BIENTOT LE BIT 3 DES FACA SERA OPERATIONNE...

Lundi 03.07.2017 : 09H26

BIENTOT LE BIT 3 DES FACA SERA OPERATIONNEL AUX COTES DES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA : UN DEBUT DE SORTIE DE CRISE ?

Faca formationAu début du mois de mai et jusqu’à la date d’aujourd’hui, un regain des violences est observé dans certaines régions du pays, principalement les préfectures de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou. Ces préfectures et tant d’autres sont occupées par les groupes armés qui agissent comme bon leur semble. Ils tuent, pillent, incendient des maisons et villages entiers. Débordées par la cruauté de ces criminels patentés, certaines populations civiles se sont réfugiées dans les pays voisins et d’autres ont pris d’assaut les sites des déplacées. S’agissant de leurs conditions de vie, n’en parlons pas. Elles se détériorent de jour en jour.

Les Casques Bleus de la Minusca, déployés en Centrafrique depuis le 15 septembre 2014 ne parviennent toujours pas à contenir les combattants des groupes armés. La protection de la population civile qui est pourtant leur principale mission, s’est fondue comme du beurre au soleil ou s’est répandue dans la nature comme une traînée de poudre. Les témoignages des habitants rescapés dans l’arrière-pays sont accablants et inquiétants. Certains affirment même que leurs maris, frères, sœurs sont tués, massacrés sous la barbe des soldats de la paix qui assistent sans réagir. Les Casques Bleus mauritaniens et Bangladeshi sont cités en exemple.

Des voix se sont levées de partout pour dénoncer l’incapacité, l’incompétence, la non clairvoyance des Casques Bleus de la Minusca. Même nos confrères du journal français « Le Monde » sont montés aussi au créneau pour mettre en exergue cette incapacité de la Minusca à protéger effectivement les civils. Et pourtant, cette force onusienne détient une armada impressionnante de guerre. Le Conseil de Sécurité de l’ONU leur a donné un mandat robuste à travers les différentes résolutions votées en faveur de la République Centrafricaine. Mais les jours passent et se ressemblent. Les têtes tombent et continuent de tomber. Les victimes de la crise centrafricaine sont maintenant plus nombreuses que les sables au bord du fleuve Oubangui pendant la saison sèche. Que faire ?

C’est peut-être par rapport à la montée en puissance des groupes armés et l’incapacité de la Minusca à protéger réellement les civils que le patron de la Minusca, représentant du Secrétaire général des Nations Unies en RCA, Parfait Onanga-Anyanga, a annoncé que le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT 3), déjà entraîné et formé par l’EUTM, sera bientôt opérationnel et aux côtés des Casques Bleus de la Minusca. Il ne fait aucun doute. C’est une réalité. A en voir de plus près, les Casques Bleus en Centrafrique sont à bout de souffle. Ils sont impuissants face aux groupes armés et voguent au gré du vent ou rament à contre courant des attentes du peuple centrafricain qui sont la paix, la sécurité, la libre circulation des personnes et des biens, l’arrestation et la traduction des auteurs, coauteurs et complices des crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant la justice compétente.

Et les Centrafricains se posent la question de savoir, est-ce un début de solution à la sortie de crise ? Attendons de voir peu plus clair pour en dire plus. Mais est-il que l’opérationnalisation et le redéploiement du BIT 3 dans l’arrière-pays et aux côtés des Casques Bleus semblent pour le moment une réponse à la crise centrafricaine. Faut-il aussi que ces militaires centrafricains soient bien équipés pour manœuvrer aux côtés des soldats de la paix. Et cette tâche de doter nos FACA du BIT 3 des matériels adéquats pour protéger effectivement les civils et défendre l’intégralité du territoire national incombe au gouvernement centrafricain.

Les yeux de tout le peuple centrafricain sont désormais tournés vers le ministère de la Défense Nationale dont Joseph Yakété est en charge. C’est une occasion en or qu’il faut saisir pour abréger les souffrances des Centrafricains. Parfait Onanga-Anyanga a bien signifié aussi que l’ONU ne s’oppose pas au réarmement des FACA. Est-ce dire que l’embargo du Comité de Sanction du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les armes à destination de la RCA est-il déjà levé ? Qu’on nous le dise. Donc le gouvernement de Simplice Sarandji, sous la très haute impulsion du président de la République Faustin Archange Touadéra, doit se jeter à l’eau pour équiper le BIT 3 et d’autres contingents qui sont entrain d’être formés ou qui seront formés et entraînés dans les jours à venir. Onanga-Anyanga a donné le feu vert au gouvernement et précisément au ministre de la Défense Nationale. Plus rien ne s’oppose aujourd’hui au réarmement des Forces Armées Centrafricaines.

L’Exécutif doit trouver des fonds nécessaires pour équiper ces soldats afin qu’ils fassent leur travail avec professionnalisme et détermination. Dans un passé récent, les militaires centrafricains s’étaient plaints de leurs conditions de travail. Les uns étaient choyés par le régime en place. D’autres, par contre, étaient relégués au dernier rang. Et ce sont ces derniers qui étaient capables de renverser une montagne. Nous étions témoins oculaires de la débandade de ces soldats suréquipés face à l’avancée des combattants de l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia. Donc les soldats du BIT 3 qui ont reçu le feu vert de la Minusca doivent être équipés au même pied d’égalité. Plus question de dire, « celui-ci ou celle-là est de telle ethnie ou communauté, il ne doit pas être doté d’une arme et des munitions ». Il faut signaler que ce sont les différentes communautés ou ethnies qui ont formé la nation centrafricaine. Et tous les militaires qui sont issus de ces communautés ou ethnies doivent tous êtres pris en compte.

Quant aux soldats du BIT 3 qui seront bientôt opérationnels et aux côtés des Casques Bleus de la Minusca, ils ont l’obligation de ne mettre en pratique que ce qu’ils ont appris pendant leur formation. Ils doivent respecter la déontologie de leur travail. La discipline qui caractérise une armée doit être de mise. Il ne faut pas qu’on nous dise que tels ou tels soldats se sont vengés parce qu’on avait tué ses frères ou incendié leurs maisons. Cette époque est révolue. Mettez-vous résolument au travail pour sauver les vies de vos compatriotes. Les Centrafricains ne regardent que vers vous aujourd’hui pour le retour de la paix et de la sécurité en RCA.

L’annonce faite par le patron de la Minusca en ce qui concerne le réarmement du BIT 3 par le gouvernement est la bienvenue et est saluée par les Centrafricains. Mais il convient de souligner que le gros lot reste et demeure entier. Que dans les jours à venir, Parfait Onanga-Anyanga annonce la levée totale de l’embargo sur les armes à destination de la RCA. Le réarmement du BIT 3 n’est-il pas un ouf de soulagement pour le peuple centrafricain ? Des réactions sur cette annonce ne tarderont pas à venir. Mais les Centrafricains attendent sa concrétisation sur le terrain pour avoir un cœur net.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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