COMMUNIQUER : UN VERITABLE GOULOT D’ETRANGLEMENT EN RCA

Mardi 28.0.2017 : 09H25

COMMUNIQUER : UN VERITABLE GOULOT D’ETRANGLEMENT EN RCA

 

La communication, d’après le dictionnaire français, Le Robert, est le fait de communiquer, d’établir une relation avec quelqu’un. Et le verbe communiquer signifie, faire connaître quelque chose à quelqu’un.

Mais depuis que l’Oubangui-Chari est devenu République Centrafricaine, la communication n’existe pratiquement pas, ou elle est reléguée au dernier rang. Ce n’est pas une affirmation gratuite. Demandez à un Centrafricain lambda de savoir, qu’est-ce qui se passe réellement aujourd’hui dans la préfecture de la Ouaka ? Il vous dira qu’il ignore tout. Pourquoi ? Tout simplement, parce que ceux qui sont chargés de communiquer, ne font pas leur travail comme il se doit. Bangui, étant calme, la situation sécuritaire dans l’arrière-pays n’émeut personne. Même les militants des partis politiques ne sont pas informés par leurs leaders respectifs sur ce qui se passe réellement. Les responsables de la société civile de leur côté, voguent au gré du vent ou rament à contre courant. Au lieu de communiquer sur les réels problèmes auxquels fait face la RCA, ils tournent au tour du pot. Dans ce cas de piètre figure, comment peut-on régler le différend qui oppose l’UPC à la coalition menée par le FPRC ? Quelles sont les réelles motivations de ses groupes armés ? Tantôt la coalition affirme que Ali Daras et ses éléments sont étrangers, il faut qu’ils quittent la RCA. Tantôt l’UPC accuse cette coalition de la partition du pays. Mais qu’est-ce qui se cache réellement dans ce jeu de ping-pang ? Aucune communication n’est faite à ce sujet. Les professionnels des médias se battent par-ci, par-là, avec des moyens rudimentaires pour communiquer sur un tel ou tel sujet. Quand ils vont parfois chercher des informations dans tel ou tel domaine pour informer le public, ils sont refoulés par ceux qui sont censés communiquer. Quel pays, la République Centrafricaine ?

Et pourtant, il y a un ministère de la communication et de l’information qui existe bel et bien en RCA. Que fait-il réellement ? Communique-t-il sur quel sujet ? Qui informe-t-il ? Difficile de le savoir. Alors que les responsables de la communication et les autorités qui y gravitent savent bien que c’est le déficit de communication qui est à l’origine de plusieurs maux qui gangrènent le pays. Au ministère de la Défense Nationale on nous parle de secrèts défenses. Donc, c’est pour dire que les Centrafricains n’y ont pas accès. La communication reste au niveau de ce département un sujet tabou. Dans d’autres institutions de la République, c’est le secret d’Etat. Là, il faut attendre un siècle pour savoir exactement ce qui s’est passé à une telle époque. Mais sur quoi doit-on communiquer ? Probablement sur le retour de Jésus-Christ car dans les églises chrétiennes, les pasteurs et les prêtres en font parler à longueur de journée. Mais ailleurs, tout est secret, rien que les secrets, alors qu’il est dit, « il n’y a pas de secret dans ce monde ».

Le gouvernement, la société civile, les partis politiques et autres doivent à l’heure actuelle communiquer largement pour éclairer la lanterne des Centrafricains. Car on ne peut pas être dans un pays sans pourtant savoir ce qui s’y passe. A chaque fois qu’il y a un évènement dans le pays, ce sont les ondes étrangères qui communiquent, informent le peuple centrafricain. Est-ce normal ? Les médias nationaux qui, en principe, devraient communiquer largement sur cet évènement, sont foulés aux pieds. Et c’est ce qui a eu lieu lors de l’arrivée de la Directrice Générale du Fonds Monétaire Internationale (FMI) à l’aéroport international Bangui-Mpoko. Les journalistes locaux étaient empêchés de rentrer dans la salle d’honneur de l’aéroport pour recueillir l’information sur la venue de la première personnalité du FMI afin de tenir informer les Centrafricains. C’est vraiment grave, cet état de choses. Si les autres ne veulent pas communiquer, mieux vaut laisser la presse faire son travail que de l’empêcher.

Le monde évolue et la communication a pris une place importante. La communication transversale, du haut vers le bas, de bas vers le haut, est très, très nécessaire, si nous voulons que le pays avance. Mais si nous ne communiquons pas, c’est grave et c’est un danger pour toute la République. Regardez ce qui se passe aujourd’hui. Un individu se lève un petit matin et agit comme bon lui semble. Tout juste parce que la communication ne passe pas. Il ignore tout de ce qu’il a fait. Il pense pour sa part qu’il est dans la droite ligne alors qu’en réalité, ce n’est pas le cas.

D’où nécessité de communiquer, de faire une large diffusion sur tel ou tel évènement. Désormais, nous pensons que  la communication sera gravée en lettre d’or dans nos administrations publiques et privées et une somme colossale y sera décaissée pour permettre aux responsables de faire normalement leur boulots.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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