BATANGAFO : LES AUTEURS (FACA) SONT PARTIS DE BANGUI POUR...

Jeudi 17/08/2017

BATANGAFO : LES AUTEURS (FACA) SONT PARTIS DE BANGUI POUR DECLENCHER L’ENFER

RebelleIls (FACA) sont partis de Bangui, en passant par Bouca, pour atteindre Batangafo. Ils ont braqué la moto d’un musulman à Batangafo, qu’ils ont ramenée au site des déplacés. Un contingent des Séléka est intervenu. L’Imam de Batangafo et les autorités locales ont entrepris la médiation qui a abouti à la restitution de la moto à son propriétaire. Le contentieux est donc réglé à l’amiable. Malheureusement, ces FACA proches de Bozizé, sont allées tendre une embuscade aux éléments des Séléka sur le chemin de retour à leur base. C’est l’enfer. Le site des déplacés sera incendié et des maisons subiront le même sort. Les commanditaires sont ici à Bangui et tirent les ficelles en envoyant des éléments pour aller déclencher le feu du diable sur la population civile.

Une fois le carnage exécuté, les sites incendiés, la population civile dans la brousse, ces FACA reviennent tranquillement à Bangui et attendent une autre mission pour aller provoquer les Séléka, afin qu’ils massacrent la population civile. Selon certaines informations, il y aurait des gens bizarres dans la brousse au-delà de la rivière M’Poko. L’un des auteurs de la barbarie de Batangafo est un multirécidiviste, plusieurs fois arrêtés, curieusement, il réussit toujours à recouvrer sa liberté. Nous venons à peine de parler des FACA. En voilà un exemple qui vient étayer nos propos. Il en est de même de vols de bétail. Les FACA braqueurs se volatilisent et c’est la population civile qui encaisse la foudre des éleveurs. Certaines FACA ont pris goût à ce jeu. Que le pays soit à feu et à sang, cela leur importe peu. Le mode opératoire est bien huilé, bien planifié et bien exécuté, avec les effets médiatiques attendus par les commanditaires ici à Bangui. Ils s’infiltrent sur les sites des déplacés pour aller commettre les forfaits et se volatilisent dans la nature. Et les déplacés deviennent des chairs à canon à la merci des Séléka.

Quant un leader politique parle des FACA, de quelles FACA parle-t-il ? Il y a des éléments des FACA responsables, conscients, qui ne veulent pas vivre du fruit du vol, des braquages, dans la mesure où leurs soldes sont régulièrement payés. Les braqueurs partent de Bangui avec un planning à exécuter pour mettre le feu dans telle ou telle localité. Quand les Séléka se déploient en représailles, ils prennent leurs jambes au cou, disparaissent, reviennent tranquillement à Bangui, mais ils exposent la population civile à la foudre des Séléka. N’est-ce pas avec la complicité des manipulateurs tapis dans l’ombre ? C’est dans ce contexte que des foyers de tensions sont allumés çà et là et nous accusons la Minusca. La Minusca ne peut être derrière chaque case ou derrière chaque centrafricain. Les Casques Bleus sont venus pour aider les Centrafricains à retrouver la paix. Malheureusement, le clan Bozizé veut mettre le pays à feu et à sang. La gendarmerie et la police commencent à en savoir un peu plus sur ces réseaux. Certains auteurs de la barbarie de Batangafo sont arrêtés ici à Bangui. Plus bizarre encore, ce sont les ressortissants de Batangafo qui ont provoqué cet embrasement. Les populations déplacées ont payé un lourd tribut à leurs agissements. Le site des déplacés a été incendié. Que deviennent les femmes, les enfants, les personnes du 3ème âge ?

Faut-il armer de tels éléments des FACA ? La déconfiture des FACA est généralisée. Il faut du temps au temps pour trier les bonnes graines et ensuite procéder à de nouveaux recrutements sur la base des enquêtes de moralité auprès des chefs de quartiers et des villages, préfecture par préfecture. Tous les FACA ne sont pas toxiques. Il y a encore quelque valeur et des officiers généraux, des officiers supérieurs capables de redorer le blason des Forces Armées Centrafricaines. Les officiers généraux comme Galoti, Dolowaya, peuvent insuffler une nouvelle dynamique et une véritable discipline militaire, avec l’appui du chef d’Etat-major général des Armées. Il faut rebâtir les FACA sur de nouvelles bases, une armée de garnison, selon les propres termes du chef suprême des Armées. On ne peut se construire un empire de motos sur la base de braquages. La Communauté internationale maîtrise mieux le dossier des FACA que les leaders politiques centrafricains qui ne connaissent pas grand chose de leur propre pays dans lequel ils vivent. Un leader politique ne parle pas en l’air, mais développe des arguments probants. Faut-il s’étonner quand un observateur avisé de la vie politique nationale et un diplomate de surcroît déclare que, « la classe politique centrafricaine est triste… » ? Faut-il parler pour plaire ou faut-il parler pour faire bouger les lignes vers la paix et la cohésion sociale, voire la réconciliation nationale ? Pauvre Centrafrique et sa misérable classe politique.

Julien BELA

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