CHASSE A L’HOMME MENEE PAR L’UPC AUX ENVIRONS DE MOBAYE :

Jeudi 24.08.2017 :10H43

CHASSE A L’HOMME MENEE PAR L’UPC AUX ENVIRONS DE MOBAYE : 09 PERSONNES TUEES AUX VILLAGES YABROU ET YAMA-OTTO

Ali darass 02La population de la région n°6 qui regroupe les préfectures du Mbomou, du Haut-Mbomou et la  Basse-Kotto meurt à petit feu. Les autodéfenses d’un côté et les hommes de l’UPC de Ali Daras, majoritairement peuhls de l’autre, sèment la terreur et la désolation au sein des innocentes populations qui ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Des individus proches des autodéfenses sont systématiquement abattus sans aucune forme de procès par les combattants de l’UPC. De l’autre, ceux qui sont de connivence avec les hommes de l’UPC qui ont élu domicile dans ces préfectures tombent aussi dans le filet des autodéfenses.

Mais ces derniers temps, les peuhls de l’UPC qui ont pris une ascendance sur les autodéfenses mènent une véritable chasse à l’homme contre les non musulmans aux alentours de la ville de Mobaye. Des paisibles citoyens soupçonnés ou non d’appartenir aux éléments d’autodéfense sont tués, massacrés, égorgés par les combattants de l’UPC.

Le jeudi 17 août dernier, au village Yabrou, situé à quelques dix-sept (17) kilomètres de la ville de Mobaye, sur l’axe Kongbo, certains combattants de l’UPC ont pénétré dans la brousse à la recherche des éléments d’autodéfense. Ils sont tombés sur des hommes, des femmes et des enfants qui n’appartiennent pas aux autodéfenses. Ils étaient au nombre de neuf (9). Sept (7) d’entre eux ont été tués. Il n’y avait qu’une femme et son enfant qui ont échappé miraculeusement à cette tuerie planifiée, organisée et exécutée par les hommes de Ali Daras.

Dans la même semaine, c’est-à-dire le samedi 19 août 2017, cette même chasse à l’homme s’est produite au village Yama-Otto, à sept (7) kilomètres de Mobaye, toujours sur l’axe Kongbo. Ayant appris que les autodéfenses se trouvent dans ce village, les combattants de l’UPC, basés à  Mobaye, ont investi le village. Malheureusement à leur grande surprise, ils n’ont trouvé personne. C’est ainsi qu’ils ont décidé de pénétrer dans la brousse à la recherche de ces probables autodéfenses. Finalement, ils sont tombés sur un adulte, en l’occurrence, Augustin Tcholongba qui s’est refugié au niveau d’un marigot, appelé Lichi. Ils l’ont pris et lui ont intimé l’ordre d’aller leur montrer l’endroit où sont basés les autodéfenses. Chemin faisant, les villageois qui se sont mis à l’abri de la foudre de ces criminels patentés, les ont aperçus. C’était un véritable sauve-qui-peut, une débandade généralisée. Chacun cherchait à sauver sa peau. Finalement, ils ont mis la main sur le nommé Koloro qui n’est ni de près ni de loin autodéfense. Ils l’ont tué sur le champ. Pour ne pas qu’ils soient trahis par leur guide et pour effacer leurs traces, ils ont aussi abattu ce dernier qui porte le nom de Tcholongba Augustin.

Cette chasse à l’homme se poursuit quotidiennement. Pour les maisons incendiées, n’en parlons pas. Chaque fois que ces hommes de l’UPC font irruption dans tel ou tel village, des maisons partent en fumée, des individus sont massacrés. Comme au jour d’aujourd’hui, il n’y a plus de personnes dans les villages, les combattants de l’UPC sont obligés de parcourir toute la brousse à la recherche des gens qui s’y sont terrés. C’est un grand danger qui guette les populations aux environs de la ville de Mobaye. On retrouve aussi ce phénomène dans  la préfecture du Mbomou, précisément dans les villes de Gambo, Béma, Ouango où des individus, sont traqués comme des animaux, pris en otage et même tués par les hommes de Ali Daras.

Une attention particulière doit être mise sur la région n°6. S’agissant de la ville de Bangassou, des efforts sont entrain d’être déployés par les Casques Bleus de la Minusca pour pacifier cette localité. Pour les autres villes, c’est un silence de cimetière qu’on observe. Aucune autorité n’y tousse. Tout porte à croire que ces villes ne font pas partie intégrante de la RCA. Même les députés de Mobaye 1,2 et 3 qui ont été élus par cette population qui est entrain d’être exterminée, se sont tus et n’osent élever la voix. Des rumeurs qui nous parviennent depuis cette ville à leur sujet sont accablantes et graves. Et s’ils ne réagissent pas, cela n’est pas étonnant. Tôt ou tard, ils seront rattrapés par leurs électeurs, du moins les survivants de cette chasse à l’homme conduite par les hommes de l’UPC qui se croient tout permis.

Le gouvernement de Sarandji est resté aussi sourd-muet aux souffrances de la population de la Basse-Kotto en général, et de la ville de Mobaye en particulier. Depuis que la crise a pris une autre tournure, aucun membre du gouvernement n’a mis pied dans cette localité. Même le ministre résident de la Basse-Kotto ne s’est déplacé pour toucher du doigt la réalité de ce qui se passe dans cette partie du pays. La population de la Basse-Kotto est abandonnée à son triste sort. Elle erre de la brousse à une autre à la recherche d’un abri sûr. Ceux qui ne peuvent pas supporter les affres de la Séléka et des autodéfenses se sont refugiés au Congo-Démocratique. Heureusement que nos frères de l’autre côté de la rive sont accueillants, hospitaliers. Nous jetons des fleurs au gouvernement congolais qui a laissé ses frontières ouvertes aux Centrafricains qui sont pourchassés par les groupes armés. Si la République Démocratique du Congo avait fermé ses frontières, les morts ne se comptaient plus à Mobaye, Zangba, Gambo, Béma, Ouango-Bangassou, et nous en passons.

Au regard de la chasse à l’homme menée par l’UPC au jour d’aujourd’hui dans les villes précitées, il est urgent et capital que le gouvernement et la Minusca fassent quelque chose pour alléger les souffrances des populations desdites villes. Car à l’allure où vont actuellement les choses, les villageois seront tous exterminés par les hommes de l’UPC de Ali Daras. « Gouverner, c’est prévoir », dit-on.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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