BATANGAFO PULVERISEE PAR LES COMBATTANTS

Lundi 30 Oct. 2017: 08H40

BATANGAFO PULVERISEE PAR LES COMBATTANTS SELEKA SOUS LA BARBE DU CONTINGENT PAKISTANAIS DE LA MINUSCA : 09 MORTS, DES MAISONS INCENDIEES

Le malheur de la population de la ville de Batangafo, située dans la préfecture de l’Ouham se poursuit allègrement. Nos compatriotes dans cette localité sont loin de voir le bout du tunnel. Leur calvaire a repris de plus belle au début de la semaine passée sous le regard impuissant des Casques Bleus pakistanais déployés dans cette localité.

D’après un habitant de Batangafo, joint au téléphone et qui s’est réfugié dans la ville de Bouca, « Des combattants Séléka lourdement armés à bord de huit (8) véhicules et sur plus d’une vingtaine de motos en provenance de Kaga-Bandoro et Kabo ont attaqué le village Saragba, la ville de Bocaranga et se dirigent vers un autre village à plus de 100 kilomètres de Bocaranga. Ils ont laissé derrière eux, la ruine et la désolation. La ville et les villages ont été incendiés, des biens emportés, des boutiques pillées et vandalisées. Certaines personnes ont été brûlées vives dans leurs maisons.

Les Casques Bleus pakistanais déployés dans la ville n’ont bougé d’un iota. Ils ont assisté sans réagir aux exactions barbares des combattants Séléka. Certains habitants ont fui dans la brousse pour se réfugier. D’autres ont pris la route de Bouca et se sont dirigés à pieds vers Bangui, espérant trouver une protection efficace.

La ville ressemble aujourd’hui à un désert. Les femmes, les enfants et les vieillards qui ont trouvé refuge à Bouca, se sont confrontés à de sérieux problèmes d’ordre humanitaire. Ils manquent de tout : eau, nourriture, habillement… Tous nos biens ont été incendiés ou emportés par ces malfrats, ces criminels. Nos conditions de vie se dégradent de jour en jour et nous ne savons plus à quel saint se vouer pour nous protéger.

Raison pour laquelle nous demandons aux autorités du pays d’envoyer des soldats centrafricains à Batangafo pour nous protéger. Nous sommes dépassés, fatigués par les actes barbares de ces Séléka. Nous voulons la paix, rien que la paix afin de vaquer librement à nos occupations habituelles et vivre en toute quiétude sur la terre de nos aïeux. Nos enfants ne vont plus à l’école. Les hôpitaux ne fonctionnement plus. Sommes-nous abandonnés à notre triste sort par nos gouvernants ? La Minusca est-elle venue protéger la population civile centrafricaine ou assister sans réagir aux tueries, aux incendies de maisons, aux destructions systématiques ? », s’est-il interrogé à la fin.

Dans notre précédente parution, nous avons évoqué la passivité, l’immobilisme, l’attentisme, l’inefficacité de certains contingents de la Minusca, notamment les Pakistanais, les Mauritaniens, les Bangladeshi et nous en passons. A peine quelques jours, on nous signale depuis la ville de Batangafo que les Casques Bleus pakistanais n’ont rien fait quand les combattants Séléka venus de Kaga-Bandoro et Kabo ont investi la localité et ont semé la terreur et la désolation. Avons-nous besoin des preuves ? Elles sont là et très palpables. Elles sont sorties de la bouche des habitants de Batangafo qui sont témoins oculaires de cette passivité du contingent pakistanais de la Minusca. Ce n’est pas pour la première fois qu’ils adoptent une telle attitude face à la rage destructive des Séléka. Et tout porte à croire qu’ils sont de connivence avec les combattants dissidents de l’ex-coalition Séléka, surtout ceux du MPC de Mahamat Alkhatim. Car, sans chercher de midi à quatorze heures, cette attaque de la ville de Batangafo porte la marque du MPC puisque ces criminels viennent des localités sous contrôle de Mahamat Alkhatim. Est-ce parce que les Casques Bleus pakistanais sont issus d’un pays musulman qu’ils ne veulent pas intervenir lorsque les combattants Séléka majoritairement musulmans s’en prennent aux non musulmans ?

Cette situation de non assistance aux personnes en danger par certains contingents de la Minusca dépasse notre entendement humain. Lors des séjours du Secrétaire Général de l’ONU en Centrafrique, il aurait dû s’attaquer à l’attentisme à la passivité de la Minusca. Mais tel ne semble pas être le cas. Nous avons l’impression qu’il n’a jamais daigné jeter un coup d’œil sur cet aspect alors que c’est ça qui constitue le nœud du problème. C’est cette façon de faire, de se comporter qui donne libre cours aux groupes armés de massacrer les populations civiles. Le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro a raison de ne pas se prononcer sur l’attaque de Batangafo car les poulains de Parfait Onanga-Anyanga ne sont pas intervenus. Si Vladimir Monteiro s’exprimait sur cette attaque pendant que le patron de l’ONU est encore à Bangui, il sera automatiquement démenti. Ce sera une honte pour le SG et la mission onusienne en RCA.

En dépit de la visite du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique, Antonio Guterres, les souffrances des Centrafricains sont loin de s’arrêter. La raison est simple : les attitudes et les comportements de certains contingents laissent à désirer. Ils ont un penchant pour les combattants Séléka puisqu’ils pratiquent la même religion comme eux. Et si cette situation perdure, l’avenir de la RCA est compromis et la crise ne s’estompera pas dans les jours à venir.

Aux dernières nouvelles, on nous apprend que les combats ont éclaté entre les Anti-Balaka et les Séléka. Le bilan pour le moment est de neuf (9) morts, des maisons incendiées. Les corps des cadavres gisent par terre car les humanitaires n’y ont pas accès. Quant au porte-parole de la Minusca, il a affirmé que la ville de Batangafo n’est pas attaquée par les combattants Séléka et la ville est sous le contrôle de la Minusca. 

Les quelques habitants de Batangafo qui sont restés encore dans la ville doivent prendre leur mal en patience. Le gouvernement centrafricain, ne disposant pas de son instrument de souveraineté qui est l’armée nationale, ne peut pas intervenir à présent à Batangafo. Il faut laisser le temps au temps pour qu’une lueur d’espoir surgisse un de ces quatre matins.

C’est vraiment dommage pour le contingent pakistanais de se comporter de la sorte.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

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