BON NOMBRE DE FONCTIONNAIRES ET AGENTS DE L’ETAT AFFECTES...

Jeudi 12 Janvier 2017 : 09H59

BON NOMBRE DE FONCTIONNAIRES ET AGENTS DE L’ETAT AFFECTES DANS L’ARRIERE-PAYS N’ONT PAS REGAGNE LEUR POSTE : DEMISSION OU ABANDON DE POSTE ?

Abdoulaye moussa ministre de la fonction publique de la modernisation de l administration du travail de l emploi et de la protection sociale

 Avec le déclenchement des hostilités par la nébuleuse coalition séléka le 10 décembre 2012 à Ndélé, plusieurs fonctionnaires et agents de l’Etat ont quitté l’arrière-pays pour se réfugier à Bangui afin de se mettre à l’abri des violences. Ce qui était normal au départ car les séléka non seulement pillaient, mais détruisaient  également les bâtiments de l’Etat en emportant tous les biens. La situation s’est empirée par la suite avec l’entrée des Anti-Balaka dans la crise le 05 décembre 2013 entrainant la destruction systématique de tous les tissus socio-économiques du pays.

Les autorités de la transition ont déployé des efforts pour que les fonctionnaires et agents de l’Etat puissent retourner dans leurs zones d’affectation afin de reprendre le travail. Hélas, peine perdue car la transition s’est achevée sur fond d’exactions de tout bord commises par les groupes armés : tueries, massacres, viols, pillages, destruction des édifices publiques et privés, des ONG nationales et internationales ainsi que des biens des particuliers .Cela a rendu la tâche difficile aux fonctionnaires et agents de l’Etat pour regagner leur poste. Or depuis la date du 30 mars 2016 avec le retour du pays à l’ordre constitutionnel jusqu’ à la date d’aujourd’hui, la situation commence à se normaliser peu à peu.

A l’ exception des zones rouges où les groupes armés continuent sans cesse de défier l’autorité de l’Etat, le calme est relatif dans plusieurs régions du pays. Le gouvernement avec le concours de la Minusca déploie tous les efforts pour réhabiliter certains bâtiments détruits par les ex-combattants permettant ainsi le rétablissement de l’autorité de l’Etat. Le constat est amer car depuis lors, bon nombre de fonctionnaires et agents de l’Etat n’ont pas encore regagné leur poste et continuent de s’éterniser à Bangui sans rien faire à longueur de journée, mais perçoivent tout de même  leur salaire à la fin du mois. S’agit-il d’une démission ou d’un abandon de poste ?

C’est la véritable paresse que les fonctionnaires et agents de l’Etat développent vis à vis de leur propre pays. Rester à la maison depuis bientôt quatre (04) ans et percevoir tranquillement son salaire à la fin du mois est un acte de vol. La Bible elle-même déclare à ce sujet, « celui qui ne travaille pas ne mange pas ».Comment expliquer l’attitude des fonctionnaires et agents de l’Etat centrafricains qui ne veulent pas travailler pour faire avancer leur propre pays ? Les nouvelles autorités du pays ont du pain sur la planche pour traduire la rupture prônée dans les réalités des faits. « Les ennemis de l’Afrique sont les Africains », a dit un philosophe. Mais nous disons pour notre part que les ennemis de la Centrafrique, ce sont les centrafricains eux-mêmes et notamment les fonctionnaires et agents de l’Etat.

Les fonctionnaires et agents de l’Etat veulent du beurre et l’argent du beurre sans pour autant travailler  alors que le pays est complètement par terre et nécessite la contribution de tout un chacun pour relever les défis titanesques et monumentaux. La corruption, le vol, l’escroquerie, la fraude, le détournement des deniers publics, le mensonge…sont le lot au quotidien dans les administrations publiques et privées ainsi que dans les sociétés d’Etat en RCA. Les principaux auteurs sont ceux   qui sont cités ci-haut. L’administration centrafricaine est remplie des fourbes, des hypocrites, des profito-situationnistes qui ne voient que leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt de la nation.

La jeunesse est plongée dans la misère et le chômage depuis plusieurs décennies et cherche une occasion pour trouver un petit boulot à faire. Ceux qui ne veulent pas travailler et préfèrent dormir tranquillement  chez eux tout en attendant la fin du mois pour percevoir leur salaire, doivent céder la place à ces jeunes qui cherchent des occasions pour sortir de la pauvreté. C’est la dernière chose qui reste à faire pour bouter hors de l’administration centrafricaine tous les fainéants, les paresseux, les bras cassés. Tout porte à croire que les vieilles habitudes sont encore loin d’être éradiquées dans les administrations publiques et privées, ainsi que les sociétés d’Etat en RCA à l’allure où vont les choses. C’est bien dommage!

Bénistant MBALLA

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