BOCARANGA, BANGASSOU, BAMBARI... :

Mercredi 11.10.2017 : 10H11

BOCARANGA, BANGASSOU, BAMBARI LIBEREES PAR LA MINUSCA :

QU’EN SERA-T-IL DES AUTRES VILLES DU PAYS ?

La ville de Bocaranga a été occupée ces derniers temps par les combattants du mouvement 3R, appuyés par les hommes du soi-disant général Bahr du MPC. Le samedi 07 octobre 2017 au petit matin, une offensive de grande envergure lancée par les Casques Bleus rwandais et les forces spéciales du contingent portugais ont permis de libérer cette localité située dans la préfecture de l’Ouham-Péndé au Nord-ouest de la RCA. Les combattants des 3R et leurs alliés ont été mis en déroute. Aujourd’hui, aucune présence d’un élément de ce mouvement rebelle n’a été signalée à Bocaranga. Nous ne disposons pas d’informations sur leur destination actuelle. Ont-ils regagné leur base initiale qui se trouve être la ville de Koui ? Se sont-ils fondus  comme du beurre au soleil ou évaporés dans la nature comme une traînée de poudre ? Combien ont été tués et capturés ? Difficile de le dire. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun bilan de cette offensive menée par la Minusca n’a été communiqué. Mais le porte-parole de la mission onusienne a promis de le rendre public dans les jours à venir. Au lendemain de la libération de la ville, un habitant a parlé de deux (2) morts côté rebelle sans donner plus de précisions.

Nous jetons tout de même des fleurs au contingent rwandais et aux forces spéciales portugaises qui ont posé un acte de bravoure en chassant les rebelles de la ville de Bocaranga. Nous espérons qu’ils poursuivront leur offensive vers la localité de Bang occupée par les hommes de Bahr car le porte-parole de cette institution onusienne, Vladimir Monteiro l’a si bien signifié dans sa déclaration. C’est un ouf de soulagement pour les habitants de cette ville qui ont déjà commencé à regagner leur domicile respectif dès le dimanche 08 octobre. Malheureusement, grande a été leur étonnement de constater que la plupart de leurs maisons et biens ont été pillés et incendiés par ces criminels, ces malfrats, ces bandits de grand chemin. Ils font face à l’heure actuelle à de nombreux problèmes humanitaires : manque de logement, de nourriture, d’habits et autres. Nous demandons aux personnes de bonne foi de leur venir en aide en dehors des apports des humanitaires car leurs conditions de vie se détériorent de jour en jour. « On reconnait les vrais amis dans les malheurs », dit un adage populaire. C’est le moment. Ne disons pas que c’est l’affaire des ressortissants de l’Ouham-Péndé. Nous sommes tous des Centrafricains. Nous devons nous entraider. Ne soyons pas indifférents aux souffrances de nos compatriotes. Ils ont besoin de nos apports multiformes, d’être réconfortés par les filles et fils de ce pays et non quelqu’un d’autre. Mobilisons-nous à leur chevet et prouvons aux yeux du monde entier que nous voulons la paix, rien que la paix sur toute l’étendue du territoire national.

Nous savons aujourd’hui que les villes de Bambari, Bangassou et maintenant Bocaranga sont débarrassées des combattants des groupes armés même si certains y demeurent. Les activités commerciale, agricole, éducative, pastorale reprennent timidement mais sûrement dans les villes de Bambari et Bangassou. Dans les jours suivants, les habitants de Bocaranga vaqueront de nouveau à leurs occupations habituelles. C’est ce que le peuple centrafricain attend depuis belle lurette et qui tarde à se concrétiser. La crise a trop duré et il faut y mettre un terme. Mais qu’en est-il des autres villes de la RCA qui sont toujours sous les bottes des groupes armés ? Nous citons entre autres les localités de Zémio, Gambo, Béma, Ouango-Bangassou, Mobaye, Alindao, Zangba, Bria, Kaga-Bandoro, Ippy, la liste n’est pas exhaustive. Dans ces villes, les habitants ne broient que du noir. Ils sont et demeurent les valets de ces hommes en armes. Certains dont leur vie est en danger sont obligés de passer de l’autre côté de la rive, précisément en République Démocratique du Congo. D’autres se sont refugiés au Cameroun, au Tchad, aux Soudans du Nord et du Sud et leur situation est alarmante. Ils manifestent le désir de regagner le bercail. Mais comment ? A la seule condition que les rebelles qui ont élu domicile dans leurs villes soient délogés. C’est leur vœu.

Vous avez sans doute entendu parler de ce qui s’est passé dans la ville de Bocaranga. Dès que les rebelles des 3R et ceux du MPC de Bahr ont été chassés, les habitants ont regagné automatiquement leurs maisons, du moins celles qui sont encore restées debout. C’est la preuve que les Centrafricains n’ont plus besoin de ces malfrats et veulent regagner leur domicile respectif. « On est mieux chez soi qu’ailleurs », n’est-ce pas ? La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de la Minusca. Ils doivent tout faire pour mettre hors d’état de nuire tous les malfrats qui pullulent en RCA. Quatorze (14) groupes armés ont déjà adhéré au processus DDRR. Ceux qui continuent de mettre en péril la vie de leurs concitoyens doivent être chassés purement et simplement des villes qu’ils ont conquises. Le slogan, « tolérance zéro » doit être adopté à leur égard. En agissant ainsi, ceux qui persistent dans la violence changeront d’avis. L’heure de caresser les rebelles dans le sens du poil est révolue. Pour être en bon terme avec la population centrafricaine, la Minusca a l’obligation de se dresser sur ses ergots contre les combattants des groupes armés réfractaires au processus DDRR. Le gouvernement de son côté doit tenir des langages autoritaires à l’encontre de ces malfrats pour les contraindre à abandonner l’usage de la force au profit de la paix, du vivre ensemble, de la cohésion sociale.

Sans nous voiler la face et pour que la paix et la sécurité reviennent en RCA, il faut absolument déloger ou désarmer tous les combattants non conventionnels. L’offensive de la Minusca, la semaine derrière, ne doit pas s’arrêter à la ville de Bocaranga mais s’étendre dans d’autres villes du pays en proie aux violences. Ceci permettra aux déplacés et aux exilés de regagner leur ville et la terre de leurs ancêtres. Les exactions des groupes armés sur les civils ont trop duré. D’où nécessité de les bouter hors du territoire national. Trop, c’est trop !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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