BOZIZE : « JE VAIS MOURIR AU PALAIS » DANS SON MEETING AU POINT 0

Mardi 10.01.2017. 10H14

BOZIZE : « JE VAIS MOURIR AU PALAIS » DANS SON MEETING AU POINT ZERO. MAIS HELAS, LA TANGENTE…

Boziz

Bozizé est un officier supérieur, un Général d’Armée, un chef d’Etat et leader d’un parti politique, le KNK. Après le rugissement des Séléka à Bria, il avait tenu un meeting au point zéro pour haranguer ces militants et dans lequel il déclarait haut et fort, « Je vais mourir au Palais ». Bozizé comptait sur des armées étrangères pour le défendre et le protéger : l’armée sud-africaine et celle d’Angola. Il a méprisé son armée et les forces de la CEMAC. Malheureusement, son rêve s’est volatilisé comme la brume qui se dissipe sous l’effet de la chaleur. Se rendant compte que Bozizé les roule dans la farine, les chefs d’Etat de la CEMAC ont aussi changé de fusil d’épaule. La coalition Séléka est bloquée par la ligne rouge à Damara. Subitement, la ligne rouge devient verte, synonyme de « laissez-passer » pour les Séléka. Un autre front Séléka s’ouvre vers Bouca, Bossangoa et Bossembélé. C’est un boulevard pour Bangui, enfin le PK12 est atteint. A l’exception des Sud-africains sur l’axe Damara, aucune résistance sur le tronçon Boali -Bangui.

Les cargaisons d’armes et de munitions tombent entre les mains des Séléka et c’est la kermesse des tueries. Le front Séléka arrive au niveau de la Cathédrale Notre Dame Immaculée de Bangui. Bozizé, ses fils et sa garde présidentielle prennent leurs jambes au cou, abandonnant le pays à son triste sort. Le général, chef d’Etat et chef suprême des armées, choisit de préserver sa vie, au lieu de « mourir au Palais ». C’est une course contre la montre pour sauver sa peau. Djotodia s’autoproclame chef d’Etat de la transition. Durant ses dix (10) mois à la tête du pays, c’est un silence de mort au sein du KNK, et personne n’a osé tousser pour qu’on entende sa voix. La cascade des tueries et des destructions, éjecte Djotodia du pouvoir, car le sang coulait à flot. Catherine Samba-Panza est élue présidente de transition par le Conseil National de Transition (CNT), et c’est durant cette période que Bozizé, Djotodia se retrouvent à Nairobi au Kenya pour un mariage contre-nature qui devait accoucher d’un accord balayé du revers de la main par Bangui.

Bozizé et sa clique peuvent-ils regarder les Centrafricains, l’armée, dans les yeux ? Ils symbolisent la haute trahison nationale, la désertion en temps de guerre, la honte ; ce sont des noms qui sont pénibles à prononcer et à évoquer, des noms cauchemardesques. Seul le KNK peut encore croire à un tel chef et lui rendre un culte. Mais un Centrafricain normal, doué de bon sens et de raison, a tourné la page. Bozizé a nié autant de fois ne pas être le chef de guerre des Anti-Balaka. Or, il ne reste sur le terrain que les Anti-Balaka qui ne jurent que par Bozizé. Le Secrétaire Général par intérim du KNK l’affirme haut et fort et sans ambages que Bozizé est bien le chef des Anti-Balaka. C’est une circonstance aggravante qui corrobore la somalisation du pays par Bozizé. Bozizé a toujours été un prophète de malheur pour le peuple centrafricain. Maintenir une milice en activité pour gagner quoi, pour obtenir quoi ?

Les souffrances du peuple centrafricain durent depuis 1996 à ce jour. Si Bozizé était un patriote, il se serait retiré pour toujours de la scène politique nationale, imposant également un arrêt des hostilités à la milice de son ethnie. Les Séléka sont encore là. Malgré le mariage contre-nature, aucun camp n’accepterait que l’un revienne au pouvoir. les dernières élections du 30 décembre 2015 ont donné l’occasion au peuple centrafricain de choisir sa voie. C’est désormais chose faite. Balaka et Séléka n’ont plus d’autres alternatives que de déposer les armes, car les élections les départagent. Ils doivent se restructurer, se civiliser et repartir comme entités politiques à la conquête du pouvoir par les urnes. Mais hélas, Bozizé tout autant que Djotodia continuent de tirer les ficelles de la crise dans un pays en lambeaux où le peuple tire le diable par la queue. Mais les efforts multiformes déployés par les nouvelles autorités, la communauté internationale, il n’y a que les Anti-Balaka se réclamant de Bozizé et le FPRC de Nourredine Adam du camp Djotodia qui prolongent le calvaire du peuple centrafricain. Les FARC en Colombie, malgré les cinquante (50) ans de guerre aspirent aujourd’hui plus que jamais à la paix, à une vie normale, une vie de famille. Il y a un temps pour le maquis et un temps pour faire la paix et se reconvertir dans d’autres activités pour subvenir à ses besoins. Cette prolongation stérile de la crise nuit aux Centrafricains et non à un régime. Le KM5 aujourd’hui comme le Centre-ville, ce sont les affaires, le business qui priment. Plus personne ne pense aux armes, alors que Bangui reste une poudrière, en témoignent les multiples cas de braquages à Sica 1, 2 et 3.

« Après la pluie, vient le beau temps », dit un adage. Après la guerre, les tueries et les destructions, il est désormais temps de reconstruire, de se nourrir, de se loger, de s’instruire, de se soigner et de se vêtir. La démocratie acquise au prix de lourds sacrifices, sous les détonations d’armes, doit servir à quelque chose, au développement humain durable, à la reconstruction des infrastructures de base. Les Centrafricains ne sont pas maudits. Ils ont élu des dirigeants qui sont à leur écoute pour les aider à sortir du gouffre.

Julien BELA

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