de toute la région de l’Ouham-Péndé. Après Koui, Bocaranga, Ngaoundaï, la commune de Niem-Nyélowa, située dans la préfecture de la Nana-Mambéré, vient d’être envahie, il y a de cela quelques jours par les éléments de Sidiki, après de violents combats qui les ont opposés aux milices Anti-Balaka. Le bilan est lourd puisqu’il y a eu des morts, des blessés, des maisons incendiées et de nombreuses personnes déplacées. Malgré l’ultimatum lancé par la Minusca, le porte-parole des 3 R a affirmé qu’ils vont mourir en martyrs. Les Anti-Balaka qui s’affrontent avec les éléments de Sidiki, d’après nos informations, sont des hommes de Maxime Mokom. Alors que celui-ci a également adhéré au programme DDRR.

C’est le même cas de figure dans les régions de la Ouaka, Basse-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou, théâtres des affrontements meurtriers entre les éléments du Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam et l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), dirigée par Ali Darassa d’un côté, les Anti-Balaka et l’UPC de l’autre. Or, l’UPC et le FPRC ont leurs représentants au sein du Comité Consultatif et de Suivi du DDRR. Est-ce réellement pour la paix que Sidiki, Darassa, Nourredine et certaines branches des Anti-Balaka ont adhéré au programme DDRR ? Si oui, pourquoi continuer de prendre toute la population en otage ? Mais sans pour autant nous voiler la face, nous disons que ces groupes armés sont entrain de rouler le gouvernement et la Minusca dans la farine.

On ne peut jamais faire la paix tout en continuant de tuer, piller, incendier et violer. Faut-il dans ce cas d’espèce continuer de dialoguer avec ces groupes armés récalcitrants ? C’est la seule problématique qui se pose ave tant d’acuité. Mais à l’allure où vont actuellement les choses, la Minusca et le gouvernement doivent changer de stratégies, pour ne pas dire changer de fusil d’épaule afin de réduire la présence et la menace de ces groupes armés et calmer la souffrance des populations.

Depuis la date du 24 mars 2013 à ce jour, la souffrance des populations a débordé le vase. La Minusca ne peut pas continuer de jouer avec la vie de toute la population centrafricaine. Le chapitre sept (7) de la résolution 2301 du Conseil de Sécurité des Nations Unies est clair et précis. En cas d’entêtement, l’utilisation de la force est permise pour réduire la présence et la menace des groupes armés. « Quand on s’amuse avec le feu, on finira par être brûlé », dit-on. En caressant des criminels dans le sens du poils, la Minusca a récolté ce qu’elle a semé. Les Casques Bleus sont devenus la cible des groupes armés. Le cas d’attaque perpétré à l’endroit des soldats onusiens dans le Mbomou avec des morts, des blessés et un (01) disparu, en est une parfaite illustration. Quatre (04) ans de souffrance, n’est-ce pas un peu trop ?

 

Bénistant MBALLA

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