BOUAR, MODELE DE LA PAIX, DE LA RECONCILIATION ET DU VIVRE ...

Vendredi 18 Novembre 2016 : 09H47

BOUAR, MODELE DE LA PAIX, DE LA RECONCILIATION ET DU VIVRE ENSEMBLE  APRES LES DOULOUREUX EVENEMENTS

RcaLes Nations-Unies à travers la Minusca ont organisé un voyage de presse qui a duré trois (3) jours dans l’arrière-pays. L’objectif de ce voyage était de permettre aux professionnels des médias de palper du doigt les réalités de la situation dans certaines régions du pays, mais aussi des actions menées par les Nations-Unies pour soutenir le gouvernement et la population centrafricaine afin de restaurer la paix, la sécurité et la cohésion sociale dans le pays. La rédaction de « Centrafric Matin » était conviée à visiter la ville de Bouar, située à l’Ouest de la République Centrafricaine, près de la frontière avec le Cameroun. Une occasion qui nous a permis de constater que la ville de Bouar est une ville modèle de la paix et de la réconciliation après les évènements douloureux survenus dans le pays. Dès notre arrivée dans la préfecture de la Nana-Mambéré, le lundi 14 novembre 2016, notre premier lieu visite fut le stade municipal en pleine phase de réhabilitation par le projet « jeunes à risque » (THIMO), avec le soutien de la Minusca dans le cadre du processus pré-DDRR. Une centaine des ex-combattants (Séléka et Anti-Balaka), parmi lesquels se trouvaient des jeunes filles étaient en pleine activité : fabrication des briques pour la clôture  du stade, transport d’eau … On notait également la présence des personnes handicapées des deux (2) communautés qui travaillaient sur le chantier afin de gagner leur pain quotidien.

Selon Adeline, une Jeune combattante du mouvement Anti-Balaka, âgée de 19 ans, « J’avais décidé de rentrer dans le mouvement Anti-Balaka parce qu’on a tué mes parents. Mais aujourd’hui, le temps de la guerre est terminé. C’est pourquoi, j’ai opté pour la paix à travers le processus pré-DDRR. Je suis très satisfaite parce qu’on est ensemble avec nos frères et sœurs musulmans entrain de travailler. Une fois le travail terminé, nous allons gagner de l’argent pour s’occuper de nos familles ». Quant à Daouda, un ex-combattant Séléka, âgé de 25 ans, le projet « jeunes à risque », financé par la Minusca, est une initiative qui consiste à réconcilier le peuple centrafricain pour la sécurité et la paix. La preuve en est que les deux (2) communautés qui se regardaient hier en chien de faïence se retrouvent aujourd’hui ensemble. C’est un signal fort pour la réconciliation nationale ». Le coordonnateur dudit projet a expliqué, « c’est un projet qui regroupe tous les jeunes de la ville de Bouar sans discrimination. Il y a des jeunes chrétiens et musulmans qui travaillent ensemble, dans une bonne ambiance de cohabitation. L’objectif est d’amener les jeunes à oublier les violences et réintégrer une vie sociale normale ».

Monsieur Fréderic Ouagonda, préfet de la Nana-Mambéré a déclaré que : «  le sport unit le peule. Le sport n’a pas de couleur et n’a pas de nationalité. La construction de ce stade est un signal fort pour la cohésion sociale dans la préfecture de la Nana-Mambéré. Les deux (2) communautés sont réunies et travaillent ensemble. A la fin de chaque semaine, c’est-à-dire le samedi, la Minusca organise un échange avec les deux (2) communautés. Et cela constitue un symbole de la réconciliation ». Concernant la sécurité, Fréderic Ouagonda de dire : « la ville de Bouar est toujours calme. La Minusca est à top niveau et sécurise bien cette ville. Ici à Bouar, les gens peuvent se promener même pendant la nuit sans être agressés. Cela témoigne une fois de plus qu’il y a l’unité ».

Dans l’après midi, nous nous sommes rendus dans le quartier Haoussa, un quartier musulman où le marché a été réhabilité par la Minusca et remis aux bénéficiaires. L’ambiance était vive. Chrétiens et musulmans se bousculaient pour occuper leurs futures places. Pour Kadjidja, une commerçante dudit marché, « Nous sommes toujours Solidaires à Bouar. Il y a des chrétiens qui habitent aussi dans le quartier Haoussa. Cela témoigne notre solidarité. La Minusca vient aujourd’hui de réhabiliter notre marché où chacun peut vaquer librement à ses activités commerciales ». Avis partagé par Brice, un boucher que nous avions rencontré dans le marché : « la ville de Bouar est une ville modèle de la paix et de la réconciliation. Depuis que la crise a éclaté en RCA, les chrétiens et les musulmans vivent toujours ensemble. Je suis boucher, et je vis depuis longtemps avec mes frères musulmans dans ce marché qui vient d’être réhabilité par la Minusca ». Pour Lazare Nambera, maire de la ville de Bouar, « la ville de Bouar est une ville modèle du développement et de la réconciliation, après les évènements malheureux survenus dans le pays. Il y a la paix et la cohésion sociale au sein de la population de Bouar. L’ambiance qui règne dans ce marché qui vient d’être réhabilité par la Minusca illustre bel et bien qu’il y a le vivre ensemble et la paix ». Partout où nous étions passés, la population de Bouar n’a qu’un seul slogan : « la paix ». (Suite au prochain numéro)

Bénistant MBALLA

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