CARNAGE D’ALINDAO : PEUT-ON ENCORE PARLER...

Vendredi 23.11.2018 : 09h15

CARNAGE D’ALINDAO : PEUT-ON ENCORE PARLER DU DIALOGUE ET DE L’AMNISTIE ?

Onanga anyanga 3La ville d’Alindao, située dans la préfecture de la Basse-Kotto, a sombré dans un carnage de la pire espèce. Le bilan des violences fait état d’une centaine de morts, des blessés, ainsi que des maisons incendiées. Plusieurs personnes se sont refugiées dans la brousse et vivent comme des animaux sauvages. Pour le moment, la ville d’Alindao est déserte et  complètement paralysée. Dans ce cas d’espèce, peut-on réellement encore parler du dialogue et de l’amnistie ?

On ne négocie jamais avec un rebelle. Le chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra, peut désormais retirer sa main tendue aux groupes armés. Trop, c’est trop, et c’est vraiment déjà trop. Tout le monde reconnait aujourd’hui  l’hypocrisie et la fourberie de l’Union Africaine dans ses démarches de dialogue avec les groupes armés. C’est la France qui manipule l’Union Africaine et dicte sa volonté aux groupes armés pour empêcher le retour de la paix et de la stabilité dans le pays.

L’UPC du tristement célèbre mercenaire peulh d’origine nigérienne Ali Darassa, le FPRC des sanguinaires Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène, le MPC  du criminel patenté Mahamat Alkhatim, les 3R du soi-disant général Sidiki…, sont tous des mouvements rebelles de la Séléka soutenus par la France avec la complicité du Tchad, de l’Union Africaine et de la Minusca. Jean Yves Le Drian a déclaré ouvertement que si les autorités centrafricaines refusent de se soumettre à leurs propositions, la France dira qu’elles (autorités centrafricaines) ont refusé le DDRR et le dialogue avec les groupes armés. N’est-ce pas les propos tenus par Le Drain qui s’exécutent en ce moment dans les villes de  Bambari, Alindao et Batangafo ? Il ne fait aucune ombre de doute. Car, comment expliquer cette flambée de violences dans ces villes sous contrôle des éléments de la Séléka juste après le retour de Le Drian à l’Elysée ?  Récemment, la France a recruté des terroristes dans le Sahel pour venir déstabiliser le régime de Bangui. Malheureusement, ils ont été interceptés à la frontière centrafricano-camerounaise par les forces spéciales du Cameroun.

La France, l’ONU et l’Union Africaine, entrent désormais dans une grande manœuvre pour plonger le pays de feu Barthelemy Boganda dans les pires atrocités criminelles. C’est ce qui se passe actuellement dans les villes de Bambari, Alindao et Batangafo, pour ne citer que ces quelques exemples. La Minusca fait semblant de combattre les éléments de l’UPC. Mais en réalité, c’est elle qui distribue des munitions aux hommes de Darassa pour massacrer les populations civiles des régions de la Ouaka, Basse-Kotto et autres.

 Et Vladimir Monteiro,  porte-parole de la Minusca, se moque éperdument des Centrafricains. Selon lui, « il n’ya pas eu de carnage à Alindao… ». Propos tenus au cours de la conférence de presse de ce mercredi 21 novembre 2018. Et pourtant, des centaines de cadavres, victimes de carnage d’Alindao ont été publiés sur internet. Une chose est sûre et certaine : tout ce que nous faisons de mal, finira tôt ou tard par être payé ici bas. Le général Toumenta de la Minusca à l’époque a qualifié d’un non événement un cas de massacre sur les populations civiles. Où est-il aujourd’hui ? Qu’en est-il également du général Mokoko qui faisait la pluie et le beau temps en RCA ?

Les Nations Unies peuvent quitter la RCA comme l’a souhaité le ministre français des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian. Il se pourrait que ce soit un plan de Dieu pour libérer définitivement le peuple centrafricain des manipulations des Nations Unies, de la France et d’autres puissances de ce monde. L’expérience a démontré que les forces de l’ONU n’ont jamais ramené la paix dans les pays où elles sont déployées. Minusma au Mali, Monusco au Congo, Minusmad au Soudan, Minusca en RCA, où en sommes-nous avec le rétablissement de la paix et de la sécurité dans ces pays ? Au contraire, ce sont ces forces de l’ONU qui soutiennent les groupes rebelles pour maintenir les crises. L’exemple le plus frappant est celui des forces de la Minusca qui soutiennent les factions rebelles de la Séléka : UPC, FPRC, MPC, 3R et tant d’autres. Et ce, dans le but de maintenir la crise.

Celui-là qui a parlé de « business de guerre » a parfaitement raison. Le diamant de sang, l’or de sang, l’ivoire de sang, le bois de sang, et que savons-nous encore, voilà le grand business qui se développe entre les  Nations Unies, la France, le Tchad et d’autres pays qui sont pleinement impliqués dans cette crise sans tête ni queue. Et il faut dans ce cas de figure exposer des pauvres populations civiles à la merci des seigneurs de guerre sans âme ni conscience, afin qu’elles puissent être massacrées.

Certaines personnalités et leaders politiques centrafricains, partisans de l’amnistie, peuvent-ils cautionner les actes criminels que les éléments de l’UPC viennent de poser sur les paisibles populations civiles de la ville d’Alindao ? A moins qu’ils n’ont pas un cœur humain. Mais ce qui est sûr, il n’y aura plus de prime à l’impunité. C’est le souhait de toute la population centrafricaine, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. La Cour Pénale Internationale vient de donner le ton avec le transfert de Yékatom Alfred alias Rambo à La Haye au Pays-Bas. Et très bientôt, le 1er procès de la Cour pénale Spéciale se déroulera. Le rouleau compresseur de la justice est désormais en marche.

Qu’à cela ne tienne, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) montent en puissance chaque jour. Plus de 300 éléments des FACA viennent de boucler leur fin de formation au maniement d’armes russes à Béréngo. Ils vont être bientôt déployés dans certaines régions du pays. Au total, 1600 éléments des FACA sont déjà  formés. En outre, le gouvernement est entrain de recruter 1.023 jeunes au sein des FACA. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Avec le soutien de la Russie, des Etats-Unis, du Royaume du Maroc, du Rwanda, de l’Angola…, la RCA retrouvera sa souveraineté.

Mais en attendant, nous demandons au gouvernement et à la communauté internationale de tout faire pour que Ali Darassa soit arrêté et transféré à la CPI pour crimes de guerre, crimes de génocide et crimes contre l’humanité. Que Dieu maudisse tous ceux qui agissent dans l’ombre et soutiennent les groupes armés pour massacrer des pauvres populations civiles.

 

Amedé NGUETE

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