CHASSER SIDIKI DE LA VILLE DE B...

Mardi 10 Oct 2017 : 09H28

CHASSER SIDIKI DE LA VILLE DE BOCARANGA N’EST-IL PAS L’ARBRE QUI CACHE LA FORET ? CAS D’ALI DARASSA

Sidiki 3r 1Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission onusienne a annoncé au cours de la conférence de presse hebdomadaire  du mercredi passé, « après l’ultimatum de la Minusca, Sidiki s’est retiré de la ville. Puisqu’il est signataire de l’accord du DDRR, on ne peut pas lui mettre la main dessus et le transférer à Bangui ». Mais cette information a été vivement critiquée par la population civile et les autorités locales de la ville de Bocaranga. Selon eux, « les éléments du mouvement 3R de Sidiki continuent bel et bien de régner en maître absolu tout en commettant des exactions et pillages dans la ville ». Et même si le prétendu « général » Sidiki s’est effectivement retiré de la ville de Bocaranga, n’est-il pas l’arbre qui cache la forêt ? Cela favorise-t-il réellement le retour à la paix et la sécurité dans les régions de l’Ouham-Pende ?

C’est le même théâtre qui s’est produit l’autre jour dans la région de la Ouaka, notamment dans la ville de Bambari entre la Minusca et le soi-disant général Ali Darassa  qui vient de se reproduire dans la région de l’Ouham-Pende et précisément dans la sous-préfecture de Bocaranga entre Sidiki et la mission onusienne. Après avoir stoppé à deux (02) reprises l’avancée de la coalition FPRC-RPRC-MPC menée par Nourredine Adam, la Minusca a lancé un ultimatum de 48 heures à Ali Darassa et ses éléments de quitter la ville de Bambari. Ce qui fut fait. Les responsables de la Minusca ont affirmé avoir pris des dispositions sécuritaires nécessaires pour que celui-ci ne puisse pas continuer de commettre des exactions sur les populations civiles dans sa nouvelle localité. Qu’en est-il de la situation qui prévaut actuellement dans les régions de la Haute-Kotto, Basse-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou ?

C’était en présence des Casques bleus de la Minusca que la population civile musulmane du quartier Tokoyo de la ville de Bangassou avaient payé le lourd tribut suite aux attaques menées par des hommes armés se réclamant d’« autodéfenses ». Il en est de  même dans les villes de Mobaye et Alindao où des populations civiles innocentes sont la cible des groupes armés qui tuent, pillent et incendient sous la barbe des soldats dits de la paix avec toute une armada impressionnante de guerre. Et jusqu’à la date d’aujourd’hui, les régions du Centre-est et du Sud-est de la République Centrafricaine continuent de subir les actes barbares des groupes armés.

Est-ce le retrait de Sidiki de la ville de Bocaranga qui peut rétablir définitivement la paix et la sécurité dans toutes les régions de l’Ouham-Péndé ? Et pourtant, la Minusca était bien vivante quand Sidiki et ses hommes avaient pris d’assaut la ville de Koui. Ceux qui ont perdu la vie au moment de l’occupation de cette ville ne sont-ils pas des êtres humains ? Et depuis lors, qu’est-ce que la Minusca a fait concrètement pour ramener la sécurité dans cette localité ? La ville de Ngaoundaye a été attaquée à maintes reprises par les éléments des 3R et ceux du MPC. Force est de constater malheureusement que la Minusca n’a pas réagi pour les déloger comme elle l’a fait pour les  villes de Bambari et Bocaranga. Pourquoi cette politique de deux(02) poids, deux(02) mesures pour les autres régions du pays ?

Selon certains compatriotes centrafricains à l’intérieur du pays, « c’est pour mieux piller et exploiter les ressources naturelles du pays que la Minusca favorise les groupes armés afin d’occuper les zones diamantifères et aurifères ». Cela vient étayer les déclarations de feu Joseph Zoundeko du RPRC et d’Azor Khalid du FPRC qui ont accusé la Minusca et certains leaders politiques centrafricains de soutenir les groupes rebelles et les mercenaires étrangers afin de faire perdurer la crise centrafricaine. La Minusca n’est pas toujours loin derrière les massacres et les pillages ainsi que l’exploitation frauduleuse des richesses du pays.

Selon Vladimir Monteiro, « on ne peut pas mettre la main sur Sidiki puisqu’il est signataire de l’accord du DDRR ». Un tel propos ne justifie-t-il pas réellement l’immobilisme et la passivité de la Minusca face aux massacres des groupes armés, notamment des éléments des 3R qui écument à petit feu toute la région de l’Ouham-Pende et ses environs ? Est-ce parce que les groupes armés ont adhéré au programme DDRR qu’il faut les laisser massacrer la population civile innocente ? Ces mêmes responsables des Nations Unies disaient qu’il faut des mandats d’arrêt délivrés par les autorités judiciaires centrafricaines pour procéder à l’arrestation de certains chefs rebelles. Où en sommes-nous avec les mandats d’arrêt délivrés pendant la transition et remis à la Minusca ? Voilà que ces mêmes personnes qui parlaient des mandats d’arrêt hier, changent  de langage et parlent aujourd’hui de l’accord du DDRR signé par les groupes armés et qui les empêchent de les arrêter. Où allons-nous avec cette démagogie des responsables de la Minusca ?

Attendons de voir ce qui va se passer après le retrait de Sidiki de la ville de Bocaranga pour en dire plus. Mais ce qui est très sûr, la population de Bocaranga et ses environs ne sont  pas convaincus de voir leur souffrance terminée par cette mesure prise par la Minusca.

 

Amédé NGUETE

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