CHAQUE ANNEE L’EDUCATION EN C....

Jeudi 19.10.2017 : 11H52

CHAQUE ANNEE L’EDUCATION EN CENTRAFRIQUE REGRESSE

 

A l’heure où la trompette de la rentrée scolaire a déjà sonné, la ville de Kémbé a sombré le vendredi 13 octobre dans les violences avec au total une vingtaine de morts. Les portes des classes sont restées fermées dans certaines villes du pays touchées par les violences de ces derniers temps. Bria, Bantagafo, Kémbé, … les écoles sont mises en bernes. L’éducation est prise en otage par les groupes armés, les élèves et les enseignants ont pris leurs jambes au cou. Les bâtiments scolaires sont vides et les herbes y poussent.

Cependant, Bangui essaie tant bien que mal de reprendre les activités scolaires. Dans la Lobaye, les activités pédagogiques ont de la peine à fonctionner normalement. Cette timidité a provoqué le ras-le-bol des élèves de ladite préfecture qui ne demandent que la reprise des activités scolaires. 80 % du territoire centrafricain sont entre les mains des groupes rebelles et l’on parle de la rentrée scolaire en Centrafrique, c’est vraiment ridicule. Une reprise partielle, timorée n’est pas le souhait des élèves. Le pays n’est pas Bangui où l’on ne doit que s’y pencher pour résoudre les problèmes. Les provinces vivent le calvaire.

On ne doit pas se féliciter de la reprise à Bangui car le problème à éradiquer est en province. Il faut restaurer l’éducation dans les zones en proie aux violences. Pour ce faire, comment le gouvernement doit s’y prendre ? A vrai dire, sans la sécurité proprement dite, l’éducation ne fait que faire une descente vers l’abîme.

Alors, où va la RCA sans une éducation de qualité ? Sous les crépitements d’armes, dans une psychose grandissante, dans un climat de terreur, les élèves par souci de réussir leur vie, sacrifient leur peau. Cette horde de groupes armés qui égorgent, tuent, détruisent la nation, n’en a cure de l’éducation, le sang qui coule désaltère leur soif de commettre à outrance des crimes.

Les élèves tombent sous les balles, d’autres ont préféré prendre les armes pour se défendre contre d’éventuelles attaques de seigneurs de guerre. Lesquels guerriers abusent de l’impuissance de l’Etat à faire usage de la force.

A quand la fin de ce phénomène ? A quand la reprise effective, sans crépitement d’armes dans l’arrière-pays ? En tout cas, même Bangui n’est pas à l’abri des crépitements d’armes, alors, à plus forte raison l’arrière-pays ? Si le pays disposait d’une armée opérationnelle, à coup sûr, l’éducation serait restaurée d’office. Ces guerriers étrangers quitteraient le territoire centrafricain au risque de périr.

Le niveau des élèves connaît un véritable rabais. A qui la faute ? Et si la rentrée des classes était effective partout...

 

Félicien NZAPAYEKE MAMADOU

 

 

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