BIENTOT LES DEPUTES DE MOBAYE 1, 2 ET 3

Lundi 27.11.2017 : 10H40

BIENTOT LES DEPUTES DE MOBAYE 1, 2 ET 3 DANS LEURS CIRCONSCRIPTIONS : IL FAUT DEMANDER LE DEPART DU CONTINGENT MAURITANIEN

Un événement inattendu, une première depuis l’élection des trois (3) élus des circonscriptions électorales de Mobaye 1, 2 et 3, se produira dans les jours à venir à Mobaye, chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto. Les députés de ces trois (3) circonscriptions dont le 1er Vice-président de l’Assemblée Nationale, Aurélien Simplice Zingas, ont décidé unanimement d’effectuer une mission dans leurs zones respectives. Quelle mouche les a piqués ? Car, depuis que la localité de Mobaye est secouée par des affrontements entre les combattants Séléka et Anti-Balaka, aucun député de Mobaye n’a daigné y mettre pieds, même ouvrir la bouche pour condamner, ne fût-ce que les atrocités bestiales de ces rebelles, ces bandits de grand chemin, ces criminels. Pendant que les autres se démêlent pour leurs administrés, c’est un silence de cimetière, un statu quo qu’on observe de la part de ces élus de la nation. Personnel n’y tousse. Et les habitants de Mobaye se posent la question de savoir s’ils ne sont pas abandonnés par leurs députés.

Ce n’est pas un mythe mais plutôt une réalité. Ils ont raison de s’interroger de la sorte. Nous ne savons pas exactement si ces honorables députés pensent à eux. Existent-ils réellement sur cette planète Terre ? Oui, ils sont à Bangui, en chair et en os. Ils se côtoient à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, se rencontrent aussi. Discutent-ils des stratégies à mettre en place pour ramener le vivre ensemble entre musulmans et non musulmans de Mobaye ? Dieu seul le sait.

D’après les informations qui nous parviennent de cette ville meurtrie, les populations sont mécontentes de l’attitude de ces élus de la nation qui assistent sans réagir aux massacres de leurs administrés comme certains Casques Bleus de la Minusca. Leurs concitoyens, surtout ceux qui les ont hissés sur la lune, sont tués, massacrés, leurs maisons incendiés, cette situation ne les émeut nullement. C’est vraiment bizarre et étonnant et cela dépasse tout entendement humain. Comment les autres réagissent quand leurs administrés sont attaqués ? Pourquoi pas eux ? Qu’est-ce qui explique ce brusque changement de comportement ? Autant de questions qui dépassent notre entendement.

Dans le courant du mois de décembre, ils seront à Mobaye et constateront de leurs propres yeux la situation sécuritaire qui y prévaut. Nous leur disons d’avance qu’elle est alarmante. Dans la ville de Mobaye, on ne retrouve que quelques maisons qui tiennent encore debout. Dans ces environs immédiats, c’est le désert. Non, pas le désert, c’est plutôt des herbes et des arbustes qui poussent en lieu et place des villages. Toutes les maisons sont incendiées par les Séléka. Les populations prises de peur se sont réfugiées dans la brousse. Nombreuses sont celles qui se sont réfugiées en République Démocratique du Congo (RDC). Leurs conditions de vie se détériorent de jour en jour. Même les populations qui sont restées à Mobaye éprouvent des difficultés. Elles sont obligées de s’approvisionner en vivres de l’autre côté de la rive. Elles croupissent sous les bottes des éléments de l’UPC de Ali Daras qui leur dictent leur propre loi, avec la complicité des Casques Bleus mauritaniens. Dans la journée du mercredi 22 novembre 2017, les quelques rares maisons qui existaient encore au quartier Somba, ont été toutes incendiées par les Séléka, sous le regard impuissant, complice du contingent mauritanien. Entre temps, au début du mois de novembre 2017, des affrontements ont opposé les Séléka et les Anti-Balaka dans la ville même de Mobaye.

