BASSE-KOTTO, HAUTE-KOTTO, MBOMOU,...

Mardi 19.09.2017 : 09H58

BASSE-KOTTO, HAUTE-KOTTO, MBOMOU, HAUT-MBOMOU EN PERIL : UPC, FPRC ET AUTODEFENSES FONT LEUR LOI

La République Centrafricaine est à la croisée des chemins. Une bonne partie du territoire est sous la coupe réglée des groupes armés. Nous citons entre autres les préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou, du Haut-Mbomou et de la Haute-Kotto.

Dans les trois (3) premières préfectures, les combattants de l’UPC d’Ali Daras, majoritairement peulhs et les éléments d’autodéfenses assimilés aux Anti-Balaka, font leur loi. Ils règnent en maîtres absolus. Les actes barbares, indignes, inhumains, odieux, bestiaux sont commis sur les populations civiles sans défense par ces hommes en armes. La personne humaine, pourtant sacrée aux yeux de Dieu, est devenue une pacotille, c’est-à-dire un objet sans valeur. En l’absence des autorités de l’Etat dans la région et des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), ces combattants sèment la terreur et la désolation. Des Séléka aux Anti-Balaka, il n’y a aucune différence. Tous sont des criminels patentés, des assassins, des hors-la-loi, des va-t-en-guerre. Ils tuent, incendient des maisons, détruisent tout sur leur passage.

D’après les témoignages qui nous parviennent, ces hommes sans foi, ni conscience ni âme violent des filles et des femmes en présence même de leurs pères ou de leurs maris. C’est un véritable péché mortel, impardonnable par Dieu Tout-puissant. La consommation des chanvres indiens et certains stupéfiants les rendent très agressifs et les poussent à faire n’importe quoi sur n’importe qui. La violation massive des Droits de l’Homme n’est plus à démontrer. Les humanitaires sont leur cible préféré. Ils ne font aucune différence entre leurs ennemis et ceux qui leur apportent aide et secours quand ils sont blessés dans les affrontements. Ces combattants sont-ils vraiment des hommes créés à l’image de Dieu ou des extraterrestres ? Même les primitifs, en un mot les hommes de Cro-Magnon ou de Neandertal qui mangeaient de la viande crue et se nourrissaient des racines d’arbres, avaient d’égard pour leurs semblables. D’où viennent vraiment les combattants des groupes armés qui écument à petit feu le peuple centrafricain ?

S’agissant des combattants de l’UPC, un Centrafricain lambda en sait quelque chose. De nombreux combattants au sein de ce mouvement politico-militaire sont importés par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko. Ils viennent du Soudan, du Tchad, du Niger. Récemment, le contingent mauritanien de la Minusca, d’après les propos de certains compatriotes, a fait venir aussi en RCA des peuhls. Et ce sont ces éleveurs, métamorphosés en combattants qui rendent la vie difficile aux compatriotes dans les préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou. Ces préfectures ressemblent aujourd’hui au désert du Sahara. Les villages ont pratiquement disparu car l’on y trouve que des herbes qui poussent un peu partout. Les routes et les pistes rurales sont aussi envahies par des hautes herbes. La libre circulation des personnes et des biens n’existe plus. La loi du talion, « œil pour œil, dent pour dent » est d’actualité.

Quand un groupe rebelle, UPC ou Anti-Balaka s’empare d’une ville, d’un village, d’une commune, tous ceux qui appartiennent ou sont soupçonnés d’être de mèche avec le groupe armé vaincu, sont systématiquement abattus sans aucune forme de procès. Raison pour laquelle plus de 90 % des populations civiles dans ces préfectures se sont réfugiées en République Démocratique du Congo (RDC) pour fuir les atrocités de ces hommes en armes. La RDC aujourd’hui est pleine à craquer avec les réfugiés centrafricains, tout comme le Cameroun. Presque toutes les villes sont fantômes. Les structures sanitaires, éducatives, sportives, socio-économiques n’existent plus.

Dans la préfecture de la Haute-Kotto, c’est le même son de cloche. Là-bas, ce sont les combattants du FPRC de Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène, ainsi que ceux de Azor Khalid, sans oublier les Anti-Balaka qui dictent leur loi à qui veut les entendre. Chaque jour qui passe amène son lot de tueries, d’incendies des maisons et de destruction des édifices publics et privés. Les populations qui sont prises en tenailles, s’entassent dans les sites des déplacés. Leurs conditions de vie se dégradent considérablement. Avec le retrait des humanitaires, le pire peut advenir un jour, car ce sont eux qui maintenaient les vulnérables sous oxygène. Malgré la forte présence des Casques Bleus dans la ville de Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto, les affrontements se poursuivent allègrement sous leur barbe.

C’est au vu et au su de tout ce qui se passe qu’un observateur serait tenté de dire que ces préfectures précitées sont en péril. Mais un autre pourrait valablement affirmer que la RCA est en péril. Car, sur seize (16) préfectures que compte le pays, quatorze (14) sont occupées par les groupes rebelles, un danger qui guette le pays de feu Barthélemy Boganda, paix à son âme. Ce qui est bizarre, les autorités issues des élections couplées de 2015 – 2016, ainsi que les Casques Bleus qui prétendent protéger les populations civiles, assistent sans réagir aux massacres, aux incendies des maisons, aux viols, aux traitements inhumains et dégradants. Quel genre de dirigeants avons-nous en Centrafrique ? Une bonne partie du territoire est sous l’hégémonie des groupes armées, cette situation n’émeut personne. Tout se passe comme si la RCA se résume à Bangui la capitale et ses environs immédiats, à savoir les préfectures de la Lobaye et de l’Ombella-Mpoko.

Le calvaire des Centrafricains dans l’arrière-pays est loin de voir le bout du tunnel. Ils doivent prendre leur mal en patience en attendant que le ciel s’éclaircit. Est-ce le gouvernement Sarandji 2 qui regorge des personnalités issues des groupes armés qui les délivrera ? Attendons de voir un peu clair pour en dire plus. A notre humble connaissance, les préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou, du Haut-Mbomou et de la Haute-Kotto sont abandonnées dans la gueule des combattants de l’UPC, du FPRC et des autodéfenses. C’est vraiment dommage !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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