CAUSES DE LA PROLONGATION DE L’EMBARGO ET DE LA NON OPERA....

Lundi 13.03.2017 : 10H55

CAUSES DE LA PROLONGATION DE L’EMBARGO ET DE LA NON OPERATIONNALISATION DES FACA : L’INDISCIPLINE AU SEIN DE L’ARMEE, DES ACTES INCIVIQUES, DES TRAITEMENTS INHUMAINS, DES TORTURES

Antonio guterres« L’armée n’est pas une armoire… », disait feu empereur Bokassa 1er. Quelques années après son décès, l’armée centrafricaine est devenue une armoire où s’entant les cafards. Les différents régimes qui se sont succédés à la tête du pays ont transformé l’armée nationale en une armée clanique, tribale, régionaliste. A chaque changement de régime, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont façonnées, taillées sur mesure par les dirigeants du pays. L’enrôlement des jeunes recrus au sein des FACA revient de droit au clans ou à l’ethnie du président de la République.

Un soldat de 2ème classe, issu de l’ethnie présidentielle se fait aussi gros qu’un bœuf. Il n’obéit pas à ses chefs hiérarchiques. Les hommes de rang ou de troupe deviennent par excellence des officiers ou des officiers supérieurs. Ce sont eux qui dictent des ordres à ces derniers puisqu’ils appartiennent au clan du président. Des capitaines, des commandants, des colonels, des généraux qui sont formés dans les écoles militaires à l’étranger sont relégués au second rang. Etant dans cette situation déshonorante, humiliante, ils préfèrent se recroqueviller sur eux-mêmes puis se contentent seulement de leur salaire. Car, ils ne donnent pas des ordres mais les reçoivent de leurs subordonnés qui sont parachutés à de hautes fonctions dans la hiérarchie militaire.

Les galons pleuvent à n’en point finir dans le camp des éléments des FACA appartenant à l’ethnie présidentielle. Des actes de bravoure déployés par les autres sont et demeurent lettre morte. Ils ne sont  nullement récompensés ou encouragés. A chaque fête, cette catégorie de militaires ne cesse d’être promue lieutenant, capitaine, commandant, et que savons-nous encore, pendant que d’autres ne broient que du noir. Ils ne valent absolument rien avec leur galon, de purs illettrés.

En outre, le Prime Global d’Alimentation (PGA) des militaires, ne leur parvient pas. Ce PGA est constamment détourné par leurs supérieurs à d’autres fins. N’étant pas en possession de cette somme, ils sont démobilisés et n’obéissent à personne. Les ordres donnés ne sont pas exécutés. Parfois certains militaires centrafricains menacent leurs chefs hiérarchiques avec des armes ou les abattent purement et simplement à cause de l’argent ou l’histoire d’une femme.

D’autres sont experts en matière de vol des matériels militaires de leurs compagnons d’armes. Alors que, si nos mémoires sont bonnes, le vol est strictement interdit au sein de l’armée. Quel  gâchis !

S’agissant des actes barbares, inciviques commis sur les civils, n’en parlons pas. Aujourd’hui, la plupart de braquages, de vols, de viols qui se perpétuent dans les quartiers de Bangui et sur certains axes routiers reliant nos villes de province, sont les œuvres de certains éléments des FACA qui ont  déserté le rang de l’armée. Si, sur huit mille (8000) soldats centrafricains avant cette crise militaro-politique déclenchée par l’ex-coalition Séléka, on n’en compte seulement que six mille (6000) aujourd’hui, ne soyez pas étonnés. Beaucoup sont dans l’arrière pays entrain de racketter, rançonner, braquer des citoyens civils et détruire des  édifices publics. Ils sont pleins dans les Anti-Balaka, branche Mokom et même parmi les combattants Séléka du FPRC, MPC, RPRC.

Sur les barrières tenues par certains éléments des FACA, c’est la désolation, la terreur, les menaces, les intimidations, les tortures. Pour illustrer nos propos, un élément des FACA avait tabassé à mort un individu sur la barrière du PK 30 à Nguérengou, sur l’axe Damara à cause d’un téléphone portable. Aussi, dans la journée du vendredi 10 mars 2017 aux environs de 09 heures au Centre-ville de Bangui, un (1) des trois (3) militaires centrafricains qui revenaient peut-être d’une base militaire, a porté main sur  deux (2) policières en service. Ces dernières, avant le passage du président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra, dégageaient la voie. Des civils sont restés aux abords de la rue attendant que le chef de l’Etat passe d’abord. Mais ces trois (3) éléments des FACA tenaient coûte que coûte traverser la rue. Les policières se sont opposées. Quelques instants après son passage, une vive discussion s’est engagée entre les trois militaires et les deux policières. C’est ainsi que l’un des militaires a porté main sur ces policières. L’une a eu le bras cassé et l’autre est tombée sans bouger, certainement qu’elle a perdu connaissance, puisque les coups que ces policière ont reçu étaient tellement forts.

Et nous nous interrogeons de la manière suivants : des policières en service peuvent-elles être traitées de la sorte par les éléments des FACA en tenue militaire ? Ces trois militaires sont-ils vraiment formés ? Veulent-ils mettre en exécution un coup d’Etat contre le président de la République ? Mais grâce à l’intervention des policiers de l’OCRB, l’un des militaires, auteur de ces actes barbares a été arrêté et les deux (2) autres complices ont pris leurs jambes au cou.

Sous le régime transitionnel de Catherine Samba-Panza, des éléments des FACA déployés dans les quartiers de Bangui, pendant que le magistrat Joseph Bindoumi était ministre de la Défense Nationale, se comportaient comme des loups pour leurs compatriotes. Ce ne sont pas les conducteurs de taxis-motos qui peuvent nous démentir aujourd’hui. Entre 15 heures et 16 heures, ces conducteurs soufflaient le chaud et le froid.  Sur chaque barrière érigée par ces hommes en treillis, les conducteurs sont astreints à verser une somme de cent francs (100 F) CFA, une véritable exploitation de l’homme par l’homme. Cette situation perdure encore sur les barrières du PK 12 à la sortie Nord de Bangui, et du PK 9 à la sortie Sud. C’est vraiment malheureux !

Les faits sont nombreux et la liste n’est pas exhaustive. Alors, dans ce cas de piètre figure, c’est-à-dire l’indiscipline caractérisée au sein de l’armée, les actes barbares, indignes, inciviques commis par les militaires centrafricains, comment voulez-vous que l’embargo ne soit-il pas indéfiniment prorogé par les 15 membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, empêchant les FACA d’être opérationnelles ? D’une part, le Comité de Sanction des Nations-Unies  a raison de proroger l’embargo et d’avoir fait obstacle à l’opérationnalisation des FACA. Car nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont des comportements rétrogrades. D’autre part, c’est notre armée car un pays souverain comme la RCA ne peut rester sans ses Forces de Défense et de Sécurité.  Observez ce qu’ils font et vous conviendrez avec nous que la Communauté internationale ne s’est pas du tout trompée. Certains militaires centrafricains sont entrain de récolter ce qu’ils ont semé.

Mais cela ne doit pas empêcher le gouvernement de plaider auprès du Comité de Sanction pour la levée de cet embargo. Car, il y a de bons et loyaux soldats parmi ces brebis galeuses. Et si les éléments des FACA veulent réellement reprendre le métier des armes, ils doivent renoncer à l’indiscipline, aux actes dégradants, aux comportements rétrogrades, causes de la prorogation de l’embargo et de leur non opérationnalisation.

Dans le cas contraire, ce sera au retour de Jésus-Christ qu’ils seront opérationnels. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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