Selon un habitant qui a requis l’anonymat, « les Casques Bleus mauritaniens de la Minusca se sont postés au rond-point du petit marché de Mobaye. De là, ils distribuaient des armes et des munitions aux peulhs de Ali Daras. C’est ainsi qu’ils ont mis en déroute les Anti-Balaka ». Un autre est allé loin pour affirmer que les combattants de l’UPC portent les mêmes tenues que les Casques Bleus mauritaniens avec les turbans entourés autour de la tête. Aucune distinction n’est faite entre un Casque Bleu mauritanien et un combattant Séléka. Pire encore, les peulhs de Daras utilisent les véhicules de la Minusca pour faire leur patrouille. Parfois, ils sont ensemble dans les véhicules et manœuvrent ensemble. D’aucuns ne peuvent dire du mal de ce contingent devant les Séléka. Celui qui ose est systématiquement arrêté par les seigneurs de guerre, ces damnés de la terre. A Mobaye, les Casques Bleus mauritaniens sont les frères des combattants de l’UPC. Ils parlent la même langue, le foulata, puisque ces Mauritaniens et ces peulhs sont tous des Foulata. Dans ce cas de piètre figure, comment voulez-vous que ce contingent fasse son travail en toute impartialité et neutralité ?

Nous avons brossé brièvement ce tableau sombre pour mettre les députés de Mobaye 1, 2 et 3 dans le bain de ce qui se passe dans cette localité. Une fois sur le terrain, ils toucheront du doigt les réalités de ce qui se produit dans cette partie du pays. Mais la population de Mobaye toute entière demande le départ du contingent mauritanien de cette ville et leur remplacement par un autre contingent neutre et impartial. Elle souhaite ardemment que le contingent mauritanien soit remplacé par le contingent burundais qui fait un travail remarquable sur le terrain. Donc, il ne s’agit pas pour les députés de Mobaye d’aller simplement installer le préfet et le sous-préfet à Mobaye. Ils doivent répondre aux vœux, aux attentes de leurs électeurs : départ du contingent mauritanien et la recherche des voies et moyens pour la résolution pacifique de la crise dans cette localité. Les musulmans et les non musulmans à Mobaye vivaient en parfaite harmonie. Ce sont les Casques Bleus mauritaniens et les peulhs nigériens de Ali Daras qui ont semé la division entre les musulmans et non musulmans de Mobaye. La preuve en est que certains compatriotes musulmans qui sont nés, grandis à Mobaye ont refusé de prendre les armes que leur tendaient ces rebelles pour s’en prendre à leurs frères et sœurs chrétiens. Ceux-là se trouvent aujourd’hui de l’autre côté de la rive en RDC, parmi les non musulmans. Ils sont devenus des réfugiés par la force des choses, tout juste parce qu’ils ont refusé de verser le sang de leurs semblables. Si les autres en faisaient autant, nous ne pourrions arriver à ce stade.

En outre, les députés de Mobaye 1, 2 et 3 doivent aussi convaincre les Anti-Balaka et les combattants de l’UPC à déposer les armes pour faire la paix. Car, dans tout ce qu’ils font, il n’y aura ni vainqueurs, ni vaincus, mais plutôt des pertes en vies humaines considérables, des blessés et des destructions à grande échelle. Si les Anti-Balaka et les Séléka sont vraiment des filles et fils de ce pays, les détonations d’armes de tout calibre doivent cesser de ronronner à Mobaye.

Pour ce faire, Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU et patron de la Minusca, doit prendre ses responsabilités, c’est-à-dire délocaliser le contingent mauritanien pour donner la chance aux populations de Mobaye de retrouver leur quiétude d’antan. Les combattants de l’UPC et les Anti-Balaka qui écument à petit feu les habitants de cette vile doivent être désarmés le plus rapidement possible afin que les réfugiés centrafricains de la RDC reviennent et que ceux qui ont trouvé refuge dans la brousse sortent de leur cachette. La situation est grave et doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous.

Les autorités du pays, les députés de Mobaye et les responsables de la Minusca ont intérêt à prendre une décision courageuse pour sauver des vies humaines en danger. A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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