CRIS DE DETRESSE DES POPULATIONS DE BRIA, ALINDAO,

Vendredi 02.06.2017 : 10H27

CRIS DE DETRESSE DES POPULATIONS DE BRIA, ALINDAO, BANGASSOU APRES LES EVENEMENTS DOULOUREUX : SERONT-ELLES ENTENDUES ?

La RCA de feu président fondateur Barthélemy Boganda, paix à son âme, est replongée depuis le mois de mai 2017 dans la recrudescence des violences inouïes, bestiales, inhumaines, dignes des hommes du Moyen âge. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, on ne fait que parler des affrontements qui opposent le plus souvent les combattants de l’UPC de Ali Daras aux éléments d’autodéfense qui sont considérés par les uns et les autres comme des Anti-Balaka. C’est le cas des villes d’Alindao, de Niem-Nyélowa, de Bria et récemment de Mobaye. Parfois, les groupes armés s’en prennent aux Casques Bleus et aux populations civiles. C’est ce qui s’est passé dans la ville de Bangassou où la communauté musulmane est prise pour cible.

Force est malheureusement de constater que ce sont les populations civiles innocentes qui paient le plus lourd tribut de ces affrontements intergroupes armés depuis que la crise centrafricaine a pris une autre tournure. Les Casques Bleus de la Minusca ne sont pas eux aussi, épargnés. Et face à la persistance de la crise, des cris de détresse s’élèvent un peu partout.

A Bria, les habitants déplorent leurs conditions de vie qui se dégradent de jour en jour. Ils appellent le gouvernement et la Minusca à désarmer les rebelles afin qu’ils regagnent leurs maisons et vaquent librement à leurs occupations habituelles. Les enfants, pour leur part, réclament leur éducation qui est bafouée et mise à mal par les combattants rebelles car, après les affrontements qui ont opposé les peulhs tchadiens aux Anti-Balaka, les élèves ne vont plus à l’école et se sont terrés avec leurs parents dans les sites. Cette situation est très alarmante et nécessite des réponses urgentes. Si l’éducation des enfants surtout les filles, est perturbée, c’est l’avenir de toute la nation qui est en danger. Les rebelles doivent entendre les cris de ces enfants et déposer les armes pour faire la paix.

Dans la ville d’Alindao, les déplacés qui se sont entassés comme des sardines dans une boîte de conserve lancent un appel à l’aide alimentaire. Ils manquent de tout. Trouver quelque chose pour mettre sous les dents est un véritable serpent de mer difficile à avaler car tous, leurs biens étaient partis en fumée, suite à la barbarie des hommes de l’UPC qui ont pratiqué une véritable politique de terre brûlée. Ils n’attendent aujourd’hui que le geste du gouvernement et de la Communauté internationale pour ne fusse que, avoir de quoi à survivre en attendant que la situation sécuritaire se normalise.

A Bangassou par contre, une paix, précaire règne. Mais la communauté musulmane éprouve des difficultés à se déplacer d’un lieu à un autre malgré la forte présence des Casques Bleus de la Minusca. Elle lance aussi un cri de détresse à toutes les personnes de bonne foi de leur venir en aide. N’oublions pas que nos compatriotes musulmans du quartier Tokoyo à Bangassou ont perdu aussi tous leurs biens dans les incendies de maisons après les attaques des éléments d’autodéfense de Bangassou.

Suite aux cris de détresse, de lamentations de nos compatriotes dans l’arrière-pays, il est temps pour nous de compatir avec eux. Ne disons plus, « celui-ci est un non musulman, je ne peux pas lui venir en aide en tant que musulman et vice-versa ». C’est absolument aberrant de tenir un tel langage. Nous sommes tous les fils et filles de la République Centrafricaine. Nous devons nous entraider. Si quelqu’un a un morceau de pain, qu’il donne une part à son proche. Si votre frère n’a pas d’habit, donne-lui une chemise ou un pantalon. Cela le soulagera. Dès ce moment-là, il oubliera tout ce qui lui est arrivé et deviendra par la suite ton frère de même père et de même mère.

Pourquoi les musulmans et les non musulmans s’entretuent, alors que la crise centrafricaine n’est pas religieuse ? Pourquoi nous suivons bêtement ces seigneurs de guerre qui n’ont de pitié pour personne, sachant qu’ils tuent les musulmans au même titre que les non musulmans ? Ecoutons les cris de détresse, les lamentations, les gémissements, les pleurs de nos compatriotes qui meurent à petit feu au bout des canons de ces ennemis de la paix. Nos concitoyens s’adressent aujourd’hui au gouvernement et à la Communauté internationale de leur venir en aide. Rien ne nous empêche de contribuer afin de les soulager.

Nous saluons l’idée des ressortissants du Mbomou et de la Basse-Kotto qui ont pris une initiative salutaire et louable. Nous profitons de cette occasion pour lancer un appel aux autres compatriotes de leur emboîter les pas. Aidons les nécessiteux comme font les humanitaires.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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