BEAUCOUP D’ELEMENTS FACA PROCHES DE BOZIZE NE SONT ....

Mercredi 16 Novembre 2016 : 09h22

BEAUCOUP D’ELEMENTS FACA PROCHES DE BOZIZE NE SONT PLUS DANS LES RANGS, OÙ SONT-ILS ?

Il y a encore des individus proches de Bozizé qui caressent très sérieusement l’idée d’un coup d’Etat. Ils sont connus et tenus à l’œil. Il n’y a plus de secrets dans le monde d’aujourd’hui. Pour mémoire, il vous souviendra que feu président Patassé avait sorti Bozizé de la poussière « Gbalékouma », axe Bangui – Bossembélé, pour le nommer Chef d’Etat Major Général des armées. Or, entre temps, Bozizé avait déjà tenté de renverser le Général d’Armée André Kolingba. Il a fui en exil au Benin. Général comme lui, Kolingba l’a poursuivi jusque dans son dernier retranchement en exil, pour le ramener à Bangui et le mettre en prison. Il était en prison avec le Général Malendoma grâce à qui, il a pu supporter les affres de la prison. Bozizé n’a jamais reconnu les bienfaits du Général Malendoma. Pire encore, il s’est retourné contre feu président Patassé, à la fois son beau-frère et son bienfaiteur à tous égards. Il a ensuite privé Patassé des soins de santé, jusqu’à la dernière heure critique où il est mort en cours de route, dans un avion à destination de Douala.

Ce n’est pas gratuit si le fils est revenu à Bangui. Bozizé tient absolument revenir au pouvoir par tous les moyens. Les contacts se multiplient à la périphérie de la ville de Bangui. A quoi sert-il de faire un coup d’Etat où vous ne pouvez pas conserver le pouvoir, ne fut-ce que pour 24 heures ? Selon certaines sources, ces FACA proches de Bozizé se regroupent à Bossangoa. Certains officiers en poste se chargeraient de convoyer les armes à destination de Bangui. Et il ne faut guère se faire d’illusion à propos de ce projet des proches de Bozizé. Les informations circulent, et tout est connu dans les minutes qui suivent. Non seulement la Minusca est encore là, mais aussi les vrais tombeurs de Bozizé sont en puissance et observent. Faut-il se hasarder à faire un coup d’Etat dans un tel contexte ?

Les centrafricains se sont donnés des institutions démocratiquement élues: un chef d’Etat, une Assemblée Nationale et un pouvoir judiciaire. Toutes ces institutions fonctionnement. Elles se battent pour redonner aux Centrafricains une assise républicaine et une existence humaine digne de ce nom. Ce n’est pas facile dans un pays en lambeaux, suite au ravage d’un Tsunami politico-militaire. Les esprits commencent peu à peu à se calmer pour un retour définitif de la paix. Les nouvelles autorités sont à Bruxelles pour tenter d’arracher les moyens financiers pour le relèvement du pays. Voilà que certains ne pensent qu’à tirer le pays vers le bas, vers l’apocalypse, vers l’enfer. Nairobi est un marché de dupe. Séléka, en tout état de cause, ne peut accepter un retour de Bozizé au pouvoir. Et réciproquement pour les pro-Bozizé. Il fallait revenir sous Djotodia pour récupérer le pouvoir. Malheureusement, personne n’a osé une telle aventure et c’est avec un gouvernement démocratiquement élu, que des velléités de coup d’Etat se font entendre. Quel résultat Bozizé a obtenu aux élections de 1993 ? Il a fallu un coup d’Etat contre son mentor pour qu’il accède au pouvoir. Il a également été chassé du pouvoir par un coup d’Etat. La dialectique de l’histoire humaine est ainsi faite.

Où étaient les soldats proches de Bozizé quand l’ex-Séléka est arrivée à Bangui ? C’est maintenant qu’ils retrouvent le réflexe de soldat ? A chacun son tour chez le coiffeur. Bozizé est parti, ensuite Djotodia est venu, Catherine Samba-Panza et enfin Touadéra. Les pro-Bozizé le traitent de peureux, de tous les noms d’oiseaux. Pourquoi ont-ils abandonné le pouvoir entre les mains de la Séléka, pour se disperser aux quatre coins du monde ? C’est grâce à un régime républicain reposant sur le droit et rien que le droit, qu’ils sont revenus sur la pointe de pieds dans leur pays. Personne n’a osé revenir sous le régime Djotodia, pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ont eu peur d’être massacrés par les combattants Séléka. Les Centrafricains ont trop souffert et continuent de souffrir comme des animaux dans leur propre pays. Faut-il encore empirer à l’exponentiel leur misère, leur souffrance ? Bozizé et ses proches ont-ils les moyens de financer des élections ? Non ! Les voies sont ouvertes pour 2020 ou 2021. Pour Sylvain Patassé, Jean Serge Bokassa, Désiré Kolingba, peut-être un des enfants Dacko, c’est la voie démocratique, les urnes. Les fils des Chefs d’Etat en Centrafrique sont nombreux à se lancer dans la compétition électorale. Pourquoi Bozizé et ses enfants ne choisiraient-ils exclusivement que la voie du coup d’Etat ?

Patassé l’avait fait à Dacko, paix à leurs âmes, en 1981. Le Général Kolingba a donné le coup de pied qu’il faut dans la fourmilière. Patassé et ses partisans ont été contraints à l’exil. Jean Jacques Rousseau disait que « l’homme naît bon, mais la société le transforme. » Veut-on absolument transformer Touadéra en « chien méchant » ? Bozizé et ses enfants se souviennent-ils du sort qu’ils ont réservé au Colonel Charles Massi ? Le Colonel Charles Massi voulait arracher le pain bien beurré des Bozizé. Où est-il ? Si les Bozizé sont méchants de nature, tous les Centrafricains n’ont pas ce cœur sombre, cruel, inhumain, tortionnaire. Si Touadéra était une industrie de haine, de rancœur, comme Bozizé, Francis Bozizé n’aurait pas osé mettre pied à Bangui. C’est parce qu’ils savent que Touadéra a un cœur généreux, humain, humanitaire, incapable de faire du mal à une mouche que Francis Bozizé est revenu à Bangui. Et pourtant, il est au courant de toutes les réunions du coup d’Etat en préparation, le retrait de certains éléments des FACA à Bossangoa et les tentatives de convaincre les FACA du Km 5 qui, pour certains, refusent cette idée. La RCA n’en a plus besoin. Bozizé ou un de ses fils, peut-il voir Deby, Sassou Nguesso, Obiang-Nguéma, Paul Biya dans les yeux, encore moins se serrer la main ? Bozizé a humilié ses homologues d’Afrique Centrale, lesquels ont transformé la ligne rouge en ligne verte, un boulevard pour l’ex-Séléka à Bangui. Bozizé a-t-il analysé tous ces paramètres pour pouvoir pousser ses enfants et ses proches sur la voie du coup d’Etat ? C’est absurde de faire un coup d’Etat pour un coup d’Etat, sans prendre le pouvoir. « La science, sans conscience, n’est que ruine de l’âme … », a dit un penseur. Un coup d’Etat sans conscience, c’est l’apocalypse. 

 

Julien BELA

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