BRAS DE FER ENTRE LA MINUSCA ET LA COALITION :

Lundi 27 Fév. 2017 : 08H41

BRAS DE FER ENTRE LA MINUSCA ET LA COALITION : LE FPRC DETERMINE A MARCHER SUR BAMBARI, TANDIS QUE LA MISSION ONUSIENNE S’Y OPPOSE ENERGIQUEMENT

 

 

Rien ne va plus dans la préfecture de la Ouaka entre les Casques Bleus de la Minusca et les combattants de la  coalition menée par le FPRC de Nourredine Adam. Après le départ du leader de l’UPC, le soi-disant général, Ali Daras, de Bambari, la situation sécuritaire qui prévaut dans cette ville n’est toujours pas aux beaux fixes. Les combattants des deux groupes rivaux dissidents de la Séléka, à savoir le FPRC et l’UPC se regardent toujours en chien de faïence.

La coalition FPRC-MPC-RPRC campe toujours sur sa position. Leur objectif reste et demeure intact : la marche sur Bambari. Et pourtant dans leur revendication, les combattants de la coalition avaient exigé le départ de Ali Daras et ses hommes de Bambari. Cette exigence a été prise en compte par la Minusca qui a fait de son mieux pour faire partir Daras. D’après des informations non encore rendues officielles, Ali Daras se trouverait au village Maloum, situé entre les villes d’Ippy et de Bakala où des sujets peuhls y ont élu domicile. Donc il serait parmi les siens, ceux qu’il prétend les défendre. Ce serait pour cette raison que la coalition menée par le FPRC a juré sur monts et vallées, par la bouche de son sous-chef d’Etat-major de marcher, quoi qu’il en soit, sur la ville de Bambari. Une autre raison qui pousse cette coalition est qu’elle demande le départ pur et simple de Ali Daras de la RCA. Le fait qu’il s’est refugié dans le village Maloum, non loin de Bambari, est vu de très mauvais œil par les combattants du FPRC-MPC-RPRC.

Quant à la Minusca, elle s’oppose énergiquement aux agissements de ces derniers. Pas question de voir la coalition entrer dans la ville de Bambari. C’est  pour cette raison que ces rebelles se sont attaqués aux Casque Bleus de la Minusca dans la ville d’Ippy et au village Ndassima, faisant quatre (4) blessés dans leur rang. Par contre le porte parole de la Minusca, de son côté, a indiqué qu’un rebelle a été tué et un autre blessé. Mais il est difficile pour le moment de savoir, qui  de la Minusca ou de la Coalition contrôle les villes d’Ippy, de Bakala et le village Ndassima. Les combattants de l’UPC qui se sont retranchés à 45 kilomètres de Bambari, sur l’axe Ippy-Bambari, se trouvent-ils présentement à ce lieu ? Les hommes de la coalition se réorganisent-ils aujourd’hui pour marcher sur Bambari ? Daras étant encore dans  la Ouaka, qu’est ce qui va se passer du moment où la coalition passera à l’acte puisqu’elle a décidé mordicus de faire déguerpir Ali Daras et ses hommes qu’elle considère ou qualifie d’étrangers ? Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes et dépassent l’entendement humain.

En attendant, un bras de fer est ouvert entre la Minusca et la coalition menée par le FPRC. Ce torchon qui brûle est loin de s’éteindre. Car la Minusca a annoncé haut et fort qu’elle ne tolérera ou n’acceptera jamais que les affrontements puissent avoir lieu à Bambari qui sera bientôt « ville sans groupes armés ». La coalition menée par le FPRC ne l’entend pas de ses oreilles. Elle persiste et signe dans sa marche sur Bamabri. Si la Minusca qui bénéficie aujourd’hui du soutien de la communauté internationale et du gouvernement se laisse faire, elle perdra sa crédibilité en Centrafrique et celle de l’ONU dans le monde. Ce bras de fer ne fait que commencer. La coalition FPRC-MPC-RPRC, une grenouille qui se veut se faire aussi grosse qu’un bœuf, tiendra-t-elle devant une organisation mondiale ? Difficile de le dire. Mais, les jours à venir nous diront la vérité car ils s’annoncent rudes pour les deux (2) camps. L’UPC ne restera pas bras croisés car son leader aurait affirmé avant son départ de Bambari qu’il suit de près l’évolution de la situation. C’est pour dire qu’il peut revenir en force dans cette localité pour contrecarrer l’avancée des combattants du FPRC-MPC-RPRC.

Pour ce faire, la Minusca doit être vigilante ou veiller au grain. Le risque d’embrasement de la Ouaka est palpable à l’allure où vont les choses, ce que nous ne souhaitons pas. Des milliers d’âmes qui se sont massés à Bambari, ont besoin de vivre en paix et en toute quiétude pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. Et il faut leur accorder cette pierre précieuse qui est la paix. Pour en arriver là, Ali Daras et ses hommes doivent déguerpir de la RCA. Tant qu’ils résideront dans la préfecture de la Ouaka, le bras de fer engagé entre la Minusca et le FPRC est loin de voir le bout du tunnel. Et s’il se dégénère à des affrontements, ce sont les populations civiles qui payeront le plus lourd tribut.

La coalition FPRC-MPC-RPRC doit revoir sa copie avant qu’il ne soit  trop tard. Affrontements sur affrontements, à quoi ont-ils servi, si ce n’est que des têtes qui tombent et qui continuent de tomber ? Nous disons aux combattants de la coalition que la guerre ne résout pas un différend. Mieux vaut  entamer des dialogues qui semblent être une issue favorable de sortie de crise.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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