CONSOMMATION DE DROGUES A CIEL OUVERT A BANGUI :

Lundi 28.08.2017 : 10H39

CONSOMMATION  DE DROGUES A CIEL OUVERT A BANGUI : LA POLICE ET LES DROGUES JOUENT AU CHAT ET A LA SOURIS

Enfant de la rue 1La République Centrafricaine vit une ère d’impunité totale. Pendant que les groupes armés s’activent dans les massacres, les tueries, les incendies de villages entiers, transformant ainsi les villes de l’arrière-pays à une boucherie humaine, la capitale centrafricaine (Bangui) est plongée dans le phénomène de consommation de drogues et autres produits nocifs, développant les actes de grand banditisme de jour comme de nuit.

Il suffit de sillonner les quartiers et arrondissements de Bangui pour comprendre que la République Centrafricaine est l’un des pays des drogués, des criminels, des va-t-en guerre où chacun dicte sa propre loi. Le constat est très amer au Centre-ville de Bangui où sont logées même les grandes institutions de l’Etat (Palais de la Renaissance, Mairie, Tribunal de Grande Instance…), car les drogues sont consommées à ciel ouvert au su et au vu de tout le monde.

Les enfants de la rue, connus sous l’appellation de « godobés » en sango, envahissent le Centre-ville de Bangui et se livrent à la consommation de tramadol, col, chanvre indien, et que savons-nous encore. De nombreux enfants mineurs âgés respectivement de cinq (05) à dix-sept (17) ans préfèrent consommer les drogues de jour comme de nuit et se livrent à des actes barbares : vol des biens des commerçants et commerçantes ainsi que des personnes qui viennent faire leurs achats. Ils sont pleins sur les lieux de stationnement de taxis au Centre-ville pour attendre leur proie. Et à la moindre erreur, vous êtes dépouillés, soit de votre argent ou téléphone portable soit de votre marchandise.

 Les humanitaires et le personnel des Nations-Unies sont les plus visés par ces malfrats quand ils viennent faire leur course au Centre-ville. Pour ces enfants de la rue, cette catégorie de personnes sont des étrangers qui ont beaucoup d’argent. C’est pourquoi, quand leurs véhicules entrent au Centre-ville, c’est la chasse à la sorcière menée par les enfants de la rue contre les propriétaires pour les dépouiller. Il suffit de se positionner devant la banque (BSIC) pour voir comment ces enfants de la rue opèrent sur des personnes.

Les quartiers Combattant, Miskine, Boy-Rabé, Fouh, Gobongo et la liste est non exhaustive, les drogués envahissent la capitale centrafricaine comme des chenilles qui tombent dans la forêt de la Lobaye chaque mois d’Août. Plusieurs conducteurs de taxis-motos en consomment également. Pour certains, « c’est pour trouver la force et mieux travailler. En consommant ces produits nocifs, tu peux travailler à seul pendant toute une journée ». D’autres affirment par ailleurs que, « notre métier est pénible. Lorsque nous conduisons pendant toute la journée, il faut absolument  consommer du tramadol pour éviter les douleurs ».

Or, la consommation abusive de ces produits nocifs est la cause principale des actes de délinquance enregistrés non seulement à Bangui, mais aussi à l’intérieur du pays. Les jeunes qui consomment ces drogues deviennent pour la plupart du temps très agressifs et prêts à se livrer à la barbarie : bagarre avec des armes blanches, braquage à main armée, viol, vol pour ne citer que ces quelques exemples. Les conséquences de cette consommation des stupéfiants par les motards sont les multiples accidents de circulation routière enregistrés ça et là à longueur de journée dans la ville de Bangui et dans les régions du pays. 

Les agents de la gendarmerie et de la police patrouillent dans les quartiers et arrondissements de la ville de Bangui pour lutter contre ceux qui perturbent l’ordre social. Ils sont nombreux à être positionnés au Centre-ville et sur les ronds-points des principaux artères pour contrôler tous les mouvements (personnes, véhicules…). Mais comment expliquer la consommation de drogues qui se développe à ciel ouvert dans toute la ville de Bangui ? Très souvent, on nous laisse croire que ces drogués sont recherchés par la justice. Mais en principe, ce n’est plus le cas.  Dès qu’ils voient le véhicule de la police qui arrive, ils se retranchent dans leurs lieux de cachette que les éléments de la police et de la gendarmerie connaissent mieux que nous. Et une fois que le véhicule parte, ils sortent de leur cachette. Cela s’apparente exactement au jeu du chat et de la souris entre les drogués et la police.

De fois, on nous fait comprendre que ces drogués sont traqués et amenés à l’OCRB pour des procédures d’enquêtes de flagrant délit. Mais la réalité démontre autre chose puisqu’ils sont libérés souvent dans les minutes qui suivent leur arrestation. N’y a-t-il pas complicité des éléments de la police (OCRB) et de la gendarmerie dans les actes que commettent ces malfrats après la consommation de la drogue ? Il ne fait aucun doute. Selon certains enfants de la rue, « les policiers et les gendarmes qui patrouillent au Centre-ville ne pèsent pas un gramme. Même s’ils nous attrapent, il suffit qu’on leur donne un billet de cinq cent (500) FCFA pour qu’ils nous libèrent ». Et d’autres affirment, « ce sont nos collègues car nous consommons ensemble avec eux à des heures tardives ». C’est exactement ce qu’ils ont l’habitude de faire toute une journée dans la ville de Bangui.

Les conducteurs de taxis, bus et ceux des taxis-motos en savent quelque chose quant aux rackets des Forces de Sécurité Intérieure au moment des contrôles de routine sur les artères de Bangui et les barrières sur les principaux axes reliant les préfectures à la capitale. Tout tourne autour de l’argent et non de la protection du pays. C’est de cette manière que les forces de défense et de sécurité ont favorisé l’entrée des pires criminels dans le pays qui n’ont fait que tuer, piller et incendier à n’en point finir. Les milles et un (1001) séminaires des Nations-Unies pour changer la mentalité des policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines (FACA), sont un coup d’épée dans l’eau et donc c’est gaspiller du savon en lavant  la tête d’un singe.

De ce fait, le maire de la ville de Bangui, Emille Gros Raymond Nakombo et le Ministre de la Sécurité Publique, Jean Serge Bokassa doivent doubler d’effort pour mettre en pratique la « rupture » prônée par le Chef de l’Etat.

 

Bénistant MBALLA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×